Ziri

Ziri Ibn 'Abd Allah Ibn Attia ben Tabâdalt Ibn Muhammad Ibn Khazar az - Zanâtî al Maghrâwî al Khazarî († 1001), premier souverain Maghraoua du Royaume de Fès et d'autres régions des actuelles régions de Tamazgha dénommées Maroc, Algérie et Tunisie.

Sous la protection du calife omeyyade en Espagne, Hisham II, et son puissant régent Al Mansour, Ziri est devenu le roi des tribus Zénètes 978-979 et immédiatement se mis à la conquête du Maroc, autant qu'il le pouvait. En 987-988, il était assez puissant pour être en mesure d'établir sa cour à Fès.

En 989, il fut invité par Al Mansour à attaqué les Abou Al Bahâr, qui contrôlaient la majeure partie de ce qui est aujourd'hui l'Algérie et la Tunisie. Abu al Bahâr avaient déserté la cause des Fatimides (1) et s'était aligner sur les Omeyyades, mais encore une fois il changea de camp, il avait pris le contrôle de la plupart des pays du Maghreb. Ziri attaqua avec vigueur Abou Al Bahâr qui fui sans opposé beaucoup de résistance, ainsi Ziri était devenu le maître de la majeure partie de Tamazgha en l'an 991.

Après cette victoire, Ziri aurait envoyé à Al Mansour un cadeau composé de 200 chevaux de course, 50 chameaux de courses, 1000 boucliers, du musc, des civettes, des girafes, des gazelles et d'autres animaux du Ténéré, et 1000 charges de dates. Al Mansour invita alors Ziri à Cordoue. Ziri alla à Cordoue accompagné de 300 esclaves à cheval et plus de 300 à pied, ainsi que d'autres présents, y compris des lions en cage, des bovins qui ressemblait à des chevaux, un oiseau qui parlait arabe et berbère, des dates "de la taille de melons" et d'autres prodiges. Al Mansour lui donna le titre de l'imam. Cependant, à son retour en Tamazgha ocidentale (actuel Maroc), Ziri se s'aurait exclamé "Maintenant, ma tête est mienne!" Et interdit à quiconque de s'adresser à lui par un autre titre que celui de "amir".

En son absence, les Banou Ifren avaient réussi à capturer Fès. Ils étaient menés par Yaddû, un adversaire de longue date de Ziri. Après une lutte sanglante, Ziri repris Fès en 993 et piqua la tête de Yaddû sur ses murs. Il s'en est suivi une période de paix pendant laquelle Ziri construisit (ou reconstruisit) la ville d'Oujda en août ou début septembre de 994.

Les rumeurs commencèrent à arriver à Al Mansour selon quoi Ziri ignorait ses désirs. Enfin, en 996, Al Mansour retira son soutien et lui retira son titre. Ziri répondit en reconnaissant comme légitime le calife Hisham II. Al Mansour envoya ensuite une force d'invasion de ce qui est appelé aujourd'hui le Maroc.

Après trois mois de lutte, les forces d'Al Mansour furent forcées à la retraite dans les murs de Tanger. Al Mansour envoya immédiatement de puissants renforts sous les ordres de son fils Abd al Malik. Les armées s'affrontèrent près de Tanger. Au cours de la bataille, Ziri fut poignardé par un soldat africain qui signala à Abd al Malik qu'il avait grièvement blessé le chef de Zénètes. Abd al-Malik profita de l'avantage, et le blessé Ziri fuya le champs de bataille poursuivis par l'armée du Calife. Les habitants de Fès ne lui permirent pas d'entrer dans la ville, mais ouvrient les portes à Abd al-Malik le 13 octobre 998.

Ziri fuya vers le Sahara, où il rallia les tribus Zénètes et renversa les impopulaires vestiges de la dynastie des Idrissides à Tiaret. Il fut ensuite en mesure d'étendre son territoire en y incluant Tlemcen et d'autres régions de l'ouest de ce qu'on appelle aujourdhui l'Algérie, cette fois sous la protection fatimide.

Ziri est décédé en 1001 probablement des causes de blessures occasionnées par le coup de poignard. Il fut remplacé par son fils Al Kifah, qui fit la paix avec Al Mansour, qui le restaura à la tête de tous les anciens territoires de son père.

(1) Dynastie amazighe d'origine Kabyle ayant fondé la ville du Caire.