Wattassides

Appelé aussi Ouattassides/Ouatassides ou Banû Watâs ou Benî Watâs venaient d'une tribu Zénètes comme les sultans Mérinides. Ces deux familles étaient apparentées et les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les Beni Ouattas, originaires de Libye, s'étaient établis dans le Rif et le Maroc oriental avec le grand mouvement des tribus initié par la domination mérinide. A Guércif les Bani Wattas controlaient la route de l'or et des esclaves qui passait par la Daoura et la Saoura, Sidjilmassa et Tombouctou. De Guércif qui fut leur capitale, les caravanes étaient dirigées soit vers la Méditerranée, soit vers Tlemcen soit vers Taza et Fès.

De leur forteresse de Tazouta, entre Melilla et la Moulouya, les Beni Ouattas étendirent peu à peu leur puissance aux dépens de la famille régnante. Ils ne s’installèrent pas au pouvoir à la suite de conquêtes, étant à la base régents exerçant la réalité du pouvoir. Mais à partir de 1471, Muhammad ach-Chaykh (1471-1504), ayant échappé au massacre des Wattassides par le dernier sultan mérinide Abu Muhammad Abd al-Haqq (1458-1465), devint le premier sultan de la dynastie des Wattassides. Elle fut impuissante à enrayer la décadence marocaine, à rétablir la paix et l’unité et à mettre un terme à la conquête portugaise. Il s'en suivit une période de confusion qui dura jusqu'en 1472. Le Maroc se trouva coupé en deux avec au sud une dynastie émergeante, les Saadiens, et au nord le sultanat Wattasside. En 1472, les Mérinides venaient de perdre leurs territoires andalous et ils ne conservaient plus que Gibraltar (1340) et les Ibériques (Castillans et Portugais) commençaient à occuper les côtes, Ceuta avait été prise par les Portugais (1415). En dépits de leurs rivalités les musulmans et les chrétiens continuaient à avoir de bonnes relations commerciales. Les Wattassides donneront finalement le pouvoir à une dynastie issu du Souss les Saadiens (1554).

Les Débuts

En 1420 : Le sultan Mérinide Abu Said Uthmân ben Ahmad meurt, son fils Abû Muhammad `Abd al-Haqq lui succèda comme sultan mérinide âgé de seulement un an. Le gouverneur de Salé Abû Zakarîyâ Yahyâ de la tribu des Beni Ouattas alliée aux Mérinides et installée dans le Rif exerca la régence et garda le pouvoir pendant vingt-huit ans. En 1437 un évènement secoua le "royaume", les portugais furent mis en échec lors d'une expédition contre Tanger. Une partie du corps expéditionnaire fût fait prisonnier. Un traité intervint où les Portugais obtinrent le droit de se rembarquer à la condition de rendre Ceuta. Ils laissèrent comme otage l'infant Ferdinand, pour garantir l'exécution de ce pacte. Poussé par le pape, Édouard Ier du Portugal préfèra sacrifier son frère plutôt que sa place de commerce.

Ferdinand mourut à Fès le 5 juin 1443. En 1458, le roi du Portugal Alphonse V en 1458 prépara une armée pour le départ en croisade contre les ottomans à l'appel du pape. Il préfèra finalement retourner ses forces contre Ksar-es-Seghir un petit port situé entre Tanger et Ceuta. Il parvint à prendre la place. En 1459, Abû Muhammad `Abd al-Haqq se retourna contre son nouveau régent Yahyâ et sa famille. Il les fait massacrer, seuls deux frères survivent, dont Muhammad ach-Chaykh, celui qui en 1472 devient le premier sultan wattasside.

En 1465, Abû Muhammad `Abd al-Haqq est égorgé à Fès au cours d'une révolte populaire. Un sultan d'origine idrisside, est proclamé mais son autorité se limite à la région de Fès. Abû `Abd Allah ach-Chaykh Muhammad ben Yahyâ : (?-1504) ne règne que sur la région de Fès (1472). Il signe un traité avec les Castillans leur reconnaissant des droits exclusifs sur la côte Africaine. Avec la fin de la Reconquista, les Espagnols sont de plus en plus tentés par la côte sud de la Méditerranée. Il prennent et occupent Melilla (1497). Les Musulmans en 1469 perdent la quasi-totalité de leurs territoires d'Al-Andalus. Seuls les Nasrides conservent Grenade et ses environs jusqu'en 1492. Cette période connaît un afflux massif, vers le Maroc, d'andalous musulmans et juifs pourchassés par l'inquisition et la conversion forcée au christianisme. Le roi portugais Alphonse V parvient à prendre Tanger et Asilah en 1471,ce qui leur permet de contrôler le détroit de Gibraltar. Ils avaient profité des désordres de Fès. Cette anarchie ne dure qu'un temps; l'un des survivants du massacre de 1459,Muhammad ach-Chaykh reprend Fès et y installe le sultanat wattasside en 1472. De 1472 à 1505, Mohammed ach-Chaykh ne peut empêcher l'installation des Portugais sur les côtes du pays à Safi (1481) puis à Azemmour en (1486). Les Portugais occuperont véritablement ces deux villes en 1508 et 1513. Muhammad ach-Chaykh, premier souverain wattasside innove : son makhzen, sa garde et son armée sont tous arabes. Malgré une tentative d’imposer des réformes nécessaires, une politique matrimoniale habile et tous leurs efforts pour s’attirer la sympathie des tribus arabes et des chorfas, les Wattassides ne parviennent pas à obtenir leur adhésion. Marqués par leurs origines et leur parenté Mérinide et Zénète, il leur manque l’indispensable prestige religieux. Les Wattassides lient leur échec à maîtriser la féodalité et à rassembler les terres éparpillées du royaume à cette absence de prestige religieux. Aussi, au lieu de lutter contre les Portugais, ils développent la guerre civile. Inquiets des progrès des Saadiens dans le Sud, ils cherchent un appui chez les Turcs. La chute de Grenade, évènement extérieur que les Wattassides sont incapables d’empêcher, augmente leur impopularité.


Dirham wattasside(1545-1549)

Un des facteurs déterminants de cette incapacité venait du fait que le Détroit était aux mains des Portugais qui occupaient les trois principaux ports de la côte marocaine, à savoir Ceuta (prise en 1415), Tanger (prise en 1471) et El-Ksar al-Seghir (prise en 1458). Après la victoire de Grenade en 1492 par les troupes des « Rois Catholiques », Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, les Andalous sont expulsés de la péninsule ibérique. Ils s'installent à Tétouan, Fès ou Salé, exerçent le commerce ou l’artisanat. Mais le malaise s'étend. En effet, les Andalous ont conscience d’être mal accueillis, de ne pas être choisis pour participer au makhzen wattasside. Ils vont néanmoins contribuer par leur présence et leur ingéniosité à redonner une certaine vigueur à l’art marocain, en particulier dans le domaine de l’hydraulique.

Sous le règne de Muhammad ach-Chaykh, le Maroc souffre d’un démembrement et de la dissociation territoriale. Au Nord, des régions toutes entières entrées en dissidence refusent l’autorité du sultan Wattasside alors qu’au Sud, la région de Marrakech se rend indépendante. Au même moment, les Portugais s’implantent de plus en plus largement sur le littoral atlantique.

Mohammed al-Burtuqâlî succède en 1505 à Mohammed ach-Chaykh jusqu'en 1524. Il échoue dans ses tentatives de reprendre Asilah en 1508 et 1515 et Tanger en 1511 et voit les Portugais multiplier leurs comptoirs le long de la côte : création de Santa Cruz de Aguer (actuellement Agadir), installation à Mazagan (actuellement El-Jadida), construction de la forteresse d'Agouz (actuellement Souira Kedima) à l'embouchure de l'oued Tensift. Il ne règne que sur Fès et ses environs, le reste du pays est dirigé par les autorités tribales locales et les Zaouïas.

La montée en puissance de la famille Saadienne, maîtresse de Marrakech depuis 1522, représentait une véritable menace pour le pouvoir Wattasside. Les Saadiens reconnus comme "cherifs" jouissaient d'un immense prestige surtout depuis que l'un des leurs, Abou Abdallah, avait, dans le Souss, pris la tête de la résistance contre les Portugais. Ils réussirent à arracher Agadir aux Chrétiens en 1541 et les forcèrent à évacuer Safi et Azemmour qu'ils avaient prises en 1481 et 1486. Ils apparaissent comme les champions de l’Islam alors que les Wattassides avaient conclu une courte trêve avec les Portugais afin de pouvoir combattre sur un seul front, celui du Sud, celui des Saadiens. Lutte qui se solda par la chute des Wattassides et la victoire des Saadiens. Mohammed al-Jazuli en 1515, chef d'une puissante zaouïa du Souss soutient la désignation comme chef de guerre du Saadien Muhammad al-Qâ'im bi-'Amr Allah. Dès lors les Saadiens en 1524 se rendent maîtres de Marrakech avec le soutien des tribus amazighs du Souss et de la Vallée du Draâ.

Les derniers sursauts

En 1528, Ahmed doit reconnaitre aux Saadiens une indépendance de fait dans les régions du Sud. Quand il se décide à marcher sur Marrakech il est battu et doit se replier. Deux fils de Muhammad al-Qâ'im se partagent alors le pouvoir dans le sud du pays : Ahmed al-'A`raj règne à Marrakech, et Mohamed Ech Cheikh est gouverneur du Souss. Les Saadiens obtiennent en 1537 le partage du Maroc en deux royaumes après leur victoire sur les Wattassides à la bataille de l'Oued el-Abid. Les Saadiens reprennent Agadir aux Portugais et apparaissent comme les défenseurs de l'islam alors que les Wattassides cherchent à négocier avec les chrétiens. Les Saadiens reprennent tour à tour tous les comptoirs portugais hormis Tanger, Ceuta et Mazagan. Les Saadiens font prisonnier le sultan wattasside Ahmed en 1548, il sera libéré contre l'abandon de Meknès. Deux ans après les Saadiens prennent Fès. Ensuite ils échouent dans leurs tentatives d'expansion vers l'Algérie. L'année 1554 voit le Wattasside Abû Hasûn `Alî, appuyé par les Turcs installés à Alger, reprendre Fès. mais cette restauration est éphémère car il est finalement vaincu et tué dans le Tadla par le Saadien Mohamed Ech Cheikh qui récupère Fès. Les derniers Wattassides sont massacrés par des pirates alors qu'ils fuient le Maroc.

Les Beni Wattas en tant que tribu continuent à survivrent encore de nos jours au Maroc, ils ont changé de nom ont les connaient sous le nom de Gzennaya.

La dynastie Wattasside


Les vizirs Wattassides


Pendant la minorité de l'émir mérinide Abû Muhammad `Abd al-Haqq

Les sultans Wattassides (1472-1554)


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