Transfert des habitants de Zilil

Le transfert effectif des habitants de Zilil


Pour déterminer la nature du transfert de la population de Zilil, l’historien dispose de brèves remarques chez trois auteurs :

  • le géographe Strabon1, le seul à mentionner explicitement un tel transfert, réalisé autoritairement par les Romains, alors qu’il décrit la côte méridionale de la Bétique :
Tingis avait autrefois pour voisine la ville de Zelis, mais les Romains la transportèrent (metôkisan) sur la rive opposée, après avoir ajouté à sa population une partie de celle de Tingis. Ils lui envoyèrent aussi des colons romains et lui donnèrent le nom de Iulia Ioza2.
  • le chorographe Pomponius Mela3 évoque l’origine de la population de sa ville natale, Tingentera au sud de la Bétique :
Au-delà il y a une baie et sur celle-ci Carteia, l’ancienne Tartessos selon certains, et aussi Tingentera qu’habitent des Phéniciens transférés d’Afrique et dont je suis originaire4.
  • et l’encyclopédiste Pline l’Ancien, contemporain de l’empereur Vespasien qui, dans le livre V de l’Histoire naturelle, décrit l’Afrique ; il s’appuie sur une documentation qui remonte en grande partie à l’époque augustéenne pour préciser le statut juridique des cités existantes :
À vingt-cinq milles de Tingi, sur les bords de l’Océan, la colonie augustéenne de Julia Constantia Zilil a été soustraite à la domination des rois et autoritairement rattachée à la juridiction de la Bétique5.

Ces allusions à un transfert de population d’une cité à une autre posent plusieurs problèmes : celui de l’identification et de la localisation des cités mentionnées et celui des modalités et des raisons du transfert de population.

Géographiquement, le texte de Strabon, le plus précis sur les conditions du transfert, renvoie à la région du détroit de Gibraltar ; il y est question de trois villes Tingis, Zelis, Iulia Ioza. Les deux premières sont situées sur le côté africain du détroit :

  • Tingis ou plutôt Tingi, est une très ancienne cité qui a obtenu dès 38 av. J.-C. le statut privilégié de municipe romain pour l’aide apportée à Octave contre son rival Antoine, d’après Dion Cassius6 ;
  • la Zelis de Strabon correspond à la colonie romaine de Zilil7 ; elle est située à une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau au sud de Tingi. Le site est aujourd’hui bien connu par des fouilles menées depuis 1977 à Dchar Jdid, sur un plateau qui domine la plaine littorale.

La troisième ville mentionnée par Strabon, Iulia Ioza, qui explique la digression de Strabon8, est en Espagne. Aucune autre source ne mentionne ce nom. Mais certains savants9 ont établi que Ioza devait être l’équivalent sémitique de Traducta, épithète qui rappellerait les origines de la population de la ville. Or, une ville nommée Traducta est mentionnée par les géographes de l’Antiquité10. Leurs indications permettent de la localiser à l’emplacement de l’actuelle Tarifa, à neuf kilomètres à l’est des ruines de Baelo. L’existence de cette ville est également attestée par des monnaies augustéennes, la ville ayant reçu comme d’autres colonies augustéennes le privilège de frapper des monnaies de bronze au début de l’Empire ; la légende se lit perm. Caes. Aug. "avec l’autorisation de César Auguste"; certaines sont au nom de C. et L. César, les petits-fils d’Auguste11.

D’autre part, il y a de fortes chances pour que cette cité de Traducta corresponde à la cité natale de Pomponius Mela qu’il nomme Tingentera : en effet la localisation qu’il en donne entre Carteia et Mellaria, non loin de Baelo, permet une telle assimilation du fait de la similitude avec les coordonnées de Traducta chez les géographes.

Il y a donc tout lieu d’accepter l’identification ''Iulia Ioza = Traducta = Tingentera''. Ce dernier nom correspondrait au toponyme et renverrait à l’origine des habitants venus de Tanger. Quant à l’emploi de Ioza par Strabon, il rappellerait ce que nous apprend Pomponius Mela sur l’origine des habitants transférés de l’Afrique. Ils seraient des Libyphéniciens. Ce rappel n’est pas pour surprendre chez Pomponius Mela si l’on suit l’hypothèse proposée par R. Batty12, selon laquelle le chorographe s’appuierait sur une documentation dont il faut chercher l’origine dans le monde punique et qui expliquerait sa façon d’aborder la présentation des régions méditerranéennes. Mais il est difficile de définir exactement ceux que les Anciens appelaient Libyphéniciens : les habitants des villes côtières à l’est de l’Afrique, selon Diodore de Sicile (XX, 55, 4) ; des populations établies au sud et à l’ouest des Carthaginois et des Masaesyles, selon Strabon (XVII, 3, 19) ; un mélange de Puniques et d’Afri, c’est-à-dire des Africains soumis à Carthage, selon Tite-Live13. Certains historiens considèrent qu’il pouvait s’agir d’une entité juridique ; dans ce cas, cette terminologie individualiserait, me semble-t-il, les Maurétaniens qui vivaient dans le cadre de cités ayant adopté les institutions puniques, comme il est attesté à Walili dès le IIIe siècle av. J.-C. Cette interprétation conforterait l’hypothèse du transfert de populations urbanisées et non pas de celles des territoires ruraux attachés à la cité.

Ces hésitations, sources de confusions entre les auteurs, sont peut-être le reflet du problème lié au peuplement originel de la cité espagnole par des gens venus d’Afrique. Avant d’aborder la question du transfert, il convient de rappeler qu’en 31 av. J.-C., au lendemain de la victoire d’Actium sur Antoine, Octave dut procéder au licenciement des armées pléthoriques recrutées pendant la guerre civile. Pour cela, il disposait de la possibilité de créer, déduire selon le terme latin deducere, une colonie, c’est-à-dire une cité fondée sur le modèle de Rome avec en son centre une ville et disposant d’un territoire qui permettait de fournir des lots de terre aux vétérans pour qu’ils s’y installent. Il y a donc une oe uvre importante d’Octave, en matière de colonisation ; cette colonisation a touché de nombreuses régions, notamment les provinces romaines d’Afrique et même la Maurétanie ; même la Maurétanie, car cette partie de l’Afrique n’était pas encore véritablement annexée à l’Empire.

À la mort de César en 44, il existait en effet deux royaumes de Maurétanie, celui de Bogud II à l’ouest et celui de Bocchus II à l’est de la Moulouya ; or Bogud avait pris parti pour Antoine et perdu son royaume au profit de Bocchus, allié d’Octave, après la révolte de Tingi qui s’était ralliée à Octave en 38. En 33 av. J.-C., le dernier roi maurétanien, Bocchus II, mourut et légua, selon une tradition bien attestée dans le monde grec de l’époque, son royaume à Octave ; ce dernier ne l’annexa cependant pas ; se contentant d’une administration directe dont on connaît mal les réalités, il finit par confier le royaume à son protégé, Juba II, en 25. Mais entre 31 (victoire d’Actium) et 27 (date à laquelle le Sénat lui donne le surnom Augustus qui apparaît alors dans la titulature des nouvelles fondations coloniales), il créa trois colonies romaines près du littoral de l’Atlantique et neuf autres, peut-être un peu plus tard, en Maurétanie césarienne (dont Cartennas)14, colonies dont nous connaissons les noms par la description de l’Afrique que nous a laissée Pline (Histoire Naturelle, V).

La création d’une colonie implique la mise en place d’une communauté civique dont les membres bénéficient de la citoyenneté romaine et dont les structures sociales reproduisent le modèle de stratification, hiérarchisée selon la fortune, que l’on trouve à Rome. Bénéficiant d’un statut privilégié, la colonie contrôle un territoire délimité et cadastré : sa création nécessite donc de dégager un espace agricole suffisant pour y installer les vétérans en fonction des droits que leur confère l’honesta missio en matière d’aisance sociale et s’accompagne d’une cadastration de l’espace par des mensores. La création d’une colonie de vétérans obéit enfin à un souci stratégique de défense : elle représente le pouvoir impérial et garantit le maintien de l’ordre.

Or, une telle création ne s’opérait pas forcément sur un espace vierge, comme par exemple à Timgad sous Trajan. Le plus souvent, elle prenait la place d’une communauté existant déjà ; c’est le cas en Maurétanie, pour Zilil, mais aussi pour une autre colonie, Iulia Valentia Banasa sur le Sebou (on ne peut rien dire de la troisième, Iulia Babba Campestris, dont l’emplacement n’a pas été retrouvé). Dès lors se posait le problème de la situation réservée aux premiers habitants. Il y avait diverses possibilités :

  • les habitants pouvaient être intégrés au corps de la cité, comme ce fut le cas en 29 av. J.-C. avec la refondation de Carthage : Jean-Marie Lassère15 a montré que les descendants des premiers colons installés là par Caius Gracchus en 123 ainsi que quelques Africains reçurent la citoyenneté romaine ;
  • Rome pouvait aussi les maintenir sur place avec un statut inférieur, c’est-à-dire celui d’étrangers (à la cité), mais domiciliés là : on parle alors d’incolae.
Les études du mot incola montrent en effet que le terme revêtait une signification différente selon le contexte :
dans certains cas, il désigne des étrangers à la citoyenneté locale (et pas forcément pérégrins) installés dans une cité. Il s’applique aussi aux habitants autorisés à rester sur place après la déduction d’une colonie, mais ils étaient exclus du corps civique ; ceux qui étaient domiciliés dans les territoires ruraux de la cité étaient parfois attributi. Une telle situation est observable à Banasa où le plan de la nouvelle colonie se coule dans les structures urbaines existantes, le forum prenant la suite de la place traditionnelle sans modification de la trame16 et où l’on note la continuité des activités notamment les fours de potiers ; sur le territoire rural, la tribu des Zegrenses reçut sans doute le statut d’attributi.
On retrouve ce processus en Orient, notamment à Patras, sur le golfe de Corinthe17 ; par Pausanias, on apprend qu’Auguste, lors de la déduction de la colonie de Patras, réserva une situation particulière aux premiers habitants :
il permit aux seuls habitants de Patras, parmi les Achéens, d’être libres et il leur donna les autres privilèges que les Romains réservent à leurs colons18.
En fait, il est difficile de cerner la nature des privilèges consentis en l’absence de tout document précis ; il est peu probable qu’ils aient reçu la pleine citoyenneté, mais ils ont pu être assimilés à des incolae disposant des droits réservés aux domiciliés étrangers : le droit de résidence et de propriété (le ius commercium) et peut-être le droit de mariage légal (conubium) qui favorisait ainsi le synoe cisme, sans pour autant disposer des droits politiques dans la cité ;
  • la troisième solution, la plus brutale, consistait à expulser les habitants et à les transférer ailleurs. Cette pratique est là encore attestée en Grèce, à la même époque et toujours dans la région de Patras où la colonie, déduite en 14 pour les vétérans de la dixième légion Equestris et de la douzième légion Fulminata, fut dotée d’un vaste territoire, selon Strabon19 ; cette disposition rendit nécessaire une réorganisation de l’espace20 et des transferts locaux de population d’un point à l’autre du territoire de la nouvelle cité, dont on trouve des traces dans les descriptions de Strabon et de Pausanias ; ainsi Pausanias (VII, 18,8) écrit :
    Auguste, peut-être parce qu’il pensait que le mouillage présentait des avantages, ou pour quelque autre raison, fit venir aussitôt les habitants depuis les autres agglomérations jusqu’à Patras et les y agrégea ainsi que les Achéens de Rhypai, détruisant jusqu’au sol Rhypai.

De cette dernière cité, Strabon écrivait "qu’elle était inhabitée et que le territoire qui portait le nom de la ville avait été partagé entre Aigion et Patras21". Ce transfert de population s’est accompagné de transfert de cultes, comme celui d’Artemis Laphria22, à l’origine organisé à Calydon, désormais installé à Patras, ce qui renvoie à l’exemple de Carthage évoqué en introduction.

Un autre exemple de rassemblement de populations à partir d’anciennes cités, abandonnées ou rétrogradées, autour d’un centre nouvellement créé, est observable plus au nord, en Épire, sur la côte Adriatique, à Nicopolis23.

Ces exemples nous fournissent des points de comparaison qui nous permettent de revenir sur le transfert des habitants de Zilil dans un contexte de réorganisation territoriale après les troubles consécutifs aux guerres civiles, contexte marqué par la destruction de cités antérieures et des regroupements de population.

En effet, les fouilles menées à Dchar Jdid ont permis de constater l’existence d’une ville maurétanienne sous les niveaux romains : on a repéré un ensemble de bâtiments allongés du nord-ouest au sud-est, bordés par deux rues. Cet ensemble était organisé de façon cohérente avec une orientation bien déterminée qui reprenait les directions d’un habitat antérieur de briques crues : la céramique recueillie dans ces niveaux dénote une occupation du Ier siècle av. J.-C., avant la diffusion massive dans la région de la céramique arétine aux alentours de 30 av. J.-C., mais une occupation déjà caractérisée par l’ouverture au commerce italien dont les effets se font sentir sur la quantité de matériel importé. Ce quartier fut détruit dans le troisième quart du Ier siècle et abandonné pendant longtemps24. La destruction si elle est soudaine, ne laisse cependant pas l’impression d’une destruction violente. M. Lenoir y voit plutôt la traduction archéologique de l’abandon forcé de la ville par sa population d’origine et son remplacement par des colons : le changement de population rendrait compte d’une part de cette destruction soudaine et de l’histoire postérieure du quartier, abandonné jusqu’à la fin du IIe siècle de notre ère, et d’autre part du transfert de l’habitat vers d’autres parties du site comme le quartier des thermes et celui des maisons à péristyle.

D’autre part, Strabon fait allusion à la restructuration d’une nouvelle communauté, Iulia Ioza, composée des habitants de Zilil et de citoyens de Tingi ; on peut penser, en se référant à l’exemple de Patras évoqué par Pausanias qui distingue les habitants de Patras et les autres Achéens, que les Zilitains ont été en quelque sorte placés sous l’autorité des Tingitans qui, eux, possédaient déjà la citoyenneté romaine ; cependant, le transfert de population ne s’opère pas dans les mêmes conditions, ni pour les mêmes raisons. En effet, les sources permettent de considérer qu’à Patras, se posait la question des terres à distribuer aux vétérans : de là, des confiscations et des mouvements de population à l’intérieur du nouveau territoire de la cité ; à Zilil, la population est vraiment déracinée de son milieu local et le transfert n’est pas seulement à replacer dans une réorganisation du territoire de la cité.

Contrairement à ce que l’on observe à Patras, il ne me paraît pas qu’à Zilil, il s’agisse uniquement d’une question de manque d’espace, comme le pensait J. Gascou25 ; le fait que le transfert semble toucher des populations urbaines va dans ce sens. J’y verrais davantage la solution à un problème de sécurité. Il me semble possible d’avancer l’hypothèse que ce traitement sévère pourrait trouver son origine dans le fait que les habitants de Zilil, contrairement à ceux de Tingi, seraient restés, en 38, fidèles à Bogud, le roi allié d’Antoine, et qu’ainsi pour des raisons de sécurité – que l’on ne retrouve pas pour les autres colonies de Maurétanie – les habitants auraient été déplacés ; la situation de Zilil peut alors être rapprochée de celle de Carthage en 146 et de celle de Phocée menacée de destruction après l’échec de la révolte d’Aristonicos. Peu après la décision du roi de Pergame, Attale III, de léguer son royaume à Rome en 133 av. J.-C., le frère illégitime du roi défunt, Aristonicos se proclama roi sous le nom d’Eumène III. Il obtint le soutien de cités26 du royaume dont Phocée. Après sa défaite, les Romains envisagèrent la destruction de Phocée et Justin27 écrit :

Après la capture d’Aristonicos, le Sénat ayant donné l’ordre d’anéantir la ville et le nom des Phocéens (ce qui signifie l’éradication totale de la cité) pour avoir, dans cette guerre et dans celle qui avait été auparavant dirigée contre Antiochus, porté les armes contre le peuple romain, les Marseillais envoyèrent des députés à Rome, pour intercéder en faveur des fondateurs de leur ville et ils obtinrent leur grâce du Sénat28.

Pour en revenir à Zilil, deux faits mentionnés par les sources peuvent fournir des arguments en faveur de cette interprétation :

  • la présence de Tingitans pour encadrer la population transplantée : ils pouvaient servir d’intermédiaires entre les colons italiens et les Maurétaniens par leur connaissance des traditions africaines, mais aussi des principes du fonctionnement du droit romain, car il est tout à fait probable que les habitants originaires de Zilil ne reçurent pas aussitôt la citoyenneté romaine ;
  • la remarque de Pline, là aussi unique en son genre, à propos de la situation de Zilil : il connaît la fondation de la colonie, sa titulature exacte. Il ajoute « qu’elle fut soustraite à la domination des rois et autoritairement rattachée à la Bétique29 ». Cette notation tendrait à prouver que Pline avait trouvé dans ses sources la mention du rattachement administratif des colonies maurétaniennes à la Bétique. L’information fait suite à l’exposé de la situation de Tanger pour laquelle Pline commet de nombreuses erreurs tant sur le nom que sur le statut et l’évolution de la cité30. Peut-on aller jusqu’à avancer que, derrière la phrase de Pline, il y aurait aussi une allusion au sort de la communauté originelle ?

En tout cas, le transfert de population autoritaire est incontestable. L’originalité de la situation ne tient pas au fait qu’il s’agit d’une communauté organisée déjà en cité – puisqu’une telle situation se retrouve en Grèce –, ni au fait que les populations déplacées ont sans doute été soumises à un statut inférieur dans la cité d’accueil. L’originalité tient à l’ampleur du mouvement : non pas en distance réelle, car traverser le détroit de Gibraltar ne constituait pas une distance remarquable, mais au fait que ces populations ont été déplacées depuis une région qui juridiquement n’était pas vraiment définie comme une province et installées dans l’une des provinces les plus anciennes et les plus romanisées de l’Empire. Il faut cependant minimiser l’ampleur du dépaysement : les paysages étaient les mêmes et les modes de vie également. L’intégration progressive des Africains de Zilil dans les cadres de la colonie romaine d’Espagne, sans doute favorisée par la présence des Tingitans, était possible.

Extrait de Y a-t-il eu des déplacements contraints de population dans l’Afrique romaine? de Christine Hamdoune.

Notes


  1. D’origine grecque, grand admirateur de l’oe uvre d’Auguste, Strabon vécut au début du Ier siècle de notre ère : il veut par sa description des régions de l’Empire romain fournir un instrument de documentation aux administrateurs.
  2. Strabon, Géographie, III, 140, François Lasserre (éd.), CUF, 1966.
  3. Très mal connu, il a sans doute rédigé sa Chorographie au début du règne de Claude (dans les années 40 de notre ère).
  4. Pomponius Mela, Chorographie, II, 96, A. Silberman (éd.), CUF, 1988.
  5. Pline l’Ancien, HN, V, 5, 2 (trad. J. Desanges, CUF) ; sur les sources de Pline, voir l’introduction à l’édition de J. Desanges, Pline, Histoire naturelle, livre V, Paris, 1980.
  6. Dion Cassius, Histoire romaine, XLIV, 3.
  7. Le nom exact, colonia Iulia Constantia Zilil, est fourni par une inscription de 217-218, publiée par Maurice Lenoir dans L’Africa Romana, t. 4, 1988, p. 436-437.
  8. C’est le livre XVII qui est consacré à l’Afrique.
  9. A. Delgado, Nuevo metodo de clasificacion de las medallas autonomas de Espana, II, 1872, p. 304 et note ; repris par R. Thouvenot, Essai sur la province romaine de Bétique, Paris, 1940, p. 191. A. Schulten, Iberische Landeskunde, I, Strasbourg, 1955, p. 146.
  10. Ptolémée (II, 4, 6, éd. Muller, p. 111), Marcien d’Héraclée (per. m. ext., II, 9, GGM I, p. 545) et le Ravennate, une source anonyme du VIe siècle (IV, 42, 12 et V, 4).
  11. Thouvenot, op. cit., p. 191 qui cite Delgado, op. cit., II, p. 307 n° 1 et n° 10.
  12. R. Batty, « Mela’s Phoenician Geography », Journal of Roman Studies, t. 90, 2000, p. 70- 94.
  13. Desanges, op. cit., p. 226 ; voir J.-M. Lassère, Ubique populus. Peuplement et mouvements de population dans l’Afrique romaine, de la chute de Carthage à la fin de la dynastie des Sévères, Paris, 1977, p. 39 : appliqué d’abord aux Puniques d’Afrique, le terme a fini par désigner les métis de Puniques et Libyques.
  14. Voir M. Coltelloni-Trannoy, Le royaume de Maurétanie sous Juba II et Ptolémée, Paris, 1997, p. 123 et suivantes.
  15. J.-M. Lassère, op. cit., p. 210-211.
  16. S. Girard, « Banasa préromaine », AntAfr., t. 20, 1984, p. 88.
  17. A. D. Rizakis, « Les colonies romaines des côtes occidentales grecques », Dialogues d’Histoire Ancienne (=DHA), 22, 1996, p. 255-313, et « Roman Colonies in the Province of Achaie : Territories, Land and Population », in S.E. Alcock (dir.),The Early Roman Empire in the East, S.E. Alcock (éd.), Oxford, 1997, p. 15-36.
  18. Pausanias, Description de la Grèce, VII, 18, 7.
  19. Strabon, op. cit., VIII, 7, 5 : « les Romains viennent, après la victoire d’Actium, d’installer dans cette ville une partie importante de leur armée ; devenue colonie romaine, Patras se distingue maintenant par une population florissante ; elle dispose d’un assez bon mouillage. »
  20. Le territoire très vaste de la cité peut-être appréhendé à travers les allusions des deux auteurs qui mentionnent le rattachement à Patras d’anciennes cités transformées en bourgades, komai : Strabon écrit ainsi (X, 2, 21) que le lac très poissonneux situé près de Calydon appartenait désormais aux Romains de Patras. Pausanias ajoute (VII, 22, 1) « que Pharai, cité des Achéens appartient à Patras à laquelle Auguste l’avait donnée » et (VII, 22, 6) : « Triteia, autre cité d’Achaie, située à l’intérieur des terres, mais comme Pharai, elle appartient à Patras depuis qu’Auguste l’y a rattachée. La distance de Triteia à Pharai est de 120 stades (soit plus de 20 km) », et enfin X, 38, 9 : « sur la côte, les cités, sauf Amphissa, sont sous la domination des Achéens de Patras, l’empereur Auguste leur ayant donné ce privilège ».
  21. Strabon, op. cit., VIII, 7, 5.
  22. Pausanias, op. cit., VII, 18, 9 : « Auguste donna à Patras, parmi d’autres dépouilles de Calydon, la statue de Laphria… ».
  23. Cet exemple n’est pas développé, car il semble bien que Nicopolis n’ait pas eu le statut de colonie, mais celui de cité fédérée ; voir Strabon, op. cit., VII, 7, 6 : « Auguste, voyant les villes de cette région complètement désertes, décida de les fondre en une seule cité bâtie sur le golfe dont nous parlons. Il l’a nommée Nicopolis pour rappeler la bataille navale… Nicopolis est aujourd’hui une ville populeuse dont la croissance s’affirme de jour en jour ; elle le doit à son vaste territoire et aux embellissements que le butin a permis de réaliser » ; plus loin (X, 2, 2), il ajoute : « Palaeros, Alyzia, Leucade, Argos Amphilochienne et Ambracie sont tombées sous la dépendance de Nicopolis, ville toute récente fondée dans notre génération. »
  24. A. Akerraz, M. Lenoir et alii, « Fouilles de Dchar Jdid, 1977-1980 », Bulletin d’archéologie marocaine (=BAM), t. 14, 1982, p. 169-224.
  25. J. Gascou, « Note sur le statut colonial de Tanger », Antiquités Africaines (=AntAfr.), t. 8, 1974, p. 69, qui suit l’avis de F. Vittinghoff, Römische Kolonisation und Bürgerrechtspolitik under Caesar und August, Wiesbaden, 1952.
  26. C. Vial, Les Grecs de la paix d’Apamée à la bataille d’Actium, Paris, 1995, p. 122-125.
  27. Justin est un historien du IIe ou du IIIe siècle de notre ère qui résuma l’oe uvre d’un historien contemporain d’Auguste, Trogue Pompée, dans son Histoire universelle.
  28. Justin, 37, 1, 1.
  29. Pline, op. cit., V, 2.
  30. C. Hamdoune, « Note sur le statut colonial de Lixus et de Tanger », AntAfr., t. 30, 1994, p. 81-87.