Sidjilmassa

Sidjilmasa (ou Sijilmassa.)

Les origines de cette cité son assez obscures, selon Léon l'africain, elle aurait été fondée par un général romain qui l'aurait appeler Sigillum Massa. En fait elle ne fut pas construite avant les premiers temps de l'islam au maroc et peut-etre existait elle déjà lors de l'expédition du conquérant arabe Moussa Ibn Nouceir en 705. Au moyen-age, la ville fut un grand centre caravanier, exportant vers le reste du pays et le soudan, des dattes, du sel, des etoffes, des metaux, c'était une cité marchande où faisaient halte les grandes caravanes amenant du Bilad Sudan (Afrique noire) de la poudre d'or, de l'ivoire, des plumes d'autruche, des esclaves... Elle fut rasée en 1818 par les tribus guerrières du mont Saghro voisin. Elle était un centre important des Imazighen zénètes. Fondée en 757, elle fut la capitale d'un émirat kharijite, sous la férule des Midrarites (Miknasa) avant d'être une pomme de discorde entre Fatimides d'Ifriqiya et Omeyyades de Cordoue, du fait de sa situation au débouché des pistes caravanières.

Ksar oulad Abdelhalim, palais mérinides (Sidjilmassa)'

Elle fut finalement conquise par les Almoravides vers 1055. Sa situation commerçiale continua d'être florissante jusqu'au XIVème siècle, et son ouverture sur l'ensemble du monde connu est attestée par le voyageur Ibn Battouta qui affirme avoir rencontré des Sidjilmassiens au cours de son périple en Chine. Du temps de sa splendeur, Sidjilmassa était composée d'environ 600 kasbahs qui formaient autant de quartiers. La kasbah principale abritait le palais de l'émir, la grande mosquée, un atelier de frappe monétaire ainsi qu'un immense marché de négociants, dont certains venaient d'aussi loin que l'Egypte ou même de Bagdad. Les Midrarides (appelés aussi Ouassoulites) adoptèrent longtemps le rite le plus dur du kharijisme, le sofrisme. Ils menèrent une politique d'alliance avec l'autre puissance kharijite du Maghreb, l'émirat rostémide de Tahert (dans l'actuelle Tiaret, en Algérie). Mais au début du Xème siècle on note un assouplissement dans la pratique du sofrisme et l'émir midraride al Chakir Billah va jusqu'à reconnaître l'autorité spirituelle du calife abbasside. Cela vient aussi du fait que Sijimassa était devenue une place de commerce de niveau international, et cultivait ainsi une certaine forme de cosmopolitisme, attirant même le fondateur de la dynastie fatimide, le chef chiite Obeid Allah al Mahdi qui fuyait les persécutions en Orient.