Sidi Ahmed Al Badawi

Sidi Ahmed Al Badawi( ?-1276 ). Il est né au Maroc d'une famille amazighe. La pression rigoriste des Almohades est sans doute à l'origine de son départ vers l'Orient. Il fut influencé par les enseignements d'Ahmed Rifa'i et d'Abdelkader Jilani. A Baghdad il reçut une vision lui enjoignant d'aller se fixer en Egypte. A Tantah il initia sa tariqa dite Ahmadya ou Badawiya et réussit à rallier des millions de fidèles et son hagiographie rapporte qu'il a accompli des miracles. En plus de son soufisme il avait combattu contre la croisade de Saint Louis et ce fut sous son autorité que Saint Louis, roi de France fut fait prisonnier et il ne sera libéré que contre son pesant en or.

Au début du XXe siècle en Egypte son Moussem réunit plus d'un million de pélerins surveillés par 4 milles soldats et qui coïncide avec le cycle agricole du Delta du Nil, ce qui a laissé penser aux anthropologues que ces fêtes font écho à celles de Bubaste décrites par Héredote (livre II, 60).

Son Moussem appelé Moulid Al kabir dure une semaine. Le premier jour est celui du "mawkib", le cortège du hakim de la police la première nuit comme les autres nuits sont consacrés à la "halqa", cercle du "dzikr" autour du "sari", un grand pilier de bois autour duquel se font des psalmodies et les danses extatiques. Un jour de la semaine était consacré au "tawaf", circambulations autour du sanctuaire. La dernière nuit celle du jeudi soir les lumières brillent partout et c'est la nuit de la joie: les chanteuses et danseuses en renom font des recettes extraordinaires. Danseuses et chanteuses ont pour saint Patronne Fathima bint Barri (madeleine convertie par le saint lui même). Le dernier jour est celui consacré au cortège "rakb" devancé par le khalifat (descendant du saint). Les soufis de son ordre portent les étendards et jouent aux tambours tandis qu'une troupe de gens avec épées et cuirasses (souvenir de la bataille contre la croisade de Saint Louis) suit des nu-pieds (en souvenirs des croisés fait prisonniers). Une fois au tombeau du saint le khalifat pose le turban du saint sur sa propre tête, cache sa figure sous le voile (litham) comme faisait naguère le saint Sidi Ahmed Al Badawi mort en l'an 1276.

Extrait de la spiritualité amazighe: LallaYetto Kushel

Voir aussi


Spiritualité Amazighe