Sala

Le site de Sala est cité par Pomponius Mela, par Pline et par Ptolémée mais il ne s’agit pas de la ville actuelle de Sala.

En néo-punique, la ville de Sala s’écrivait comme on l’a retrouvé sur les légendes numismatiques : S`lt.

En grec/latin, il s’écrivait: Sala(ta) ou Salathos. Aujourdhui, on la prononce Chellah. Il s’agit d’une cité qui se trouve à 2 km du centre de Rabat, capitale du Maroc et à 3 km de l’estuaire du Bou Regreg.

Ce nom d’origine phénico-punique signifie sans doute "rocher" (Solo) et convenait à la Kasba des Oudayas qui surplombe de la rive gauche l’estuaire du fleuve et devait sans doute être le site de l’établissement primitif. L’archéologie a mis à jour sur les croupes de Chellah des vestiges phéniciennes des VII et VI siècle avant J.-C. Les restes d’un édifice en grand appareil et de la céramique revêtue d’un engobe rouge. Vers la fin du Ier siècle avant J.-C., Chellah frappa des monnaies à légende néo-punique (S`lt) et jouissait sans doute d’une certaine autonomie sous les rois de Maurétanie. Probablement occupée par les Romains sous le règne de Claude (41-54), elle devint, sous Trajan (98-117) un municipe, puis fut élevée au rang de colonie, titre que lui donne l’Itinéraire Antonin 6,4 : Sala Colonia.

Chellah, ville des Barghwata, fut à plusieurs reprises détruite par les Awraba sous la conduite des Idrissides. Son site fut abandonné et les Mérinides y construisirent une Casbah. Quand les Zénètes (Maghrawa et Maknassa) chassèrent les Idrissides et affaiblirent les Awraba, ils fondèrent l’actuel ville de Sala pour se protéger contre les velléités des Barghwata dont le royaume resta à l’écart de celui des Idrissides pour ne disparaître qu’avec la conquête Almoravide (premiers unificateurs du Maghreb et de l’Andalousie).

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