Saadiens et leur expédition contre le Soudan

Le 12 avril 1591, une grande bataille a lieu sur les bords du Niger, à Tondibi. Elle met aux prises une armée marocaine commandée par un eunuque aux yeux bleus originaire de Grenade, et des dizaines de milliers de soldats songhai.

La défaite de ces derniers signe la fin de l'empire de Gao, plus connu sous le nom de Songhai.

Ahmed al-Mansur Saadi prépara en 1591, sous le commandement de Djouder, un eunuque espagnol converti, 10 000 hommes, à l'assaut de l'Empire songhaï de Gao. Ces hommes sont armées d'arquebuses, disposent pour leur ravitaillement de 8 000 chameaux et un millier de chevaux de bât mais surtout possèdent des canons. Il rencontre l’askia Ishaq II à Tondibi. Le bruit et les ravages causés par les armes à feu mettent en déroute quarante mille guerriers songhaïs (12 avril).

Les versions sont variables mais les différentes étapes de la bataille seraient :

A. l'armée de Gao lance d'abord une ruse habituelle : elles lancent des troupeaux de vaches rendus furieux vers le camp ennemi. Les Marocains auraient soit laissé passer le troupeau, soit les auraient effrayé à coup de canon.

B. L'artillerie marocaine écrase la charge de l'infanterie songhai. Les cavaleries s'affrontent.

C. les vassaux de l'empereur de Gao rompent et seuls restent la garde songhai fidèle: elle s'entoure d'une corde et se laisse massacrer. Ishaq II se replie sur Gao, puis évacue sa capitale qui est occupée. Le vainqueur Djouder recoit une proposition de paix refusée immédiatement par le sultan qui exige son or. L'armée marocaine pille tout ce qu'elle trouve et l'envoie au Maroc (on parle d'1 à 1/2 tonne d'or). La capitale est transférée de Gao au Mali vers Loulami au Niger. Les empereurs portent le nom de Dendi. L'empire songhaï ne s'en remettra jamais et aucun empire ouest-africain de cette taille ne renaîtra

Le sultan du Maroc, qui lorgnait sur les mines de sel et le commerce de l'or. Après la bataille de Tondibi, le souverain du Songhai est assassiné. Son empire devient une province marocaine gouvernée par un pacha et dénommée Soudan (d'après l'expression arabe Bilad al-Sudan, qui signifie «pays des Noirs»)... Tombouctou, en déclin, tombe sous la coupe de familles afro-marocaines.

Voir aussi


Les Saadiens

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