Poterie amazighe

Histoire

Le territoire amazigh s’étend sur quelques 5000 km, depuis l’Oasis de Siwa dans l’ouest de l’Egypte jusqu’aux îles Canaries.

Le peuple amazigh se caractérise par la qualité de son industrie en silex et le développement artistique de son artisanat. Les artisans ont une prédilection pour les décors géométriques très semblables à ceux que l’on trouve sur les tatouages et le décor des poteries des femmes berbères.

Le vocable “Amazigh” recouvre un ensemble de plusieurs centaines de tribus qui comptent des milliers de fractions et de “clans”. Les Amazighs sont représentés depuis leurs origines par deux types de populations, les sédentaires et les nomades. C’est au sein de cette population de paysans sédentaires que la poterie modelée est née et a perduré jusqu’au XXème siècle sa pérennité s’explique par sa parfaite adéquation au mode de vie rural : elle permet la conservation, la cuisson ainsi que le transport et le stockage des aliments.

Ces poteries ont pour caractère commun d’être faites à la main, par des femmes, d’être cuites en plein air, de servir aux usages domestiques locaux et d’être tantôt nues, tantôt peintes de dessins rectilinéaires.

Décors


On distingue trois types de décor :

1. Les poteries unies ont des formes frustes et sont essentiellement consacrées aux récipients à feu (brasero, plaque à griller...). Les surfaces sont raclées ou polies. Les teintes, obtenues par cuisson oxydante, varient du beige au brun plus ou moins rouge.

2. Les poteries décorées après cuisson. Au sortir du feu, quelques tâches brunes de résine, d’une décoction d’écorce de pin ou de ”bitume” sont appliquées. Dans les régions du Nord de la Tunisie ou dans le Rif, au Maroc, ces décors prennent l’importance d’un véritable décor peint.

3. Les poteries peintes, décorées avant cuisson. Ce type de poterie est célèbre en Afrique du Nord essentiellement grâce aux poteries kabyles. Néanmoins, on le retrouve dans tout le Maghreb, en particulier en Tunisie. La diversité des types régionaux laisse saisir quelques caractères communs : les matériaux utilisés, terres blanches, rouges et ocres, oxydes bruns ; le décor le plus souvent bicolore, construit selon le forme et les courbes de la poterie. Le décor peint est avant tout géométrique et rectilinéaire. Bandes, triangles et losanges, quadrillages et damiers en sont les figures principales. Le polissage et l’application d’un enduit sont importants surtout en Kabylie.

Commercialisation des poteries


Les femmes fabriquent ces poteries pour les besoins du ménage. Cela fait partie de leurs tâches domestiques. Jusqu’au milieu du XXème siècle, ce type de production était généralisée en Kabylie, sur le littoral Setifien, dans l’Aurès, le Rif... Généralement, la fabrication se fait une fois par an. Elle a lieu à la fin du printemps et au début de l’été.

Sans cesser d’être familiale, la même poterie peut cependant être échangée ou vendue entre femmes à titre occasionnel ou de manière plus régulière au bénéfice de femmes veuves ou pauvres. Les poteries sont proposées de maison en maison contre leur contenu en blé ou en semoule. Parfois, c’est tout un village qui est réputé pour ses potières habiles. Généralement, les transactions au delà du voisinage sont assurées par les hommes que ce soit sur les marchés ou par colportage.

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