Osorkon II

Osorkon II (-874 à -850) Pharaon de la XXIIe dynastie, de -874 à -850, dont la capitale est à Tanis, dans le Nord-Est du delta du Nil. Elle est l'une des deux dynasties d'origine Libyenne (berbère) (l'autre est la XXIIIe, installée à Bubastis). L'épisode Libyen de l'histoire égyptienne est compliqué, comme en témoigne le fait que jusqu'à cinq roitelets ont régné simultanément. Il est le fils de Takélot Ier et Kapes.

Osorkon II a quatre épouses dont Karoma II Meritmout, Djedmoutesânkh , et Isetemhebet et a sept ou huit enfants dont Takélot II qui lui succède et Nimlot II Grand prêtre d'Amon (-855 à -845) .

Osorkon nous est rendu célèbre en particulier par la splendide statuette d'or et lapis-lazuli, dite « triade d'Osorkon II », qui se trouve au musée du Louvre. Elle représente au centre le dieu Osiris accroupi sur un socle-pilier ; à sa gauche, debout et effectuant de la main un geste de protection, Isis ; de l'autre côté et avec le geste symétrique, leur fils Horus. Une inscription comporte la titulature du roi et des propos d'Osiris lui accordant ses bienfaits.

Son règne est marqué au début par le redressement du pouvoir royal, il place en effet ses fils aux postes clés du pays, mais très vite sa zone d’influence va se restreindre. Il fait restaurer le temple d’Eléphantine par le vice-Roi de Kouch (son petit-fils). Il embellit le temple de Bastet dans sa ville de Bubastis et entreprend également des travaux à Léontopolis, Memphis et à Tanis.

Le traité d'alliance avec Byblos est menacé par l’expansion des rois d’Assyrie Assur-Nasirpal II (-884 à -859), et son fils Salmanazar III (-859 à -824) qui étendent leurs frontières du Nord de la Mésopotamie au Moyen Euphrate jusqu'en Syrie, à l'Oronte et la côte d'Amourrou. Les royaumes de Damas et d’Israël s'allient pour protéger la Syrie du Nord des nouveaux envahisseurs.

En -853, Osorkon II envoi un contingent de mille mercenaires égyptiens pour prêter main forte à cette alliance et à Benhadad, roi de Syrie afin d'arrêter la progression assyrienne. Le combat a lieu dans la vallée de l'Oronte près du village de Karkar. Ceci marque une nouvelle phase de la politique extérieure égyptienne: celle d'un appui aux royaumes de Syro-Palestine. L’Égypte grâce à cette alliance avec les Hébreux et la Syrie, va résister aux soldats Assyriens de Salmanazar III. Les royaumes de Syro-Palestine vont constituer désormais le dernier rempart qui protège l'Égypte de l’invasion Assyrienne.

Face aux Pontifes de Thèbes, qui rejettent sa légitimité, Osorkon II doit démontrer qu’il est le vrai souverain. Mais il édicte un décret par lequel il reconnaît à la ville de Thèbes un statut de principauté autonome et accepte que son cousin Harsiesi Ier succède à son père Sheshonq II dans la charge de Grand prêtre d'Amon. Cette concession, qui instaure un précédent de transmission héréditaire de charges, affaiblit le pouvoir du roi. Sa décision va condamner l’Égypte à rester scindée en deux et amorce la scission, car en -870, Harsiesi Ier se proclame roi de Thèbes. Dès la génération suivante, les héritiers vont se disputer le pouvoir entre lignées différentes et plusieurs rois vont régner en même temps.

Voir aussi:


XXIIe dynastie