Masgaba

Masgaba, prince numide, fils de Masinissa il était un architecte et diplomate selon Tite-Live. Sa tombe est presumée se trouver sur l’Ile de Capri en Italie où il avait realisé beaucoup de projets.

TITE-LIVE LIVRE XLV :

(12) Eumène et ses deux frères, Attale et Athénée, envoyèrent aussi une ambassade pour complimenter les Romains. Masgaba, chargé de la même mission par le roi Masinissa, son père, trouva, en débarquant à Pouzzoles, le questeur L. Manlius, qui était chargé de le conduire à Rome aux frais de la république.

(13) À peine arrivé, il obtint audience du sénat. Ce jeune homme n'avait que des choses agréables à dire; mais il sut leur donner par ses paroles une grâce toute nouvelle. Il rappela d'abord le nombre des fantassins, des cavaliers et des éléphants envoyés par son père en Macédoine, et la quantité de blé qu'il avait fournie pendant les quatre années de la guerre;

(14) "mais, ajouta-t-il, deux choses lui avaient causé de la confusion, l'une, que le sénat lui eût fait demander par des ambassadeurs des secours qu'il avait le droit d'exiger; l'autre, qu'il eût envoyé le prix du blé fourni.

(15) Masinissa n'avait point oublié que c'était au peuple romain qu'il devait sa couronne et les accroissements successifs de son royaume. Content de l'usufruit, il savait que la propriété restait aux donateurs. (16) La justice voulait donc que les Romains prissent sans rien demander ni payer des productions d'un territoire donné par eux. Pour Masinissa, il avait et il aurait toujours assez de ce que les Romains lui laisseraient.

(17) "Telles étaient, dit-il, les instructions avec lesquelles il était parti; en route, il avait été rejoint par des courriers que son père lui envoyait pour lui annoncer la soumission de la Macédoine et lui ordonner d'en faire agréer ses félicitations au sénat, et de lui exprimer la joie que Masinissa en avait ressentie. Cette joie était si vive, qu'il voulait venir lui-même à Rome, pour offrir un sacrifice et des actions de grâce dans le Capitole, à Jupiter très bon et très grand, et il faisait demander au sénat la permission d'entreprendre ce voyage, si toutefois il n'y avait pas d'indiscrétion."

45,14 Réponse du sénat à Masgaba, fils de Masinissa

(1) "Il était noble, répondit-on au jeune prince, il était digne d'un coeur reconnaissant d'attacher, comme le faisait Masinissa, tant de prix à un bienfait qui lui était dû.

(2) Dans la guerre punique, il avait servi le peuple romain avec courage et fidélité, et le peuple romain l'avait aidé à reconquérir son royaume. Plus tard, dans les guerres soutenues successivement contre trois rois, son zèle n'avait reculé devant aucun devoir.

(3) Il était naturel qu'un roi qui avait lié son sort et celui de son royaume à la fortune de la république se réjouît de la victoire du peuple romain. Il devait se contenter de rendre grâce aux dieux des succès de ses alliés, au sein de ses pénates; son fils s'acquitterait de ce soin à Rome.

(4) Il suffirait des félicitations adressées par son fils au nom de son père et au sien propre. Le sénat trouvait inutile pour lui d'abandonner ses états et de sortir de l'Afrique, et d'ailleurs cette absence pouvait nuire aux intérêts de la république."

(5) Masgaba demanda ensuite qu'on obligeât les Carthaginois à livrer Hannon, fils d'Hamilcar, à la place d'un autre otage; mais le sénat répondit "qu'il ne lui paraissait pas équitable d'exiger des otages au gré de Masinissa."

(6) Un sénatus-consulte mit à la disposition du questeur cent livres pesant d'argent pour l'achat des présents destinés au jeune roi: ce magistrat fut également chargé de le conduire à Pouzzoles, en pourvoyant à toutes ses dépenses, tant qu'il serait en Italie, et de fréter deux bâtiments pour le ramener en Afrique, avec ceux qui l'accompagnaient.

(7) Toutes les personnes de sa suite, hommes libres et esclaves, reçurent des vêtements en présents.

(8) Peu de temps après, Misagène, autre fils de Masinissa, écrivit à Rome "qu'ayant été renvoyé en Afrique avec ses cavaliers, par L. Paulus, après la défaite de Persée, il avait été assailli par une tempête qui avait dispersé sa flotte dans la mer Adriatique, et l'avait forcé de relâcher avec trois vaisseaux à Brindes, où il était malade."

(9) On envoya vers lui le questeur L. Stertinius avec les mêmes présents qui avaient été faits à son frère, et l'ordre de mettre à la disposition du prince un logement convenable, <lacune>