Lusius Quietus

Lusius Quietus était un géneral Romain, gouverneur de la Judée en 117. La Guerre de Kitos a été ainsi nommée en référence à Quietus.

Biographie


Prince Maure romanisé devenu l'un des meilleurs généraux de l'empereur Trajan au début du second siècle de l'ère chrétienne. Il était originaire de la province romaine de Maurétanie Tingitane (Maroc actuel) où son père dirigeait une vaste tribu de nomades. Ce dernier avait combattu pour les romains au cours de la révolte Maures dirigée par Aedemon après que Caligula ait fait assassiner Ptolémée de Maurétanie, le fils du roi Juba II. En récompense de ses services, il avait été récompensé par l'octroi de la citoyenneté romaine.

Le jeune Lusius reçut une éducation à la romaine et s'engagea dans l'armée impériale lorsqu'il fut en âge de le faire. Il constitua pour elle un nouveau régiment (vexilatio) de cavalerie composé uniquement de Maures issus de sa tribu d'origine. Ces hommes qui lui étaient entièrement dévoués avaient la particularité de monter leurs chevaux à cru et de possèder une grande expérience du combat en milieu escarpé, ce qui permit à leur chef de monter rapidement en grade à mesure que ses faits d'armes le faisaient remarquer par les généraux romains.

Ni son origine étrangère ni l'attrait de Lucius pour la gloire et la richesse ne lui posèrent d'abord de difficulté. Mais celui qu'il manifestait pour la gent féminine finit par lui valoir quelques mésaventures. Après avoir été promu au rang de Chevalier romain par Domitien pour ses exploits militaires, il fut même disgracié pendant un temps pour une affaire de mœurs.

Ce fut à l'occasion du déclenchement de la guerre qu'il se décida à mener contre les Daces (en Roumanie actuelle) que l'empereur Trajan non seulement rappella Lucius à Rome (101) mais en fit même l'un de ses plus proches collaborateurs tant il avait été vivement impressionné par sa valeur et son habileté au combat. Ce fut un choix judicieux, car ce fut un audacieux raid de cavalerie mené par le Maure qui permit aux Romains de prendre la capitale dace, Sarmizegutesa et d'amener ainsi le roi ennemi à traiter. Lucius se couvrit également de gloire lors de la deuxième campagne de Dacie (104-106) qui s'acheva finalement par le triomphe total des Romains et par l'annexion du pays conquis.

En 113, Quietus s'embarqua pour l'Orient aux côtés de Trajan dont l'intention était de renouveler la geste d'Alexandre le Grand en s'emparant de la Perse alors contrôlée par les Parthes. Après avoir achevé la conquête de l'Arménie à moindres frais, Trajan envoya son ami et général Lusius à la tête de ses cavaliers maures afin de poursuivre la tribu hostile des Mardi. Les hommes de Lusius s'avançèrent profondément en pays ennemi jusqu'au cœur de la Médie et achevèrent leur mission avec succès (114). Revenu auprès de son souverain, Quietus participa à la conquête de la Mésopotamie, puis, lorsqu'une grave insurrection judéo-parthe éclata un peu partout à travers le pays, c'est lui qu'on chargea de la réprimer. Ce qu'il fit en peu de temps avec une dureté qui devait singulièrement marquer les esprits du temps pourtant accoutumés à la violence guerrière.

Lusius rendit également un fier service aux Romains en s'emparant des importantes cités syriennes révoltées de Nisibe, Singara et Edesse. Edesse qu'il fait raser jusqu'aux fondation et dont il fit mettre à mort le roi, Abgar VII permettant ainsi aux légions de repasser l'Euphrate sans risque (116).

Parce que l'empereur avait encore besoin de lui et qu'il connaissait sa rudesse légendaire, il le nomma gouverneur de Judée avec le rang de légat consulaire. A charge pour lui de mater l'agitation des Juifs révoltés qui ne cessaient de menacer l'ordre romain dans la province. Le nouveau légat commença par s'emparer de Lydda où s'étaient enfermer les derniers rebelles juifs, qu'il fit tous exécuter jusqu'au dernier. Puis il s'occupa des bandes de pillards qui hantaient encore le pays avant de marquer son triomphe en plaçant une statue de l'empereur dans les ruines du Temple de Jérusalem.

L'étoile de Quietus jusqu'alors au beau fixe déclina peu après la mort de Trajan lorsque Hadrien accéda au trône (août 117). La dernière volonté de Trajan d’avoir pour successeur son fidèle compagnon d’armes, Quietus, ne fut pas exaucée. Son épouse persuada l’armée que, avant sa mort, Trajan avait adopté comme fils et désigné comme successeur son parent Adrien. La jalousie d’Adrien sera certainement une des principales causes de la révocation de Quietus, qui était supérieur à l’empereur en mérite et en gloire.

Arrivé à Rome, Hadrien, qui se savait menacé par de nombreux concurrents décida de les éliminer. Lusius fut alors démis de ses fonctions, rappelé en Italie sous un faux prétexte et exécuté avec trois autres importants sénateurs lors de ce qu'on appela plus tard "l'affaire des quatre consuls" (été 118).

Une insurrection éclata presque aussitôt en Maurétanie où Lusius Quietus était resté très populaire et il fallut qu'Hadrien y envoit l'un de ses meilleurs généraux, Marcius Turbo pour venir à bout des révoltés.

Ainsi s'acheva comme elle avait commençé, c'est-à-dire dans le sang, la carrière du prince maure Lusius Quietus.

Quietus et sa cavalerie sont immortalisés sur la colonne Trajane à Rome.

Sources: Wikipedia.fr

'Lusius Quiétus cité dans L'Histoire Auguste'


Adrien montra d'abord tant de clémence, que Tatien lui ayant écrit, dès les premiers jours de son règne, pour l'engager à faire mourir le préfet de Rome, Bébius Macer, s'il refusait de le reconnaître, et Labérius Maximus, alors exilé comme suspect d'aspirer au trône, ainsi que Frugi Crassus, il ne prit contre eux aucune mesure rigoureuse. Mais Crassus ayant plus tard quitté l'île où il était exilé, le gouverneur de la province le fit mettre à mort sans les ordres du prince, comme ayant médité une révolution dans l'empire. Adrien doubla la gratification qu'il est d'usage de faire aux soldats, au commencement d'un règne. Il désarma Lusius Quiétus devenu suspect, et il lui retira le commandement des nations mauresques. Il chargea Martius Turbon, qui venait de vaincre les Juifs, d'apaiser les troubles de Maurétanie.

Ensuite il quitta Antioche, et il alla au devant des cendres de Trajan, que portaient Tatien, Plotine et Mattidie. Après les avoir reçues de leurs mains et placées sur le vaisseau qui devait les transporter à Rome, il retourna à Antioche, confia le gouvernement de la Syrie à Catilius Sévère, et revint lui-même à Rome par l'Illyrie.

6. Il demanda pour Trajan les honneurs divins, par des lettres très pressantes au sénat. C'était aller au devant de tous les voeux ; et les sénateurs décrétèrent d'eux-mêmes, en faveur de ce prince, plusieurs distinctions qu'Adrien n'avait pas demandées. Il s'excusa, dans ces lettres, de n'avoir pas attendu leur avis pour prendre en main le pouvoir, sur ce qu'il avait été immédiatement salué empereur par les soldats, qui avaient pensé que la république ne pouvait rester sans chef. Il refusa pour lui-même le triomphe que lui avait décerné le sénat, et qui était dû à Trajan ; mais il fit porter sur un char triomphal l'image de ce grand empereur, ne voulant pas que la mort même lui ravît l'honneur du triomphe.

On lui offrit, dès le commencement de son règne et plus tard encore, le titre de Père de la Patrie ; il différa de le prendre, parce qu'Auguste n'avait cru le mériter que dans sa vieillesse. Il fit remise à l'Italie du coronaire, et il le diminua dans les provinces, sur l'exposé fidèle et pressant qu'on lui lit des embarras du trésor. Ayant ensuite appris les incursions des Sarmates et des Roxolans, il fit prendre les devants à ses armées, et se rendit dans la Mésie. Il donna provisoirement à Martius Turbon, après sa préfecture en Maurétanie, celle de la Pannonie et de la Dacie, avec les insignes de cette nouvelle dignité. Le roi des Roxolans se plaignait qu'on eût diminué sa pension ; Adrien prit connaissance de l'affaire, et fit la paix avec lui.

7. Il eut le bonheur d'échapper à une conspiration qui devait éclater pendant un sacrifice, et que Nigrinus, destiné par Adrien lui-même à être son successeur, avait tramée avec Lusius et beaucoup d'autres mécontents. Palma fut mis à mort à Terracine, Celsus à Baies, Nigrinus à Faventia, Lusius pendant qu'il était en route ; tous par l'ordre du sénat et contre la volonté d'Adrien, comme il le dit lui-même dans ses Mémoires. Voulant détruire au plus tôt la mauvaise opinion qu'on avait conçue de lui, parce qu'il avait permis de faire mourir à la fois quatre consulaires, il se hâta de venir à Rome, après avoir confié à Turbon la Dacie, avec le titre de préfet d'Egypte, afin de lui donner plus d'autorité.