Localisation spatiale des lieux de cultes antiques en Tunisie

- Les sites reconnus antiques
- Tunisie
- Byrsa[16]
- Bou-Kournein[17]
- Chemtou Simitthus[18]
- Ain El-Asker et Satunurca[19]
- Belalis Maior et Henchir el-Fouar[20]
- Bir Tlelsa[21]
- Thuburbo Maius[22]
- Zaghouan[23]
- Zarzis[24]
- Gigthis - Bougrara[25]
- Djerba[26]
- Gabès[27]
- Gafsa[28]
- Acholla[29]
- Gam(m)art(h)[30]
- Ras Salakta
- Ksour Essaf[31]
- Mahdia[32]
- Smirat[33]
- Sidi el-Hani[34]
- Ras Dimass - Thapsus[35]
- Lemta - Leptis Minus[36]
- Monastir - Ruspina[37]
- El-Khenissia[38]
- Sousse – Hadrumète - Hadrumetum[39]
- Gorza - Gurza[40]
- Bir Bou Rekba - Thinissut[41]
- Nabeul (Neapolis)[42]
- Korba (Curubis)[43] : voir Cap Bon
- Menzel Temine[44] : voir Cap Bon
- Kelibia (Clupea)[45]
- Kerkouane[46]
- Ras ed-Drek[47]
- El-Haouaria[48]
- Ras el-Fortass[49]
- Sidi Rais (Carpis)[50]
- Tunis[51]
- Carthage[52]
- Henchir Meded (Mididi)[53]
- Medeina (Althiburos)[54]
- Maktar (Mactaris)[55]
- La Ghorfa[56]
- Sicca Veneria - Le Kef[57]
- Dougga (Thugga)[58]
- El-Amrouni[59]
- El-Djem - Thysdrus[60]
- Beja (Vaga)[61]
- Utique[62]
- Uzalis[63]
- Uzappa[64]
- Ras Zebib[65]
- Theudalis[66]
- Mateur (Matara)[67]
- Tindja[68]
- Bizerte (Hippo Dhyarritus)[69]
- Cap Bon[70]
- Kef el-Blida[71]
- Tabarka (Thabraca)
- Uzit(t)a[72]
- Tusca - Djebel Massoud[73]
- Sidi Ahmed El-Hachémi[74]
- Sidi Ali-Bel-Kassem - Thuburnica[75]
- Sidi Ali el-Mekki – Rusucmona
- Sidi El-Hani[76]
- Sidi Khalifa – Pheradi Maïus[77]
- Ruspina[78]
- Teboursouk-Thubursucu(m)[79]
- Thala[80]
- Thyna[81]
- Ain Rchine[82]
- Ain Tebernok - Tubernuc[83]
- Ain Tounga-Thignica[84]
- Ain Zekkar[85]
- Bechateur - Thisi[86]
- Djebel Djelloud[87]
- Djebel Mansour – Gales - Henchir el-Kharrouba[88]
- Nepheris[89]
- Oudna - Uthina[90]
- Sucubi - Brighita[91]
- Sufes - Sbiba[92]
- Suo - Henchir Merah[93]
- Byzacène – Bussatis - Buzakis[94]
- Cartes de localisation
- Bibliographie

La répartition spatiale des cultes antiques amazighes: La Tunisie

Toujours en se fondant sur les travaux archéologiques de l’Afrique du Nord, nous allons exposer les traces de cette spiritualité en partant de la Tripolitaine jusqu’à Volubilis en passant par la côte nord-africaine. C’est l’examen des stèles funéraires, des amulettes et des ex-voto qui permettra d’esquisser une idée sur la spiritualité des Amazighes aux différentes époques considérées.

Les sites reconnus antiques

Les sites jusqu’à présent fouillés et connus sont disponibles pour chacun des pays d’Afrique du Nord. Il est évident que la densité des sites antiques reflète la densité de pénétration et d’urbanisation de la région considérée. C’est la [[Numidie]] amazighe antique qui a laissé le plus de traces archéologiques et il va de soi que les zones montagneuses de l’Algérie et du Maroc sont restées à l’écart de ces mouvements antiques. Cependant, leur silence archéologique ne signifie pas que les Amazighes ne les ont pas habités. Souvent les montagnes, les fleuves et les plaines portent des noms donnés par des Amazighes, ce qui donne à la toponymie antique son rôle important dans la conservation de la mémoire collective amazighe.

Dans la [[Numidie]] antique, il est possible d’évaluer la spiritualité à la fois citadine et rurale, mais dans le reste de l’Afrique du Nord en dehors des sites archéologiques fouillés, il n’est permis que de faire que des conjectures sans extrapolation excessive.

Les archéologues parlent de divinités indigènes quand il s’agit des divinités amazighes, ce qui est déjà un biais en faveur des divinités de la Cité. Ceci nous a poussé à ne pas employer une sémantique qui risque de ternir notre neutralité en refusant d’employer païen et paganisme élaborés par un christianisme dénigrant le terreau dans lequel il a développé ses racines. L’itinéraire que nous allons emprunter nous conduira de Evhesperides (Benghazi, Libye) jusqu’à Volubulis (Maroc) en passant par la côte méditerranéenne.

Tunisie

La Tunisie offre une grande variété de paysages allant du désert aux montagnes bien arrosées et des plaines fertiles qui ont fait de Carthage le grenier du monde antique. Les auteurs antiques font d’Utique la première fondation tyrienne en Afrique du Nord. La profondeur historique donnée par les auteurs antiques est infirmée par les découvertes archéologiques qui ne permettent pas de remonter au-delà du VIIIe siècle avant J.-C. Hérodote rapporte les rapports entre Carthage et les Libyens appelés « Afri » ou « Maxues » (Hérodote, IV, 191). Les sites archéologiques découverts et explorés sont nombreux en Tunisie. C’est le pays le moins étendu d’Afrique du Nord, mais qui comporte le plus de sites. La présence punique, numide, libyque et romaine est densément représentée en comparaison avec les autres pays. Chaque site sera présenté avec les éléments saillants en rapport avec la spiritualité amazighe.

La présence de Carthage en tant que centre urbain vecteur d’une civilisation se lit grâce à ses influences sur les territoires situés en son voisinage. Les rois numides vont essaimer la culture punique et les influences hellénistiques à travers la [[Numidie]] et le reste de l’Afrique du Nord. La romanisation va s’opérer lentement tout en prenant en charge les éléments puniques que les Amazighes avaient adoptés en guise de résistance à l’hégémonie de Rome.

Byrsa[16]

En grec « Bursa », en latin « Byrsa », c’est le nom d’un quartier de Carthage dont la signification et la portée restent problématiques. Certains chercheurs le considèrent comme un toponyme sémitique « Bosrah » avec métathèse des consonnes et une vocalisation différente, voire même une transcription de la légende « b’rst » (« ba’arsot ») des monnaies siculo-puniques. La seule explication proposée est celle de « Bi’rsa », c’est-à-dire le « Puits de Brebis ». Sans doute l’appellation de la ville de Carthage avant le Ve siècle avant J.-C. était Byrsa et ce n’est qu’après cette date que le nom de « Qarthadast » fut mis en circulation. Le nom phénicien de Byrsa a été celui que la colonie tyrienne avait à sa fondation. Les auteurs classiques antiques distinguaient dans Carthage des quartiers ou des secteurs de l’habitat dont Byrsa occupe le noyau central qui fut l’ultime bastion de défense de la ville en 146 avant J.-C. Un autre quartier à l’habitat moins dense s’appelait Mégara. Il était probablement l’acropole de la cité.

Bou-Kournein[17]

Il s’agit du massif montagneux qui culmine à 550 m la ville de Carthage en Tunisie. Il a révélé une nécropole de plus de 600 stèles dont la plupart sont dédiées à Saturnus Balcarnensis, transcription du phénicien « Baal à deux cornes ». Le site est riche et donne une idée précise sur les rites de l’époque, y compris les scènes de sacrifices et les représentations des dieux, le cadre architectural, les signes et symboles funéraires.

Chemtou Simitthus[18]

En latin « Simitthus », le site de Chemtou se trouve au nord-ouest de la Tunisie. Il fut connu à l’époque romaine grâce à ses carrières de marbre numidique (Pline, Histoire naturelle, V 2) qui était rosé et jaune et il était exporté à partir du port de « Thabraca », aujourd’hui « Tabarqa » (« Tabarka »). C’est Micipsa qui construisit le sanctuaire de haut-lieu peu après l’an 148 avant J.-C. et ce, à la mémoire de son père Massinissa Ier qui fut transformé ensuite par les Romains en temple de Saturne. Les fouilles ont permis de relever un ensemble de 300 petits reliefs rupestres qui montrent notamment des sacrifices et qui furent sculptés au flanc de la montagne sacrée où l’on a également une stèle en marbre de la fin du IIe siècle avant J.-C. portant un signe du Tanit.

La région comportait aussi des monuments funéraires mineurs comme l’indique la bilingue en néopunique et numide du lieudit « Bordj Hellal » (KAI 139), à la sortie de Chemtou et d’où proviennent également des inscriptions unilingues amazighes. Cependant, c’est la découverte de la nécropole numide dès IVe-Ier siècle avant J.-C. sous le forum romain qui a révélé des monuments funéraires de tradition amazighe locale, caractéristique d’une architecture originale.

Elle fut érigée en colonie sous le nom de « Lula Augusta Numidica Simitthus. »

Ain El-Asker et Satunurca[19]

Site de Tunisie sur la rive droite de l’Oued Miliana, au nord-est d’Oudna qui est en latin « Uthina » et en vernaculaire tunisien « Awdana ». Les fouilles ont révélé une dédicace latine à Saturne « dieu ancestral » et « père ».

Belalis Maior et Henchir el-Fouar[20]

Le site se trouve à 8 km au nord-est de Beja en Tunisie. Il s’agit d’une bourgade amazighe qui fut occupée d’une manière ininterrompue depuis le IIIe siècle avant J.-C. jusqu’au Ier siècle de l’Islam. On y a retrouvé un sanctuaire de Saturne qui a livré quelques stèles. Un temple d’Apollon identifié avec Eshmun et un lieu de culte dédié à Jupiter Sabazios.

Bir Tlelsa[21]

Centre rural de Tunisie à 9 km au nord-est d’El-Djem. Le site a livré un autel portant une dédicace néopunique à Baal Addir (KAI 138) ainsi que douze stèles anépigraphiques provenant sans doute de ce même sanctuaire punico-romain.

Thuburbo Maius[22]

Aujourd’hui, « Henchir Kasbat » en Tunisie. Important centre amazighe à 65 km au sud-ouest de Carthage dont l’influence fut importante sur le plan religieux. Si les grandes constructions de l’époque romaine et les riches villas à mosaïques recouvrent la cité des temps puniques dont une inscription votive (RES 885) est jusqu’ici le seul témoin écrit, les deux bilingues latin-néopunique de caractère religieux et les monuments romains eux-mêmes témoignent de la profonde punicisation de la ville. Sa patronne était la Caelestis qu’une dédicace fragmentaire « l’st <rt> » inviterait à identifier Caelestis avec Astarté et l’on vénérait Saturne dans deux temples au moins dont l’un remonte au IIe-Ier siècle avant J.-C. et conserve le plan d’un sanctuaire oriental.

Zaghouan[23]

En latin « Ziqua », il s’agit d’une bourgade de Tunisie au pied du Djebel Zaghouan. Le site a livré une trentaine de stèles votives rudimentaires du Ier siècle avant ou après J.-C. qui témoignent du culte de Baal devenu Saturne. Une des stèles porte une dédicace néopunique (RES 598) et cinq autres stèles une dédicace latine. Le sanctuaire était sans doute constitué par une aire sacrée à ciel ouvert. À ces stèles, les fouilles avaient révélé des tombeaux néopuniques contenant du matériel datable du Ier siècle avant J.-C.

Zarzis[24]

Péninsule toute proche de l’île de Djerba qui a révélé au village de Ziane les vestiges de l’antique Zeitha ou Zita. L’existence d’un TOPHET avec 128 stèles ou fragments de stèles néopuniques en calcaire local qui surmontaient des dépôts de cendres appartenant à des volatiles. Il est certain que les rédacteurs des livres d’histoire officielle pour dénigrer la religion des Amazighes prennent les volatiles sacrifiés pour des divinités adorées.

Gigthis - Bougrara[25]

Bougrara est le nom actuel de la cité Gigthis de l’époque romaine qui avait le statut de municipe. Les inscriptions néopuniques–latines montrent que les Amazighes y avaient bien vécu et étaient impliqués dans la vie municipale. Les tombes à chambres hypogées et à puits d’accès où coexistent deux rites funéraires : inhumation et incinération similaires avec les caveaux de Leptis Minus. La datation ne remonte guère au-delà du IIIe siècle après J.-C. Le caveau no 4 a fourni, à côté d’une amphore à pointe peinte en rouge sur le col des trois lettres TMN, un coffre funéraire en bois dans lequel le mort avait été déposé dans un linceul, accompagné d’une petite coupe en bois contenant du cinabre (sulfure de mercure de couleur rouge). Ce coffre bien conservé grâce à la siccité du sol a la forme d’un bahut avec un couvercle à charnière et monte sur quatre pieds larges et massifs. Gigthis était sans doute le centre de la tribu amazighe des Cinithii (à rapprocher avec Zénète?) qui ont été alliés de Tacfarinas lors de la révolte des Musulames contre les Romains de 17 à 24 après J.-C.

Djerba[26]

Djerba, l’île des Lotophages d’Ératosthène, dépourvue de rivière et d’eau potable tirait son huile à partir de l’oléastre (« zabbuj », olivier sauvage) si l’on croit la prétention de PseudoSkylax. Le site d’Henchir Bourgou dont la première occupation remonte au IVe–IIIe siècle avant J.-C. a livré un mausolée monumental dont l’inscription néopunique retrouvée au XIXe siècle témoigne de l’existence d’un autre mausolée sépulcral édifié par un notable libyque. Des gisements funéraires préromains ont été inventoriés et explorés à Ghizène près de Houmt Souq au nord de l’île et à Souk el-Guebli au sud. Il faut noter la présence de tombes qui ont fait l’objet d’une investigation archéologique à Agga, Mellita et Bordj El-Kantara.

Gabès[27]

En latin « Tacapes », oasis et port au fond de la petite Syrte, qualifiée de « très grand marché » par Strabon. L’archéologie a retrouvé une inscription néopunique et des vases funéraires avec des lettres néopuniques tracées au pinceau.

Gafsa[28]

En latin « Capsa », une grande ville selon Salluste que Jugurtha assujettit et où il y déposa des trésors royaux (Strabon). Marius l’a prise et l’incendia (Salluste). Réédifiée à l’époque impériale, elle devint d’abord municipe et colonie ensuite. Il n’y a aucune preuve convaincante que le site fut occupé auparavant par les Carthaginois bien que les magistrates y avaient porté le titre de suffètes encore sous le règne de Trajan. Les mouvements militaires de Jugurtha rappellent ceux de Kusayla, le héros amazighe opposé à la pénétration arabe. Il se mouvait librement depuis la Tripolitaine jusqu’à la Maurétanie (chez son beau-frère, le roi Bocchus Ier).

Acholla[29]

Ville antique fondée par des Maltais punicisés qui se rallia aux Romains. Ces derniers lui accordèrent le statut de « peuple libre » (Appien : Guerre de Libye, 95). On y a découvert un sanctuaire punique, probablement un « tophet » avec des stèles ornées du signe de Tanit et des récipients contenant des ossements.

Gam(m)art(h)[30]

Station balnéaire à 10 km au nord de Carthage qui devait faire partie de la Mégara, zone suburbaine de la Carthage punique où l’habitat était semi-urbain. La découverte à Gammarth d’une villa donne une idée assez précise de l’habitat rural punique, soigné et bien aménagé. Quant à la nécropole de l’époque romaine, certains auteurs pensent qu’elle était réservée à la communauté juive.

Ras Salakta

En latin « Sullect(h)um », nom d’un site qui a révélé des tombeaux mégalithiques de tradition amazighe et des tombes puniques du IIIe et IIe siècle avant J.-C. à puits ou hypogée. La pratique libyque du rouge funéraire sur les squelettes inhumés y a été observée.

Ksour Essaf[31]

Localité à 12 km au sud-ouest de Mahdia. Un caveau isolé à puits fut découvert en 1910. Il contenait une cuirasse ouvrée en bronze d’importation italienne datable à 300 avant J.-C. Le mort avait été inhumé dans un coffre-sarcophage en bois de cyprès qui avait, comme les ossements, des traces rouges funéraires. Ce coffre est similaire à celui de Gigthis aux dimensions suivantes : hauteur 0,84m ; X 1,80m ; X 0,68 m.

Mahdia[32]

La ville fondée par les Fatimides, mais un de ses quartiers garde le nom de Gemma qui est sans doute l’ancien toponyme. Une vaste nécropole sur 5 km en arrière du ravage a été fouillée. Elle est d’une époque punique tardive. Les tombes à hypogée comportent en général un escalier d’accès et une chambre funéraire de forme quadrangulaire, munie souvent de banquettes. L’inhumation et l’incinération y étaient pratiquées de même que l’usage du rouge funéraire libyque.

Smirat[33]

Site punique de Tunisie située à 20 km de la côte à la hauteur de Ksour Essaf. On y a retrouvé des tombes à chambres hypogées dont l’accès se fait à l’aide de puits. L’usage du fard rouge funéraire est constant. Des linceuls épais tissés de laine ou nattes de vannerie, sarcophages sur le modèle du Sahel similaire à ceux de Gigthis, offrandes alimentaires dans des bols en bois ou poterie modelée, fermes avec des bouchons en argile ont été relevés. Un des bols portait une figure en pointe sèche ainsi qu’une inscription en dix signes puniques encore non déchiffrées remontant au IIIe-IIe siècle avant J.-C.

Sidi el-Hani[34]

Village de Tunisie situé à 30 km à l’est de Kairouan. Un temple fut découvert avec du matériel punique et néopunique, en particulier des « cuvettes cimentées » renfermant des ossements mélangés avec du bois calciné, des fragments de stèles et de poteries, des lampes et de la monnaie. Les lampes récemment découvertes sont romaines et remontent au Ier siècle après J.-C. ainsi que la monnaie de Nerva.

Ras Dimass - Thapsus[35]

En punique « Tpsr », en grec « Thapsos » et en latin « Thapsus ». Le site de Thapsus est localisé à la pointe de Ras Dimass où César remporta une victoire définitive en 46 avant J.-C. sur le parti pompéien et sur Juba Ier, roi de [[Numidie]]. Une vaste nécropole s’étendant sur 2 km en arrière de Thapsus. Il s’agit pour l’essentiel de tombes à chambres funéraires creusées dans les dunes de sable consolidé, accessibles par un puits. Le même type révélé à Gigthis avec usage du fard funéraire rouge et coffres-sarcophages ainsi qu’une sorte de catafalque en bois monté sur quatre pieds.

Lemta - Leptis Minus[36]

Ville de Tunisie, Lamta (en grec « Leptis Mikra ») est située dans la Petite Syrte à 35 km au sud-est d’Hadrumète. Une nécropole punique et romaine a révélé des caveaux puniques tantôt précédés d’un puits, tantôt groupés autour d’une antichambre. Le mobilier funéraire comporte des lampes à signature en lettres néopuniques et une figure de terre cuite portent au dos le signe de Tanit.

Monastir - Ruspina[37]

En latin « Ruspina », en grec « Rouspinon » et en punique « R’S-PN(t) » voulant dire « Cap D’Angle ». Il s’agit d’un vaste promontoire de Tunisie qui limite au sud le Golfe de Hammamet et dont l’extrémité est occupée par la ville de Monastir. La prospection archéologique a révélé l’habitat datant du IVe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C. couvrant une surface de 8 ha. L’époque punique est documentée par les « houanet » des quatre îlots proches de l’extrémité du cap, notamment l’îlot de la Quarantaine (El-Oustania).

El-Khenissia[38]

Site d’un sanctuaire punique et néopunique d’une localité dont le nom antique est inconnu à 6 km au sud d’Hadrumète. Un sanctuaire important remontant au IIIe siècle avant J.-C. comprend une inscription votive au seigneur « Tanit-pn-Baal ». De la monnaie de Micipsa confirme l’usage durant la période préromaine.

Sousse – Hadrumète - Hadrumetum[39]

En grec « Adrumes/Adrumetos », en latin « Hadrumetum », en arabe « Susa(Sousse) », Hadrumète est située à 150 km au sud-est de Carthage et constitue un grand centre urbain du Sahel. On ignore la forme libyque ou phénicienne de ce toponyme. Sous l’empire, elle devint une importante place de commerce et ses monnaies de l’époque augustéenne, notamment l’effigie de Baal Hamon, montrent que ses privilèges de cité libre ont été conservés ou restaurés après les guerres civiles. Elle fut promue sous Trajan au rang de colonie et devint capitale de la nouvelle province Byzacène. Un Tophet a été découvert sous l’Église construite au XIXe siècle. Les fouilles ont permis de relever que les dépôts d’urnes ont été faits à partir du VIIe au Ier siècle avant J.-C. Les stèles portent la représentation de Baal Hamon sur un trône flanqué de deux sphinx ailés qui est la figuration la plus sure de ce dieu. Le signe de Tanit et d’autres dédicaces à Baal Hamon, des bijoux et d’autres ustensiles funéraires ont été retrouvés.

Gorza - Gurza[40]

En grec « Gorza », ville située apparemment dans la région d’Utique et mentionnée par Polybe en rapport avec la guerre des Mercenaires libyens en 240 avant J.-C. En latin « Gurza », aujourd’hui « Qal’a kabira » à 12 km au nord-ouest de Sousse, localisation conformée par la ??? d’hospitalité de l’an 12 avant J.-C que l’on a découverte sur le site et qui mentionne les Gurzenses (CILVIII, 69). Les tombes du lieu-dit « Bal el-médina » datables entre le IIIe et le I er siècle avant J.-C. consistent en hypogées accessibles par puits peu profonds dans lesquels sont attestées des inhumations multiples ainsi que l’incinération.

Bir Bou Rekba - Thinissut[41]

En punique « TNMST », en latin « Thinissut » et aujourd’hui « Bir Bou Rekba ». Bourg situé près de Siagu à 5 km au nord-ouest de Hammamet. Il a livré un édifice cultuel daté de l’époque impériale romaine pouvant être constituée comme un ensemble des plus représentatifs de la religion punique. Les dédicaces sont faites à Baal et à Tanit-pn-Baal, des statues de Baal Hamon représentées en dieu barbu assis sur un trône à accoudoirs en forme de sphinx, coiffé d’une tiare de végétaux ou de plume. Tanit elle-même est figurée assise tout comme d’autres divinités féminines. Une déesse léontocéphale, le Genius Terrae Africae dont la représentation s’inspire de la déesse égyptienne Sekhmet. La décoration des stèles se limite à un disque radié et à une palme ou bien au signe de Tanit et au croissant. Ce sanctuaire consacré aux dieux de Carthage associés aux divinités orientales et grecques moyennant certaines adaptations locales montre que les adaptations des traditions religieuses en milieu rural amazighe au Ier siècle après J.-C. étaient vivantes.

Nabeul (Neapolis)[42]

En grec « Nea Polis », en latin « Neapolis », ville sur la côte est de Cap Bon. Le nom grec provient de la traduction du nom punique « QART HADAST » ou « MAQOM HADAS ». Après Carthage, c’est la seconde ville d’Afrique du Nord la plus anciennement mentionnée par Thucydide. Les fouilles ont révélé surtout une grande maison romaine africaine décorée de riches mosaïques ainsi qu’un complexe artisanal de fabrication de salaisons et de garum.

Korba (Curubis)[43] : voir Cap Bon

Menzel Temine[44] : voir Cap Bon

Kelibia (Clupea)[45]

En grec « Aspis » (« bouclier »), en latin « Clupea » et actuellement « Qlibia », cité fortifiée du Cap Bon. La nécropole de Clupea à el-Mansourah remonte à 300 avant J.-C. on y retrouve deux lampes à tête humaine et diverses poteries.

Kerkouane[46]

En arabe, « Kaïrawan » ; c’est un toponyme admis d’un site punique de Tunisie sur la façade maritime du nord–est du Cap Bon au lieudit Dar Es-Safi ou Tamzerat.

Les fouilles ont révélé une occupation datant du VIe siècle avant J.-C. Deux grandes nécropoles se rattachent à la cité de Kerkouane ont livré des tombes à chambres avec escalier d’accès et des tombes à fosses simples. Les caveaux excavés dans le roc d’Arg el-Ghazouani et du Djebel Mlezza ont livré un abondant matériel daté entre le IVe et le IIIe siècle avant J.-C. La décoration pariétale de plusieurs tombes de Djebel Mlezza, notamment ses peintures, est justement célébrée et la fouille d’un caveau d’Arg el-Ghazouani a mis au jour un couvercle de sarcophage en bois sculpté représentant une femme vêtue d’une tunique et coiffée d’une tiare ou d’un polos.

Les épitaphes puniques de la même nécropole révèlent des noms libyques punicisés. Cela donne une preuve archéologique que la ville était peuplée d’Amazighes punicisés pratiquant une religion populaire de l’époque. La fouille de la nécropole de la plage contemporaine de celle d’Arg el-Ghazouani a permis la mise à jour de sépultures de jeunes enfants ou de nouveau-nés, ensevelis dans des amphores qui contenaient les restes d’un ou de deux petits squelettes, parfois calcinés, accompagnés souvent de menues offrandes. Rien ne permet aujourd’hui de supposer au sujet de l’existence d’un Tophet dans cet endroit précis.

Ras ed-Drek[47]

C’est le « Cap de l’Épouvante », un promontoire qui se termine au sud-est de l’extrémité du Cap Bon en Tunisie et dont la partie la plus élevée porte un fortin divisé en deux corps de bâtiment et pourvu de cinq citernes. Ce fortin pouvait abriter une garnison d’une vingtaine d’hommes et dont la situation permettait des liaisons optiques avec la forteresse de Kelibia. L’édifice a été en usage du Ve siècle avant J.-C. jusqu’à la chute de Carthage. Aucune nécropole n’a été révélée et seul le rôle stratégique de ce fortin a été à l’origine de son occupation.

El-Haouaria[48]

Village situé presque à la pointe du Cap Bon en Tunisie à 2 km au sud-est du Gar al-kabir, la « grande carrière », le site principal des « latomies » aux abords desquelles Agathocle débarqua en 310 avant J.-C. (Diodore XX 6,3). La falaise de grès a été exploitée dans l’Antiquité jusqu’à Missua. Formant aujourd’hui une succession de vastes cavernes, ces carrières furent mises en valeur dès les premiers temps de l’occupation carthaginoise. Les blocs extraits furent acheminés par navire jusqu’à Carthage pour les besoins de la ville, y compris ceux des nécropoles (tombes) du milieu du VIIe siècle avant J.-C. C’est de cette carrière que provenait l’essentiel du matériau pour la construction des murailles de Carthage. Non loin de ces carrières, l’archéologie a révélé l’existence d’une nécropole datable du IIIe siècle avant J.-C. aux lieux-dits Al-bania et Sidi Abdeslam. Mais il est difficile de mettre cette vaste nécropole en rapport avec une cité ou une agglomération encore non localisée. Les deux tombes qui ont été explorés révèlent la même structure tripartite des tombes du Cap Bon avec un escalier, un couloir et une chambre funéraire pourvue de deux ou trois auges ainsi que de banquettes.

Ras el-Fortass[49]

Il s’agit d’une forteresse du Cap Bon édifiée sur un cap surplombant de 100m le Golfe de Tunis. Cette forteresse fut bâtie sur un habitat amazighe préexistant dont elle a réemployé une partie des structures. Elle barre l’accès à l’extrémité du cap au moyen de deux courtines défensives dont les murs dépassent respectivement 3 et 4m d’épaisseur et qui comportent des tours de flanquement. L’ensemble fait un trapèze de 250m de large et 300m de long. Selon les techniques d’élévation des murs, la datation remonte au Ve siècle avant J.-C. La forteresse fut reconstruite à l’époque romaine et utilisée à l’époque islamique. La grande nécropole située au sud-est du Cap et comptant une vingtaine de tumulus devait dépendre de l’habitat amazighe antérieur à la forteresse punique.

Sidi Rais (Carpis)[50]

La Carpis romaine est l’actuel toponyme « Mraissa » en Tunisie et se trouve à la base du Cap Bon sur la côte occidentale du Golfe de Tunis. Elle fait face à Carthage, distante de 22 km et devait correspondre à un bourg punique auquel une colonie romaine se juxtaposa dès le temps de César ou d’Octave Auguste. Des vestiges puniques ont apparu près du marabout Sidi Rais où l’on a mis à jour trois hypogées accessibles par un puits muni d’escaliers. Ils renfermaient des corps inhumés et un mobilier funéraire constitué de céramique de tradition punique à vernis noir datable du IVe au IIIe siècle avant J.-C. Par ailleurs, à côté de Karoubia, à proximité de cette nécropole, on a découvert deux têtes de statuettes en terre cuite dont l’une féminine pourrait figurer Tanit. Cette découverte témoigne peut-être de l’existence d’un sanctuaire rural, semblable à celui de Thinisut.

Tunis[51]

En grec et latin « Tunes » ; aujourd’hui, Tunis situé à 15 km au sud-ouest de Carthage. Elle fut mentionnée dès la fin du IVe siècle en relation avec la révolte des mercenaires amazighes qui s’emparèrent de la ville (Diodore XIV 77, 3). Elle tomba entre les mains d’Agathocle (Diodore XX, 17, 1-2 ; 18-2 ; 33-8 ; 60-1 ; 61-1) ; puis, lors de la première guerre punique, elle fut prise par Regulus (Pol. I 30, 15) et devint plus tard la base des mercenaires en révolte. En 203, elle fut occupée par Scipion l’Africain. Des vestiges puniques ont été découverts à Belvédère, en particulier deux trésors avec monnaies de Cyrénaïque datables de la fin du IVe siècle avant J.-C. et attestant la présence de troupes d’Ophellas aux côtés de l’armée d’Agathocle en 308 avant J.-C. À l’ouest de la ville, on a découvert une tombe monumentale à chambres funéraires, bâtie en grand appareil et à puits d’accès qui contenait un mobilier du IIIe siècle avant J.-C. La dimension des dalles est remarquable, notamment celle de la première assise mesurant 2,30m sur 1,13 m avec 0,31 m d’épaisseur.

Carthage[52]

Les sépultures les plus anciennes retrouvées à Carthage font remonter la fondation de la ville à 730-725 avant J.-C. Le travail d’une équipe américaine au niveau du Tophet de Carthage a permis de distinguer trois grandes périodes d’utilisation appelées :

  • Tanit I allant de 730 à 600 avant J.-C.
  • Tanit II allant de 600 à 300 avant J.-C.
  • Tanit III allant de 300 à 146 avant J.-C.

L’enceinte du Tophet fut désacralisée par les Romains qui ont transporté dans d’autres quartiers de la ville un grand nombre de stèles de niveau supérieur punique. La tradition du lieu saint ne fut pas oubliée ; au contraire, un sanctuaire de Saturne fut élevé à l’endroit même du Tophet sans pour autant occuper toute la superficie.

Parmi les plus belles découvertes faites dans les nécropoles de Carthage, il faut citer quatre magnifiques sarcophages et deux ossuaires à « statue », des masques grimaçants et des protomes, masculins ou féminins, des poteries grecques de Corinthe et de la Grande Grèce, des lampes, des aiguières en bronze, des ivoires et des os avec des gravures ou des sculptures de qualité, des verreries, des entailles, des scarabées, des sceaux, des bagues et un grand nombre de stèles funéraires.

Henchir Meded (Mididi)[53]

En punique « (h)M(y)dd », en latin « Mididi » correspond à l’actuel toponyme Hansir Meded, vieux centre numide de Tunisie au sud-ouest de Maktar où les influences puniques ont précédé la romanisation. Le site a livré 25 inscriptions néopuniques probablement du premier siècle avant J.-C., les urnes funéraires, les autres votives et dédiées à Baal Hamon auquel on subrogea Saturne vers le IIe siècle après J.-C.

Medeina (Althiburos)[54]

En punique « ’ltbrs », antique cité de Tunisie localisée d’une manière certaine à Medeina, sur le haut plateau de Ksour, à 37 km au sud-est de Kef et à 35 km à l’ouest de Maktar. La cité se trouvait donc au-delà de la fossa regia, mais ce secteur limitrophe du pays numide subissait à l’époque punique une forte influence, notamment religieuse de Carthage. Sa richesse agricole et sa situation sur la route de Carthage à Tébessa ont dû favoriser les contacts et les échanges. On ne connaît que peu de choses avant le IIe siècle avant J.-C., mais l’existence d’un Tophet et de la pratique du « molk » et d’un culte de Baal Hamon auquel Tanit ne semble pas associée. Un texte néopunique fait connaître l’existence à Althiburos comme à Maktar d’une association « mizreh » et de trois suffètes (KAI 159). Althiburos devint municipe sous Hadrien.

Maktar (Mactaris)[55]

En néopunique « (h)Mkt ’rm », en latin « Mactaris » ou « civitas Mactaritana/Mactaritanorum », ville antique de Tunisie à population numide punicisée, située sur le plateau à 950m d’altitude dans la montagne du haut Tell, à 150km au sud–ouest de Carthage.

Les vestiges de la civilisation carthaginoise sont abondants et importants bien qu’aucun d’eux ne remonte à l’époque où Carthage fut indépendante. Cela prouve que, une fois Carthage détruite, les Amazighes avaient adopté la civilisation punique pour résister à l’occupation romaine.

On y a retrouvé plus de 200 inscriptions néopuniques dans le soubassement de l’arc de triomphe romain de Bab el-Ain. Un Tophet et une nécropole voisine a livré des stèles votives et funéraires dont les plus anciennes datent du premier siècle après J.-C. et Baal Hamon est le seul nommé sans mentionner Tanit. Le culte de Saturne lui a succédé est, en fait, mal connu (CIL VIII, 23403). Le plus ancien monument remonte au premier siècle avant J.-C. et consiste en un autel en grands blocs analogues à ceux des dolmens de la région et centré d’un sanctuaire de Hoter Miskar dont les dédicaces néopuniques du premier siècle après J.-C. font connaître un collège religieux appelé « mizreb ». Des inscriptions latines mentionnant le culte d’Apollon deus patrius (CIL VIII, 619) qui cachent en fait le dieu punique Eshmun. Un autre temple dédié à Liber Pater (« Shadrapha ») qui domine une place publique remontant à l’époque numide tout comme l’enceinte mégalithique. Maktar fut administrée par trois suffètes (KAI 146) qui furent remplacés au début du IIe siècle après J.-C. par des Triumvirs (CIL VIII, 630=11827).

La Ghorfa[56]

La Ghorfa est un village du Haut Tell, connu pour ses ex-voto à Baal Hamon. Ce sont des stèles à fronton triangulaire de 1,75 m de haut environ sculptées en très bas relief. Le dédicant occupe le centre debout de face. Les hommes portent le pallium ou la toge, les femmes une robe à ceinture basse. Le registre supérieur est réservé au monde surnaturel. Au sommet brille un soleil à face humaine, parfois barbu ceint d’une couronne d’éternité ou de serpents. Une stèle figure Zeus avec son foudre avec deux fois les Dioscures l’encadrent. La lune figure au-dessous, puis un signe du Tanit anthropomorphisé qui verse le contenu d’une corne d’abondance ou Hermès tandis que le Liber Pater couronné de feuillage et tenant parfois le thyrse. Éros et Venus sont reconnaissables à leur nudité se dressent de part et d’autre du fronton de la chapelle. À l’étage inférieur, on voit les Atlantes soutenir cette chapelle, un génie serrant des serpents, Hercule et le Lion de Némée, où un bovidé conduit à l’autel sans doute pour être sacrifié. Les dédicaces sont rares et brèves écrites en latin. Ces stèles s’échelonnent entre le Ie siècle après J.-C. et le début du IIe siècle.

Sicca Veneria - Le Kef[57]

En grec « Sikka », en latin « Sicca Veneria », aujourd’hui « Le Kef » ou « El Kef », ville du nord-ouest de Tunisie à 170km au nord-ouest de Carthage dont elle dépendait au IIIe siècle avant J.-C. En 241, avant J.-C., elle reçoit les mercenaires de retour de Sicile en attente de leur solde (Polype I, 66-67). Devenue numide sans doute à la suite du traité de 201, elle est le lieu d’une escarmouche entre Jugurtha et Marius (Salluste : Jugurtha, 56). Les vestiges les plus anciens remontent à la période numide : tombes contenant des céramiques de tradition punique. Deux inscriptions libyques et des éléments d’architecture. La ville devait sa renommée à un sanctuaire où se pratiquait la « prostitution sacrée ». Érigée en colonie par Octave, sans doute avant 27 avant J.-C., elle est la patrie du rhéteur Arnobe (IIIe-IVe siècle après J.-C.).

Dougga (Thugga)[58]

En punico-libyque « Tbgg », en latin « Thugga », en grec « Tokai » (Diodore XX 57, 4) et en néopunique « Tbg’g ’ ». Diodore la décrit comme une grande ville fortement punicisée, faisant partie du Royaume de [[Numidie]] d’au moins de l’an 146 avant J.-C. jusqu’à l’an 46 avant J.-C. avant qu’elle ne subisse la romanisation. Elle fut divisée en deux entités politiques faisant partie de la « partica » de Carthage, le « pagus » des citoyens romains et la « civitas » amazighe gouvernée par des suffètes et dotée d’une assemblée se réunissant près des « portes », qui est une institution mentionnée encore en l’an 48 après J.-C. (CIL VIII, 16517). La cité double fusionna en l’an 205 après J.-C. quand elle devint municipe et elle reçut sans doute le statut de colonie entre 253 et 260 après J.-C.

L’archéologie a révélé la grandeur des monuments imposants de l’époque romaine ainsi que de nombreux vestiges qui leur sont antérieurs datant de l’époque punico-libyque. Il est à noter les nécropoles mégalithiques amazighes et une enceinte de gros blocs flanquée de tours rectangulaires. L’archéologie a aussi révélé un temple de Saturne bâti sur un temple de Baal Hamon et des dépôts cultuels associés à des stèles néopuniques relevant d’une tradition carthaginoise.

Il faut aussi noter la découverte d’une inscription libyco-punique d’une importance capitale mentionnant la dédicace d’un temple au divin Massinissa en l’an 139. Le Roi Massinissa Ier était divinisé et a eu son temple dans la cité (KAI 101). Dougga a révélé le célèbre mausolée hellénistique érigé par le maître d’œuvre numide Atban (KAI 100) de la même époque. Ce mausolée hellénistique permet d’affirmer que les travaux de génie civil étaient réalisés par les Amazighes eux-mêmes.

El-Amrouni[59]

Il s’agit d’un mausolée découvert en 1894 à l’extrême sud de la Tunisie à mi-chemin entre Tataouine et Remada. Il portait une inscription bilingue en latin et en néopunique qui assimile les « Rephaim » aux dieux Manès.

El-Djem - Thysdrus[60]

En latin « Thysdrus /Thisdra » ; c’est le nom d’une ville de Byzacène (Tunisie) renommée pour son amphithéâtre et ses mosaïques de l’époque romaine. Ce site n’a livré qu’une inscription néopunique (RES 941).

Beja (Vaga)[61]

En latin « Vaga » et en arabe « Baga », ville de Tunisie au centre des « Grandes Plaines » (magni campi) du bassin moyen de la Medjerda (Bagrada). Elle entre dans l’histoire lors de la seconde guerre punique quand elle figure parmi les cités qui ont envoyé des soldats à Hannibal (Silius Italicus : La guerre punique III, 259). La situation de la ville à 105km à l’ouest de Carthage faisait d’elle une cité appartenant au domaine de Carthage. Cette dernière ne pouvait pas contrôler les « Grandes Plaines » sans contrôler la ville de Vaga. C’était aux dires de Salluste une « cité grande et prospère » (Salluste : Jugurtha 69, 3). Après la chute de Carthage, la ville de Vaga n’appartenait plus au territoire punique car, comme le signale Salluste, Vaga était à l’extérieur des limites de l’Africa Vetus (Salluste : Jugurtha 29, 4 ; 47, 1 ; 66, 2). Massinissa Ier a dû s’en emparer de facto à la fin du IIe siècle avant J.-C. et c’est pour cela qu’elle devint une place forte de Jugurtha et, en même temps, un des plus grands marchés du royaume numide avec des marchands italiques qui s’y étaient installés et y résidaient (Salluste : Jugurtha 47, 1). La ville fut pillée et dévastée par Metellus après que Jugurtha y eut massacré une garnison romaine en 109 avant J.-C. (Salluste : Jugurtha 66, 69).

La permanence urbaine de la ville de Vaga jusqu’à aujourd’hui ne fut pas propice à la découverte des inscriptions et des vestiges du passé antique. Cependant, le peu d’inscriptions mises à jour permet de donner une idée sur la cité. Ainsi, une inscription datée de l’an 197 après J.-C. fait allusion à la réfection d’un temple de Cerérès (CIL VIII, 14394), c’est-à-dire Déméter et Korè. Une autre découverte à Vaga a permis la mise à jour du fameux bas-relief aux sept divinités amazighes : Macurtam, Iunam, Macurgum, Matilam, Banchor, Vihinam et Varsissima. Ce bas-relief du IIIe siècle après J.-C. donne la profondeur historique de la spiritualité amazighe, notamment l’usage du cardinal 7 pour définir un groupe de divinités protectrices qu’il faut rapprocher avec les 7 saints des Regraga, amazighes Masmoda du Maroc, les 7 rijal de Marrakech et les 7 rijal des Branès du Rif. Une nécropole de Vaga a été fouillée au XIXe siècle dans le faubourg nord de la ville et a permis la mise à jour de tombes à puits, de la céramique tournée amazighe ainsi que des matériaux d’importation autorisant une datation au IIe et Ie siècle avant J.-C. Les environs de Vaga ont livré aussi des stèles funéraires dédiées à Saturne et certaines portent des épitaphes en néopunique (NP 13), du premier siècle après J.-C., ce qui témoigne de la persistance de l’influence punique en milieu amazighe.

Utique[62]

En grec « ituke », en latin « Utica/Utika », ville antique de Tunisie située à 33km au nord-ouest de Tunis, près d’Henchir Bouchateur. Il fut jadis un grand port. Aujourd’hui, il est situé à l’intérieur des terres. Selon la tradition littéraire classique antique, la ville d’Utique a été fondée par les Tyriens en l’an 1101 avant J.-C., c’est-à-dire c’était la première fondation tyrienne avant Carthage (Pline : Histoire Naturelle XVI, 216 ; Silius Italicus III, 241). D’après Strabon, elle fut la plus importante cité phénicienne de Libye (Strabon XVII 3, 13) jouissant d’une situation privilégiée par rapport aux autres villes (Polybe III 24, 2 ; VII 9, 5). D’après Diodore (XX, 54), Utique fut conquise par Agathocle en 308 avant J.-C. Utique resta alliée fidèle à Carthage durant la seconde guerre punique grâce à ses remparts qui résistèrent aux assauts de Scipion l’Africain (Tite Live XXX 10, 3).

En l’an 149 avant J.-C., elle se rendit à Rome, devenant ainsi en l’an 146 une « cité libre » et capitale de la province romaine, place d’armes et siège du gouvernement. Elle était dirigée par des suffètes à côté d’un « sénat ». En l’an 36 avant J.-C., Octave donna la citoyenneté romaine aux habitants d’Utique, mais la renaissance de Carthage qui, malgré sa destruction aux mains de Rome, priva Utique de la primauté parmi les villes africaines. Les Amazighes avaient gardé des liens de fidélité et de constance avec une ville qui faisait partie de leurs mythes, de leur spiritualité et de leur mémoire collective. Utique obtint le titre de Colonia Lula Aelia Hadriana Augusta Utika (CIL VIII, 1181) afin de contrecarrer l’émergence de Carthage, mais cela ne changea en rien la montée de la renommée de Carthage.

Les fouilles n’ont livré jusqu’à présent aucun témoignage archéologique antérieur au VIIIe siècle avant J.-C., ni aucun des monuments de la ville phénico-punicienne mentionnés par les sources littéraires (Pline : Histoire Naturelle XVI, 40). Au premier siècle après J.-C., l’archéologie a révélé la pratique du sacrifice du « molk » grâce à la découverte d’une stèle votive et une jarre à offrandes contenant les cendres d’un enfant incinéré. Le culte de Baal Hamon continué par celui de Saturne est illustré par une bague trouvée dans une tombe datée du Ve siècle avant J.-C. et par une statuette de terre cuite qui représentait Baal assis sur un trône aux sphinx. La nécropole a permis de documenter la présence phénico-punique, notamment les tombes désignées 2BC.

Uzalis[63]

Ville punique de Tunisie, probablement à l’emplacement de l’actuel village d’El-Alia, à 19km au sud–est de Bizerte et à 13km au nord-ouest d’Utique. Il existe une autre ville homonyme d’Uzalis au nom d’Usali Sar, mais située à 40km au sud. Cette ville Uzalis fut une des 7 cités qui avaient abandonné Carthage lors de la troisième guerre punique. Ainsi, Rome lui accorda le statut de « ville libre » en l’an 146 avant J.-C. comme en témoigne la Loi agraire de l’an 111 avant J.-C. et puis lui octroya le droit latin (Pline : Histoire naturelle V, 29).

Uzappa[64]

Bourg numide de Tunisie, situé à 20km au nord-est de Maktar au lieudit Ksour abd-el-Malek. Ce site rural a révélé 5 inscriptions néopuniques d’époque romaine qui témoignent de la profonde punicisation de la région. Cela est corroboré par saint Augustin à son époque qui recommanda aux évangélistes de sa paroisse d’apprendre le néopunique pour prêcher en milieu rural.

Ras Zebib[65]

Il s’agit d’un site promontoire sur la côte nord de la Tunisie entre Bizerte et Ras Sidi Ali el-Mekki. L’archéologie a révélé des vestiges d’habitat punique et des fours de potiers ainsi que des monnaies et de la céramique remontant au IIIe et IIe siècle avant J.-C. Une nécropole a été découverte dans le vallon qui sépare le Djebel Bou Choucha et le Djebel Touchela. Sur Djebel Touchela, on a relevé une importante forteresse punique dont la prospection n’a concerné que les 500m d’une muraille en bel appareil de gros blocs de grès adoptant un tracé à redans et bastions carrés

Theudalis[66]

Il s’agit de l’une des 7 villes qui avaient abandonné Carthage lors de la troisième guerre punique et qui furent récompensées par Rome d’après la Lex Agraria Thoria (CIL 1/2 585=200, 79) de l’an 111 avant J.-C. (Ciseron, Brutus, 36). Rome leur accorda l’autonomie administrative et leur attribua des portions du territoire domanial. Mentionnée par Pline (Histoire naturelle V, 23), Theudalis serait située en arrière du lac de Bizerte.

Mateur (Matara)[67]

En latin « Mata/era » ou « Oppidium Matarense », ville de Tunisie située à 40km à l’ouest d’Utique. C’est une ville bâtie sur une hauteur dominant l’oued Djoumine, à l’orée d’une plaine riche en céréales et bordée de marais, ce qui lui confère une situation stratégique. L’archéologie a révélé une tombe punique à hypogée datée du IIIe siècle avant J.-C., un tombeau à puits et à chambres creusé dans le roc et contenant du mobilier céramique importé à vernis noir (kylix, « lampe rhodienne »), datable des IVe-IIIe siècle avant J.-C. ainsi qu’un lot de céramique punique tardive et plusieurs poteries modelées. Un fragment de dédicace à Tanit et à Baal Hamon anciennement découvert suggère l’existence d’un sanctuaire qui reste à découvrir à Mateur.

Tindja[68]

En latin « Thimida », en arabe « Tinga », le site de Tindja se trouve au sud-ouest de Bizerte en Tunisie sur la rive droite de l’oued Tindja et sur la plage du lac Ichkeul où l’archéologie a reconnu un établissement préromain en 1918 (F. Icard). Le matériel découvert comprenait de la céramique punique à chrome et à vernis noir, des clous, des pointes de flèches et ex-voto en plomb marqués du signe de Tanit. Des fouilles menées en 1986 ont permis une datation de l’occupation du site allant du IVe siècle au milieu du IIe siècle avant J.-C. Le site semble être un centre de production métallurgique. Il n’a pas survécu à la chute de Carthage. Tout prêt s’était développé une cité du nom de Thimida et a prospéré à l’époque romaine en réemployant sans doute les fondeurs et les artisans du centre détruit. Une nécropole s’est étendue jusqu’aux abords de l’ancien centre punique.

Bizerte (Hippo Dhyarritus)[69]

En grec « Hippou Akra/Hippa-kritai/Hippagreta », en latin « Hippo Dhyarritus » et en arabe « Banzart/d », ville de Tunisie à 65km au nord-ouest de Carthage. L’établissement antique se trouvait entre la mer et un lac dont l’émissaire le traversait, ce qui lui a valu le nom latinisé d’Hippo Dhyarritus, c’est-à-dire « Hippo traversé par les flots », le nom porté par la colonie romaine fondée aux premiers temps de l’empire.

En l’an 308 avant J.-C., Agathocle s’empara du site, en vit l’importance et entreprit d’en faire une place forte et un port militaire (Diodore XX 55, 3). Lors de la guerre des mercenaires, les remparts continrent les révoltes commandées par l’amazighe Matho (Mattan). Ces mêmes remparts repoussèrent Scipion l’Africain en 203 avant J.-C. Cependant, aujourd’hui rien ne subsiste de ces remparts ainsi que du reste de l’agglomération antique. Les environs de Bizerte ont livré des trésors souvent enfouis avant la chute de Carthage. Près de Menzel-Bourguiba, une nécropole punique du IIIe-IIe siècle avant J.-C. avait été découverte où dominent des ensevelissements sous jarre. Une autre nécropole fut découverte à 6km à l’ouest de Bizerte au lieu dit Henchir Béni Nafa avec des chambres hypogées voûtées, accessibles par des puits sans escaliers. Trois rites funéraires ont été observés dans ces caveaux à sépultures multiples. Des ensevelissements en connexion anatomique, des incinérations et des dépôts d’ossements sans connexion qui ont fait penser à un rituel de décharnement préalable. Le mobilier funéraire datable du IIIe-IIe siècle avant J.-C. comprend des proportions notables de poteries modelées, caractéristiques des faciès amazighes ou d’un peuplement libyco-punique.

Cap Bon[70]

Vaste promontoire du nord-est de la Tunisie fermant à l’est du Golfe de Tunis. Tendu comme un doigt vers la Sicile distante à 140km, il se prolonge vers le nord-est de la chaîne dorsale tunisienne s’étirant sur 70 km de plateaux. Les Génois avaient nommé le toponyme de Capo Bono au XIIIe siècle. Le Cap Bon se termine au nord par Ras Addar qui, en grec, fut nommé « Hermaia Akra » (cap d’Hermès) et en latin « Mercurii Promontorium » (cap de Mercure) et au nord-ouest par Ras el-Ahmar, d’où l’on aperçoit, à 12km, l’île de Zembra, l’« Aigim(o)rus » des Grecs et l’« Aegimurus » des Romains.

Les gisements funéraires du Cap Bon se situent dans les environs de Menzel Temine (ou Temime), Sidi Djemail ed-Din et Sidi Salem. Les caveaux identifies comportent un escalier d’accès, le dromos et une chambre funéraire décorée à l’ocre rouge, et certains d’entre eux devaient être pourvus d’une superstructure. Leur architecture élaborée et leur riche mobilier funéraire militent en faveur de l’existence d’une grande cité punique sous l’actuelle ville de Menzel Temine ou dans les environs immédiats aux IVe et IIIe siècle avant J.-C. D’autres nécropoles ont été identifiées sur le versant occidental du Cap Bon et dans les parages de l’ancienne Carpis. Il y aura sans doute d’autres sites à découvrir dans le Cap Bon.

Kef el-Blida[71]

Site voisin d’Ain Draham dans le nord-ouest de la Tunisie. C’est un site unique en Afrique du Nord pour avoir révélé une peinture à l’ocre rouge directement appliquée sur la roche et des inscriptions libyques (RIL, 470-478) et quatre Houanet. Les scènes évoquées par cette iconographie rappelant le destin de l’âme après la mort posent un problème de datation aux spécialistes. Les uns y voient des influences gréco-romaines tardives (IVe et Ve siècle après J.-C.). D’autres y voient des influences phéniciennes en s’appuyant sur la figure de Baal Hamon. Toujours est-il que les Amazighes qui avaient exécuté cette iconographie avaient une spiritualité élevée au point de représenter l’âme après la mort.

Tabarka (Thabraca)

En latin « Thabraca », ville de la côte nord de la Tunisie à 20km de la frontière algérienne. La ville est d’origine punique comme le suggère l’épitaphe latine d’Imilcho Mythumbalis (CIL VIII, 5206), sans doute le port fut utilisé pour l’exportation du marbre de Chemtou par les Romains comme mentionné par Lolibe (XII 1, 4). L’histoire de cette cité est très mal connue.

Uzit(t)a[72]

En grec « Ouzit(t)a », aujourd’hui « Henchir el-Mekhrabba », cité située dans le sahel tunisien dans la région de Djemmal. La céramique de tradition punique y remonte au-delà du IVe siècle avant J.-C. La ville fut occupée par Jules César en 46 avant J.-C. (Guerres d’Afrique 89, 1 : Usseta). Cette ville atteint son essor au IIe siècle après J.-C.

Tusca - Djebel Massoud[73]

Le toponyme actuel est Djebel Massoud, situé à 20km au nord de Maktar en Tunisie. Une borne miliaire fut retrouvée dans le lieu portant en néopunique la date de l’an 21 de Micipsa, c’est-à-dire l’an 128-127 avant J.-C. La borne a été dressée par le gouverneur numide du « territoire de Tsk’t’ », nom néopunique du territoire qu’on appelle « Tuska » où il y avait 50 villes (Appien : Guerre de Libye, 68). Cette unité administrative appelée « Tuska » en latin et devenue « pagus » à l’époque romaine couvrait la région de Maktar.

Sidi Ahmed El-Hachémi[74]

En latin, nous n’avons pas le nom en entier « Cit… », mais il s’agit d’un bourg amazighe à 14km à vol d’oiseau à l’ouest de Maktar en Tunisie. Une dédicace néopunique adressée probablement à Baal « au jour heureux et béni » (Ksar Lemsa) témoigne de la punicisation de la région à l’époque préromaine.

Sidi Ali-Bel-Kassem - Thuburnica[75]

En grec « Thoubournika » et en latin « Thuburnica », il s’agit du site d’un petit bourg situé dans le nord-ouest de la Tunisie au nord de Ghardimanou, une région où l’on écrivait le libyque jusqu’au IIe siècle après J.-C. Le toponyme actuel Sidi Ali-Bel-Kassem à l’antique « Thuburnica » a livré un temple de Baal devenu Saturne à l’époque romaine. Ce temple est précédée d’une aire sacrée entourée d’une colonnade et contenant un grand autel des sacrifices. En dehors du temple proprement dit s’étendait un champ d’urnes cinéraires et de stèles dont les unes sont néopuniques ou grecques et les autres romaines épigraphiques ou inscrites. Le sanctuaire, à l’origine peut-être à ciel ouvert, doit avoir été en usage de la fin du IIe siècle avant J.-C. jusqu’à l’époque chrétienne. Il paraît avoir été détruit par les chrétiens.

Sidi Ali el-Mekki – Rusucmona

Le nom latin de « Rusucmona » de Tite Live (XXX 10, 9) provient vraisemblablement du grec « Rususmon » écrit avec un sigma lunaire confondu avec une lettre c. C’est le « Cap d’Eshmun », soit en punique « R’s smn », comme le confirme le nom gréco-romain de « Cap Apollon » cité par Strabon (XVII 3, 13). Comme les assimilations des divinités phéniciennes varient avec les auteurs, Eshmun fut assimilé à Asclépios par Strabon alors que Polybe l’a assimilé à Apollon. Tite Live le mentionne sous le nom de « Pulchri Prountorium ». L’attribut « beau » (Pulchri) était réservé à Apollon (Tite Live XXIX, 27-12). Il s’agit de l’actuel Cap Sidi Ali-Mekki, ex-cap Farina situé à l’extrémité nord-ouest du Golfe de Tunis. Ce cap joue un rôle important dans les clauses du 1er et du 2ème traité entre Carthage et Rome puisqu’il marque la limite imposée à la navigation romaine. En l’an 203, la flotte carthaginoise stationnait à Rusucmona (Tite Live XXX 10, 9) quelques mois plus tard lors de l’attentat contre les députés de Scipion (Polybe : Histoire générale XV 2, 7).

Sidi El-Hani[76]

Village de Tunisie situé à 30km à l’est de Kairouan. Un temple a été découvert. Du matériel punique et néopunique fut livré. Les « cuvettes cimentées » renfermant des ossements mélangés avec du bois calciné, des fragments de stèles et de poteries, des lampes et des monnaies. Les découvertes de lampes romaines du Ie siècle après J.-C. ainsi qu’une monnaie de l’empereur Nerva (96-98 après J.-C.).

Sidi Khalifa – Pheradi Maïus[77]

En latin « Pheradi Maïus » est un site situé à 20km au nord de l’actuelle ville d’Enfida et à 60km au sud-est de Tunis. Il s’agit d’une ville préromaine, probablement identique à l’« oppidium paradae » de Guerre d’Afrique (87) et à la « Phara » de Strabon (XVII 3, 12). Le site a livré 4 inscriptions néopuniques qui témoignent de la culture punique dans les territoires amazighes de l’époque préromaine.

Ruspina[78]

En latin « Ruspina », en grec « Rouspinon » (Strabon XVII 3, 12) et en phénicien-punique « R’s pn(t) » signifiant « Cap d’Angle ». Il s’agit d’un vaste promontoire de Tunisie qui limite au sud le Golfe de Hammamet et dont l’extrémité est occupée par l’actuelle ville de Monastir (ou al-Munastir). Le nom de Ruspina fut donné à la ville située à Henchir Tenir, à 3km au sud-ouest de l’emplacement présumé de l’ancien port (Guerre d’Afrique X, 1).

La prospection a révélé des traces d’occupation sous forme d’habitat datant au moins du IVe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C. et couvrant une superficie de 8ha. L’auteur des Guerres d’Afrique (VI7 ; IX, 1) mentionne que, à Ruspina, en l’an 46 avant J.-C., se trouvaient « des tours et des vigies très anciennes ». C’est aussi une cité qui envoya des renforts à Hannibal au cours de la seconde guerre punique (Silius Italicus III, 260). L’époque punique est documentée par les « Houanet » des quatre îlots proches de l’extrémité du cap, notamment l’îlot de la Quarantaine (El-Oustania).

Teboursouk-Thubursucu(m)[79]

En latin « Thubursucu(m)/Thibursicu(m) Bure », c’est un site antique de Tunisie. Ce site n’est mentionné que par des inscriptions et seule l’archéologie démontre la présence d’un centre préromain en une contrée sans doute possédée par Carthage depuis longtemps et conservée par elle jusqu’à ce que Massinissa Ier ne s’en empare au milieu du IIe siècle avant J.-C.

Les vestiges préromains comprennent une vaste nécropole de dolmens dominant la ville et des hypogées creusées dans le roc. La découverte de 35 stèles néopuniques sur l’emplacement de l’ancienne église démontre que celle-ci occupe le site d’un sanctuaire de Baal Hamon auquel on subrogea sans doute Saturne Frugifer (ILAfr 506) à l’époque romaine. La Tanit n’était pas oubliée, car l’iconographie puisant dans le répertoire carthaginois a produit un signe du Tanit anthropomorphisé que l’on a relevé sur les stèles. Téboursouk devint municipe sous Septime Sévère puis colonie vers 260-268.

Thala[80]

Localité de la Tunisie située à 53km au sud de Sicca Veneria (Le kef/El Kef). Thala a gardé son nom antique tel que mentionné par Salluste (Jugurtha, 75-76) comme étant « une place grande et riche » dont Metellus s’empara en l’an 108 avant J.-C. Elle doit son développement au royaume numide et conserva jusqu’au Bas-Empire romain les cultes d’origine punique voués à Tanit et la Caelestis qui lui a succédé, à Pluton et à Saturne dont on a pu reconnaître les trois sanctuaires voisins dans les ruines étendues mais effacées. Un fragment de stèle punique représentant un buste féminin, la tête encadrée d’un croissant, figurant peut-être la Tanit. Le temple de Saturne dont une basilique chrétienne prit la place au Ve-VIe siècle contenait un bétyle en latin « baetilum » (CIL VIII, 23283) et ses vestiges architecturaux comprenant notamment un bloc de pierre décoré d’un grand croissant et un linteau sculpté d’un grand phallus en relief, symbole de fécondité. Son aire sacrée a livré des stèles ornées du signe du Tanit.

Thyna[81]

En néopunique « T’ynt », en latin « Thaenae », le phare de Thyna se trouve à 12km au sud-ouest de Sfax (Taparura) en Tunisie et signale le site de la cité qui se situait en face des îles Kerkennah et à l’extrémité sud du territoire conservé par Carthage jusqu’à la troisième guerre punique (Pline : Histoire naturelle V, 25). L’usage officiel de la langue punique au Ie siècle après J.-C. est attesté même une fois devenue colonie romaine sous Hadrien (117-138). Thyna resta florissante jusqu’au Ve siècle. Les fouilles ont révélé plusieurs tombeaux autour d’un grand mausolée octogonal, construit sur un socle de plan carré et orné de niches cantonnées de colonnes engagées.

Ain Rchine[82]

Il s’agit du site d’une petite ville antique de Tunisie pratiquement non exploré. Il est situé au sud-ouest de la plaine de Fahs dans le territoire de la Carthage punique. Les premières explorations ont mis à jour une inscription punique gravée sur un bloc décoré d’un symbole solaire. La pierre qui a dû être réemployée a dû faire partie d’un monument de l’époque punique.

Ain Tebernok - Tubernuc[83]

En latin « Tubernuc », la ville antique est un chef-lieu d’une région agricole. Elle est située à 9km au sud de Grombalia en Tunisie. En 1893, les fouilles ont mis à jour un sanctuaire rural consacré à Saturne remontant à la période du Ie siècle avant et après J.-C. Les stèles révélées sont décorées du signe du Tanit anthropomorphisé et du croissant. Quelques stèles portent une brève inscription latine mal gravée.

Ain Tounga-Thignica[84]

En latin « Thignica » qui a évolué vers le nom actuel « Ain Tounga » cité située à 100km environ au sud-ouest de Carthage en Tunisie. Il s’agit d’un bourg amazighe fortement punicisé. Thignica a dû recevoir très tôt les colons romains, mais elle resta attachée à ses traditions amazighes comme en témoignent l’onomastique, particulièrement riche en noms puniques plus ou moins romanisés et l’emploi fréquent de l’expression punique « ns ‘ l’lm » (EH 87, 2) transcrite en latin « nasililim » et ce, pour désigner « l’offrande à la divinité ». L’enceinte sacrée de Saturne, à ciel ouvert, a livré plus de 500 stèles figurées et inscrites dès IIe et IIIe siècle après J.-C. L’existence d’un temple dédié à Esculape qui devrait être le Dieu Eshmun phénicien, punicisé et romanisé grâce à l’inscription CIL VIII, 15205.

Ain Zekkar[85]

Il s’agit d’un site antique de Tunisie situé à l’ouest de Djebel Bargou. Ce site a livré une inscription funéraire néopunique d’une prêtresse du Ie siècle avant J.-C. (KAI 136).

Bechateur - Thisi[86]

En latin « Thisi », le site se trouve à 15km à l’ouest de Bizerte en Tunisie. La ville avait conservé sous le Haut-Empire les traditions puniques comme en témoigne une inscription latine qui fait connaître un prêtre d’Adonis nommé « Muthumbal » (IlTun 1 188).

Djebel Djelloud[87]

Centre romain à 15km au sud-est de Tunis qui semble correspondre à la situation « Ad Decimum », à 10 milles romaines de Carthage. Des stèles funéraires d’une nécropole furent découvertes ainsi que des stèles votives d’un sanctuaire rural de Saturne qui devait se trouver au sommet de la colline occupée par le marabout de Sidi Fathalla. Le lieu sacré est réutilisé selon les besoins des populations. On a également mis à jour dans la nécropole des tombes à incinération en auges cinéraires munies de tubes libatoires qui débouchaient au pied de stèles portant des épitaphes avec la formule latine « h(ic)s(itus/a)e(st) ». Des « unguenteria » de type punique tardif et un petit bronze de Carthage punique au type du cheval et de Tanit permettent de dater les origines de la nécropole du Ie siècle avant J.-C. au plus tard, date que confirme l’iconographie des stèles votives où l’on a remarqué la présence du symbole punique du croissant aux pointes descendantes.

Djebel Mansour – Gales - Henchir el-Kharrouba[88]

Au lieudit Henchir el-Kharrouba, autour de la source du même nom se trouvent les ruines de la « G’l » néopunique et « Gales » des latins. Elle est située à 15km au sud-est de Bou Arada. L’épitaphe bilingue d’une grande prêtresse a été retrouvée (CIL VIII, 23834). L’inscription est gravée sur une stèle dont les deux faces sont décorées d’un bas–relief à significations manifestement symboliques. Gales était une ville de vieille tradition punique, appartenant au « pagus » de « Gunzuzi ». La dédicace latine d’un temple de Mercure (CIL VIII, 23 833) y est encore datée des deux suffètes de la ville.

Nepheris[89]

En latin « Nepferis », en grec « Nepheris », c’est le nom de la place forte carthaginoise à la base du Cap Bon (Strabon XVII 3, 16), située à 30km au sud-est de Tunis. À l’époque romaine, un temple de Saturne s’élevait en dehors de l’agglomération, au col de Sadi Salem, où l’on a trouvé de nombreux ex-voto dont plusieurs sont dédiés à « Saturne Sobarensis ». Cette épithète transcrit probablement un participe phénicien punique, « Sobar » signifiant « qui entasse (le blé) » et dans cette hypothèse transcrit le latin « Frugifer » dont elle peut même être une traduction, ce qui témoigne de l’usage du punique dans le culte traditionnel du début de l’occupation romaine. Par ailleurs, une inscription trouvée à Oued Kitan et datant de l’an 200 après J.-C. est dédiée à Saturne invoqué sous le nom punique d’Adon « Seigneur ».

Oudna - Uthina[90]

L’antique « Uthina », située à 20km au sud-ouest de Tunis, est une cité d’origine amazighe/libyque comme le laisse supposer son nom. Le culte de Saturne et de la Caelestis y est attesté au Ie et IIe siècle après J.-C.

Sucubi - Brighita[91]

Aujourd’hui, le site de Sucubi porte le toponyme de « Henchir Brerrita (ou Brighita) ». Elle fut une localité fortement punicisée de la plaine du Fahs à 2km de Suo (Tunisie). Une épitaphe bilingue latine et néopunique y a été découverte (CIL VIII, 793=KAI 142). La dédicace latine mentionne l’édification d’un temple de Pluton par le « misre », c’est-à-dire le « Mizreh » local au Ie siècle après J.-C.

Sufes - Sbiba[92]

Le site antique de Sufes se trouve à 37km au sud-ouest de Maktar (Tunisie). Il s’agit d’un nom typiquement punique, « Sufes » signifiant suffète. Comme le dieu de la ville est Hercule « Genius patrius » (CIL VIII, 11430=262), vénéré jusqu’à l’extrême fin du IVe siècle après J.-C. d’après la Lettre 50 de saint Augustin, il est probable que « Sufes » fait référence à l’« interpretario » romain de Melqart.

Suo - Henchir Merah[93]

Localité située à 2km de Sucubi qui a livré une inscription néopunique.

Byzacène – Bussatis - Buzakis[94]

Ptolémée (III 2, 1 ; XII 2, 1) l’appelle « Bussatis » ou « Buzakis » et « Khora ». Il s’agit d’un nom amazighe qui désignait en grec la zone de l’actuel Sahel tunisien s’étendant du Golfe de Gabes (petite Syrte) à celui de Hammamet. En latin, la zone s’appelait « Byzacium » (Tite Live XXXIII, 48, 1 ; Pline : Histoire naturelle V, 24).

La ville principale fut Hadrumète (Sousse). La zone fut célèbre pour sa fertilité et sa richesse et surtout ses récoltes exceptionnelles de céréales (Pline : Histoire naturelle V, 24 ; XVII, 42 ; XVIII, 94). Elle était une circonscription territoriale carthaginoise, ce qui explique le débarquement d’Hannibal, revenant d’Italie pour s’approvisionner en blé avant l’ultime phase de la seconde guerre punique.

Il est très probable que la Byzacène occidentale, c’est-à-dire la zone steppique au nord des Chotts et à l’ouest de la riche région du Sahel, échappait aux structures territoriales puniques et romaines et était peuplée surtout de tribus amazighes semi-nomades. La région relève, sous l’Empire romain, de l’Afrique proconsulaire, une vaste province qui s’étend de Carthage aux Autels des Philènes, à la limite de la Cyrénaïque. Dioclétien (284-305) la divisa en trois : une Afrique proconsulaire restreinte au nord de la Tunisie actuelle, la Byzacène « Provincia Valeria Byzacena » occupant le centre et le sud de la Tunisie et la Tripolitaine.

Cartes de localisation

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

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  • [91] C. Poinssot. « Suo et Sucubi », Karthago, 10, 1959, p. 93-129.
  • [92] Lepelley. Cités II, p. 305-307.
  • [93] C. Poinssot. « Suo et Sucubi », Karthago, 10, 1959, p. 93-129.
Cet article fait partie de la page principale consacré à la spiritualité chez les Amazighs