Localisation-spatiale-des-lieux-de-cultes-antique-en-Algerie

La répartition spatiale des cultes antiques amazighes :l'Algérie

Toujours en se fondant sur les travaux archéologiques de l’Afrique du Nord, nous allons exposer les traces de cette spiritualité en partant de la Tripolitaine jusqu’à Volubilis en passant par la côte nord-africaine. C’est l’examen des stèles funéraires, des amulettes et des ex-voto qui permettra d’esquisser une idée sur la spiritualité des Amazighes aux différentes époques considérées.

Les sites reconnus antiques

Les sites jusqu’à présent fouillés et connus sont disponibles pour chacun des pays d’Afrique du Nord. Il est évident que la densité des sites antiques reflète la densité de pénétration et d’urbanisation de la région considérée. C’est la [[Numidie]] amazighe antique qui a laissé le plus de traces archéologiques et il va de soi que les zones montagneuses de l’Algérie et du Maroc sont restées à l’écart de ces mouvements antiques. Cependant, leur silence archéologique ne signifie pas que les Amazighes ne les ont pas habités. Souvent les montagnes, les fleuves et les plaines portent des noms donnés par des Amazighes, ce qui donne à la toponymie antique son rôle important dans la conservation de la mémoire collective amazighe.

Dans la [[Numidie]] antique, il est possible d’évaluer la spiritualité à la fois citadine et rurale, mais dans le reste de l’Afrique du Nord en dehors des sites archéologiques fouillés, il n’est permis que de faire que des conjectures sans extrapolation excessive.

Les archéologues parlent de divinités indigènes quand il s’agit des divinités amazighes, ce qui est déjà un biais en faveur des divinités de la Cité. Ceci nous a poussé à ne pas employer une sémantique qui risque de ternir notre neutralité en refusant d’employer païen et paganisme élaborés par un christianisme dénigrant le terreau dans lequel il a développé ses racines. L’itinéraire que nous allons emprunter nous conduira de Evhesperides (Benghazi, Libye) jusqu’à Volubulis (Maroc) en passant par la côte méditerranéenne.

L'Algérie, en raison de sa situation, a servi de lieu d’implantations de comptoirs qui étaient en rapport avec l’Espagne et le Maroc. Les Rois numides avaient donné un essor particulier à l’arrière-pays Cirta, Timgad et autres zones que les Carthaginois n’avaient jamais administrés directement. Les Rois numides ont punicisé les Amazighes. Rome créa différentes colonies en exploitant au mieux la zone littorale (Tipaza, Tébessa, Sétif). L’influence des cultes apparaît diversifiée et l’archéologie et l’anthropologie ont permis de relever certains aspects pour une meilleure documentation.

Macomades (Henchir el-Mergueb)[95]

Henchir el-Mergueb est connue par ses légendes monétaires néopuniques qui abrègent le nom en « Mqm’ » localisée à Ain Beida en Algérie. Au début du Ve siècle après J.-C., la langue punique y était encore utilisée comme l’atteste son emploi par le primat de [[Numidie]], Aurelius de Mecomades (saint Augustin : Les lettres 20 et 21).

Guelma - Ain Nechma[96]

En latin « Calama » et en arabe « Gwalma », importante ville numide d’Algérie à 75km à l’est de Constantine. On n’a pas de trace de l’existence d’une cité phénicienne, mais on constate dans la région une influence punique très forte et durable dans l’onomastique, les usages funéraires, l’organisation municipale et le culte. Dans les environs immédiats de Guelma, les archéologues ont découvert des dizaines d’inscriptions néopuniques, les unes votives, les autres funéraires dont seulement une quarantaine ont été recueillies par J.-B. Chabot. Il existait certainement un temple Baal Hamon à Guelma qui devint sans doute plus tard celui de Saturne.

Par ailleurs, à Ain Nechma (4,5km au sud de Guelma) se trouvait un bourg du nom de « Tbrbsy » en punique et « Thabarbusis » en latin. Le grand nombre de stèles libyques et néopuniques découvertes dans cette localité et la mention d’un homme de « Tbrbsy » à Carthage vers le IIIe siècle (CIS I, 309) confirment l’antiquité de l’habitat. Un sanctuaire de Baal Hamon auquel succéda Saturne avait existé à Ain Nechma. Les stèles néopuniques datent de l’époque numide ou du début de l’époque romaine et présentent presque toutes des hommes et des femmes nus, debout, le visage plus ou moins informe, les yeux indiqués par des trous, le nez énorme. Ils tiennent une palme et un gâteau en forme de couronne ou bien une grappe de raisin, symboles de fertilité.

Un autre site voisin de Guelma à 10km au nord, « Gwala ‘at bu Sba », a livré une inscription funéraire bilingue en latin et en néopunique (CIL VIII, 17467=KAI 165). La religion des habitants de Guelma au Ve siècle après J.-C. était le paganisme amazighe comme l’atteste le témoignage de saint Augustin (Lettres 91, 11). Ce témoignage montre que le christianisme n’était pas aussi répandu en [[Numidie]] comme prétendent certains auteurs d’aujourd’hui.

Hippone[97]

En latin « Hippo Regius », en néopunique « ’pwn » et en arabe « Annaba », site d’Algérie, comptoir punique, sinon phénicien sur la côte de l’ancienne [[Numidie]] à l’embouchure de la Seybouse et au bord d’un des meilleurs mouillages de la région. Il n’en subsiste rien de plus ancien qu’un tesson attique du Ve siècle avant J.-C. La forme latinisée « Hippo » cache vraisemblablement un toponyme phénicien que l’on a voulu retrouver peut-être à tort sur certaines monnaies de Bizerte.

C’est au cours de la seconde guerre punique que Hippo entra dans l’histoire quand Laelius, le légat de Scipion, s’en empara en l’an 205 avant J.-C. (Tite Live XXIX 3, 7). Plus tard, la ville devient ville royale de l’État numide créé par Massinissa Ier. C’est le sens de « Regius » accolée à « Hippo ». C’est Auguste qui donna le statut de municipe à Hippone et Ptolémée (IV 3, 2) la qualifie de colonie. L’établissement le plus ancien demeure inconnu. Les murs en grand appareil à bossages sur lesquels vinrent prendre appui des constructions d’époque romaine ont été longtemps attribués à l’époque phénicienne. On sait maintenant que ce sont des murs de soutènement d’un front de mer avancé à plusieurs reprises qu’on a pu dater entre la première moitié du IIe siècle avant J.-C. et le milieu du Ie siècle avant J.-C., c’est-à-dire à l’époque des Rois Numides. C’étaient donc les Amazighes qui avaient réalisés ces travaux de génie civil. Les bornes du municipe de Hippone ont été retrouvées à 40km au sud de la ville et une autre à l’est entre Hippone et Tabarka. Saint Augustin atteste que, à son époque, tous les paysans, au contraire des citadins, parlaient encore le punique.

Cirta (Constantine)[98]

En arabe « al Qustantiniyya », actuellement « Qusantina », l’antique Cirta (Regia), en néopunique « Krtn » d’après les légendes monétaires du IIe siècle avant J.-C. La ville occupe un plateau en forme de trapèze, protégée à l’est et au nord par les gorges profondes de Rhummel (Ampsaga) et par les flancs abrupts au sud et à l’ouest. Elle n’est accessible qu’au sud-ouest par un isthme autrefois plus étroit. C’était la capitale de Syphax, alliée de Carthage. Elle est mentionnée pour la première fois à la fin de la seconde guerre punique. Après la défaite carthaginoise, Massinissa Ier et ses successeurs firent de Cirta leur capitale jusqu’à la fin du royaume numide en l’an 46 avant J.-C. Grâce à Massinissa Ier et à Micipsa, Cirta fut ouverte à la civilisation punique et au monde hellénistique et une petite communauté de Grecs et d’Italiens participa activement à la mise en valeur de la ville. La langue punique devint la langue officielle du Royaume numide comme par réaction et résistance à la présence romaine.

L’existence d’un Tophet au lieudit El-Hofra témoigne de la pénétration religieuse en pays amazighe. Ce sanctuaire consacré à Baal Hamon a révélé plus de 850 stèles votives. La plupart d’entre elles sont rédigées en punique et néopunique, mais un petit nombre est rédigé en grec et en latin. Cela donne la preuve qu’une communauté d’Italiens et de Grecs avait vécu dans la ville. Par contre, on n’a pas retrouvé de tombes juives ni chrétiennes. Les symboles des stèles sont ceux de Carthage avec signe de Tanit, caducée, main, etc. Avec ce sanctuaire au rayonnement court (fin du IIIe-milieu du Ie siècle avant J.-C.), Cirta est, après Carthage, le second centre religieux de l’Afrique du Nord dont les traditions puniques et néopuniques sont restées vivaces jusqu’au Ve siècle après J.-C.

Rusicade (Skikda)[99]

En grec « Rousikada » (Ptolémée IV 3, 1), en latin « Rusic(c)ade » et aujourd’hui « Skikda », l’ex-Philippeville en Algérie. Il est fort possible que le nom soit phénicien dérivant de « r ’ s h kd » signifiant « cap de la cruche » et l’allusion est faite à un point d’eau comme en Phénicie. C’est le promontoire qui a dû prendre ce nom sous le nom de « Ras Skikda ». Au comptoir punique a dû succéder une ville de l’époque numide puis une colonie romaine fondée probablement en l’an 46 avant J.-C. par P. Sittius. Deux stèles anigraphes, un caveau funéraire, une tête sculptée et un chapiteau d’ordre ionique ont été datés du Ie siècle avant J.-C. Les traditions puniques demeurent vivaces à Rusicade jusqu’à la fin du Ie siècle après J.-C. comme l’attestent justement les stèles anigraphiques dédiées à Baal Hamon ou à Saturne l’Africain.

Chullu (Collo)[100]

Il s’agit du toponyme actuel Collo, en Algérie, sur le versant oriental du cap Bougaroun, l’antique « Promomtorium Metagonium » (Pomponius Mela, I, 33). L’actuel Collo est le site antique comme le prouvent à la fois la persistance du toponyme et la position assignée à la ville par Ptolémée (IV 3, 2). Le port antique se trouvait sans doute à l’endroit du port actuel qui offre un bon mouillage. Les fouilles archéologiques ont révélé des caveaux funéraires où l’incinération coexiste avec l’inhumation. Un de ces caveaux d’époque punique fut construit selon un plan en enfilade, avec un long couloir suivi de deux chambres funéraires, l’une dans le prolongement de l’autre. Cette disposition a été souvent relevée dans les sépulcres puniques, par exemple à Leptis Minus. L’origine punique de la nécropole est confirmée par les poteries puniques tardives qui sont associées à des céramiques importées d’époque hellénistique comme des vases à vernis noir, des lampes de type grec. Les gisements funéraires sont datés entre le IIIe et le début du Ie siècle avant J.-C. Dès cette époque, des teintureries de pourpre furent établies qui lui valurent une certaine renommée (Solin : Recueil de curiosités, XXVI, I). Collo a fait partie de la confédération cirtéenne dès le temps de Sittius et a reçu le titre de colonie plus tard sous Trajan (8-117 après J.-C.).

Igilgili (Djidjeli)[101]

En latin « Igilgili » (CIL VIII, 8369 ; Pline : Histoire Naturelle V, 21), en phénicien-punique probablement « ’y-glgl(t) » signifiant « presqu’île du Crâne », en arabe « Gigil », ville antique d’Algérie qui occupait une presqu’île basse et que Polybe (III 33, 12) cite parmi les « villes Métagonites » où Hannibal leva en l’an 219-218 un contingent de 4000 fantassins pour renforcer les défenses de Carthage. Auguste, quant à lui, fonda une colonie à Igilgili. Les vestiges antiques se limitent aux tombes. Un groupe de sépultures à inhumation dans les fosses simples creusées dans le roc a livré de la céramique de tradition punique datable du début du VIe et du IVe siècle avant J.-C. Un autre groupe de tombes en caveaux à puits d’accès, à chambres rectangulaires et au mobilier des IIIe et IIe siècle avant J.-C. atteste la coexistence de l’incinération et des inhumations multiples.

Bougie (Saldae)[102]

En grec « Salda », en latin « Saldae », aujourd’hui « Bégaya » en Algérie. Strabon (XVII 3, 12) atteste l’importance de ce port à l’embouchure de la Soummane. Au milieu du XIXe siècle, on a signalé des stèles puniques avec une « figure dans la pose de l’adoration, c’est-à-dire les bras levés ». On a également relevé dans un fronton invariablement sculpté l’emblème du soleil et de la lune. Cette description sommaire indique qu’il s’agit de stèles avec le signe de Tanit anthropomorphisé et surmonté du croissant et du disque. Ces stèles décrites n’ont jamais été retrouvées ultérieurement.

Rusazus (Port Gueydon)

En grec « Rousazous » (Ptolémée IV 2, 9), en latin « Rusazus Colonia Augusti » (Pline : Histoire Naturelle V 2, 20 ; CIL VIII, 8929). Le toponyme dérive probablement du punique « R’s-(h)’z(z) » signifiant « Cap du Fort », c’est le nom du Cap Corbelin et du comptoir situé au sud du cap, à Port Gueydon ou Azeffoun, en Algérie. Au sud d’Azeffoun se trouve la tour Dawrak, restaurée sous l’empereur Septime Sévère par les « Rusa(z)itani » (CIL VIII, 8991).

Rusubbicari[103]

En grec « Rousibikar » (Ptolémée IV 2, 6), en latin « Rusubbicari » (Itinéraire Antonin, p. 16) et en punique « R’s hbqr » signifiant « Cap du Bétail ». Il s’agit d’un comptoir localisé à Mers el-Hagege, sur une légère saillie de la côte algérienne. Il est surtout connu pour avoir été la ville de Félix Rusubitanus, évêque du Zemmour au Ve siècle après J.-C. et qu’il est permis de considérer comme un précurseur du nationalisme amazighe.

Rusuccuru (Dellys)[104]

En grec « Rousibikar » (Ptolémée IV 2, 6), en latin « Rusuccuru » et en punique « R’s-hqr » signifiant probablement « Cap de la Perdrix ». Il s’agit d’un toponyme que l’on peut situer à l’est de l’embouchure de l’oued Sebaou, sur le flanc oriental d’un promontoire qui arrête les vents de ???. Cette escale punique puis ville romaine est très mal connue. Les fouilles ont permis d’identifier deux stèles néopuniques et des stèles de l’époque romaine datant entre la fin du premier siècle avant J.-C. et le début du IIe siècle après J.-C. L’existence d’un Tophet peut être corroborée par la présence d’une stèle portant le signe de Tanit.

Icosum (Alger)[105]

En punique « ’yksm » qui signifie peut-être « île des hiboux » ou bien « île des pleines lunes » (voir Insula Noctilucae : Avienus, Ora 428-429), en grec « Ikosion », en latin « Icosium » et en arabe « Algazair » signifiant le pluriel d’île, par référence sans doute aux îlots proches du port qui furent rattachés au port. Il s’agit d’un site idéal pour les escales phéniciennes et puniques. En dehors de la légende, les preuves de la fondation de la ville sont celles d’une stèle néopunique et des monnaies puniques en plomb et en bronze frappées entre 150 et 50 avant J.-C. (IGCH 2303). À l’envers de ces monnaies figure Melqart et fournit le nom de la ville « ’yksm ». Selon Pline (Histoire Naturelle III, 19 ; V 2, 20), une colonie de vétérans romains fut fondée à Icosium au temps du roi maurétanien Juba II ; Vespasien (69-79), quant à lui, accorda à la ville le droit latin.

Rusguniae[106]

En grec « Rousgonion » (Ptolémée IV 2, 6), en latin « Rusguniae » (Pline : Histoire Naturelle V 2, 20 ; CIL VIII, 9045 ; 9047 ; 9247 ; 9250) et en punique « R’s-gny » qui veut dire « Cap du Francolin ». Toutefois, en langue amazighe, le toponyme se dit « Tamadfus », le cap Matifou ferme au nord-est la baie d’Alger (Icosium) et arrête les vents d’est. Le comptoir punique a livré une centaine de stèles et avait un temple dédié à Saturne au IIe siècle après J.-C.

Rusubisir[107]

En grec « Rousousbirsir » (Ptolémée IV 2, 8), en latin « Rususvisir/Rusippisir » et en punique « R’s ? » qui veut dire « Cap de… ? ». Il s’agit d’un comptoir punique de la Maurétanie césarienne, devenu un municipe romain d’après la Table de Peutinger. Il se trouvait probablement à Taksebt, sur le Cap Tedless, en Algérie. Les fouilles ont révélé, à l’emplacement de la basilique chrétienne, un temple punique et des stèles figurées du Ie siècle avant et après J.-C. Des ex-voto puniques d’époque postérieure ont été retrouvés à côté des dépôts sacrificiels.

Tipasa (Tipaza)

Les fouilles archéologiques ont révélé deux toponymes différents géographiquement.

Tipasa de Maurétanie

En punique « Tp’tn » et en latin « Tipas/za », c’est une cité se trouvant entre Icosium et Cherchell en Algérie. Le comptoir punique est attesté archéologiquement à partir du VIe siècle avant J.-C. La cité faisait partie du Royaume de [[Numidie]] puis de celui de Maurétanie avant d’être annexée à l’Empire romain. C’est l’empereur Claude qui lui octroya le statut de municipe latin dès 46 après J.-C. (Pline : Histoire Naturelle V 2, 20). La ville était limitée au promontoire rocheux situé à l’ouest du port, mais elle connut une grande extension au IIe siècle après J.-C. avec une enceinte de 2,3km de long. L’archéologie a révélé le rôle important joué par cette ville avec le monde ibérique, italien et grec. L’habitat romain a été construit sur l’habitat punique, mais les gisements funéraires situés de part et d’autre de la ville ont permis de mieux cerner les données antiques.

Les plus anciennes tombes de la nécropole située à l’est de la ville, bien documentées pour le IVe et IIIe siècle avant J.-C. sont datées par le matériel inionien et attique du VIe siècle avant J.-C. La nécropole de l’ouest de la ville présente des caractéristiques semblables aussi bien par son extension que par sa chronologie. Par ailleurs, à l’est de la ville et de la basilique sainte Salsa (une martyre), J. Baradez a découvert, sur la Koudiat Zarour, une petite aire sacrificielle avec des stèles votives anépigraphiques, des tables d’offrandes et des vases contenant des restes incinérés de victimes sacrifiées. Cette céramique permet de dater ce sanctuaire dès Ie-IIe siècle après J.-C. C’est aussi à cette époque que remontent les caveaux funéraires du cimetière punique à l’est du port où l’architecture elle-même est toujours fidèle aux traditions puniques. La découverte d’une sépulture néopunique du premier siècle après J.-C. avec 150 objets du mobilier funéraire a permis de conclure qu’il s’agissait d’une tombe d’un prêtre sacrificateur. Entre autres objets trouvés, il faut signaler des outils de sacrifice (couteau, hache, couperets, ciseaux).

Bien que le culte de Saturne soit mal attesté à Tipasa, sa présence implique la préexistence d’un temple de Baal Hamon. L’absence de tout document en langue punique doit être considérée comme accidentelle, vu que la fréquence des stèles de type néopunique témoigne de vives survivances puniques dans le domaine du culte sacrificiel et funéraire sous l’empire romain et que Cherchell, située à moins de 30km à l’ouest de Tipasa, a livré des inscriptions néopuniques (NP 130, BAC 1924, p. CXLVI ; KAI 161).

Tipasa de [[Numidie]][108]

Aujourd’hui, elle porte le nom toponyme de « Tif(f)ech », située au sud-est de Thubursicu Numidarum, en Algérie. C’est un bourg amazighe dont la culture punique est attestée par l’inscription néopunique NP 73, trouvée sur le site au milieu du XIXe siècle. Tipasa de [[Numidie]] a livré aussi plusieurs épigraphies libyques, cela prouve que l’amazighe était d’un emploi usuel (RIL, 613-618).

Iol – Caesarea (Cherchell)[109]

L’antique « Iol - Caesaria » en Algérie située à 27km à l’ouest de Tipasa. L’élément punique « Iol » qui figure au IVe siècle avant J.-C. dans la liste des comptoirs énumérés par le périple de Pseudo – Skylax (111) se compose sans doute de « ‘y-hl » voulant dire « île de sable ». C’est précisément dans l’îlot fermant le port de Cherchell que l’on a retrouvé les premiers vestiges d’une occupation datable du Ve siècle avant J.-C. Les travaux de mission archéologique algéro-britannique ont révélé, sous le dallage sévérien du forum (au centre de la ville moderne) daté de 200 après J.-C., des niveaux d’occupation de cette même époque des céramiques et une lampe datables du VIe siècle avant J.-C. On ne sait pas à quelle date l’ancien comptoir punique devient cité royale numide, peut-être dès le IIIe siècle avant J.-C. sous les Rois Masaesyles. Bref, vers la fin du IIe siècle avant J.-C., il y a le témoignage d’une inscription punique de Carthage rédigée à la gloire de Micipsa (KAI 161) avec un sanctuaire dédié à la mémoire du Roi Massyle qui avait régné de 148 à 118 avant J.-C. La spiritualité amazighe antique admettait une noblesse spirituelle pour les grands personnages, y compris les rois. Massinissa fut déifié et un temple lui fut consacré.

Cherchell devint alors la capitale du Roi Bocchus II de Maurétanie, au temps de César (Strabon XVII 3, 12). Juba II régna sur Cherchell sous le Protectorat romain de 25 avant J.-C. à 23 après J.-C. (Pline : Histoire Naturelle V, 20 ; Strabon XVII 3, 12). C’est Juba II qui changea l’ordance urbanistique de la ville et lui donna le titre de Caesarea en l’honneur d’Auguste. Divers auteurs supposent que les copies de statues grecques trouvées à Cherchell proviennent d’une collection constituée par le Roi Juba II lui-même qui était versé dans la culture hellénistique. Avec ses 7km de muraille protégeant 370ha de superficie, Cherchell était certainement l’une des plus importantes villes d’Afrique du Nord et obtint de Claude le statut de colonie romaine au milieu du premier siècle après J.-C.

Kef Bezioun[110]

En latin « Zattara », petite ville numide d’Algérie à 20km au sud-est de Guelma. Les fouilles ont dégagé des inscriptions néopuniques (KAI 171). L’onomastique a permis de la punicisation de la localité à l’époque préromaine.

Tigisi

En punique « Tgsp », en latin « Tigisis », en langue locale « Tigis », ville antique de l’Algérie qui s’élevait à l’endroit de l’actuel village d’Ain el-Bordj, à 60km au sud-est de Constantine et à 16km à l’est de Sigus. Cette ville, qui fut considérée au Bas-Empire, pour des raisons obscures et inconnues, comme le principal lieu de refuge des Cananéens, plus précisément des Gurgashites qui auraient fui Canaan au temps de Josué (Procope : Guerres des Vandales II, 10). La stèle funéraire (RIL 813) trouvée à Sigus témoigne de l’emploi du punique et du libyque à Tigisi aux IIIe et IIe siècle avant J.-C.

Tigzirt - Iomnium[111]

Le toponyme « Iomnium » est d’origine punique dont l’élément « I- » doit transcrire le phénicien « ’y » signifiant « île ». Ce comptoir punique puis cité portuaire romaine se situe à Tigzirt dont la signification est îlot. Tigzert a livré une inscription mentionnant Iomnium (CIL VIII, 20716) et de nombreuses stèles dédiées à Saturne dès le IIe et IIIe siècle après J.-C. et une pierre inscrite en latin faisant mention du « temple du dieu invaincu Frugifer » et du « portique destiné à l’accomplissement des cérémonies sacrées » (CIL VIII, 20711). Comme dans le reste de l’Afrique du Nord, le culte de Saturne a dû prendre la place de celui de Baal Hamon.

Tiklat[112]

L’antique « Tubusup/ctu », située à 30km au sud de Bougie (Algérie) et à 3km d’El-kseur dans la vallée de la Soummam, fut fondée par Auguste comme colonie des vétérans de la VIIe Légion. Mentionnée déjà par Pline (Histoire Naturelle V, 21), elle dut participer à la romanisation de la région comme l’atteste le culte de Saturne au IIe siècle après J.-C.

Tiddis[113]

En latin « Castellum Tidditanorum », aujourd’hui « Qusantina al-Qadima », ville numide puis romaine d’Algérie, située sur la rive droite du Rhummel, dominant les gorges d’Al-Hannaq, à 16km au nord-ouest de Constantine. L’archéologie a révélé des inscriptions latines (Ilalgerie 3570-4177) et plusieurs inscriptions néopuniques dès le IIe et Ie siècle avant J.-C. qui relèvent d’une culture punique de la cité numide. C’est un sphinx en bronze qui est l’objet le plus anciennement datable (au VIe siècle avant J.-C.) à côté des timbres rhodiens, ce qui témoigne d’un commerce avec l’Orient à l’époque hellénistique. Un temple de Baal Hamon a été identifié auquel a succédé Saturne. Le plus remarquable, c’est la situation sur le sommet de la montagne de Ras ed-Dar, du Temple de Baal Hamon qui est conforme à cette divinité orientale. Une nécropole située à l’est de la ville a été mise à jour.

Novar - Sillegue[114]

« Béni Fouda », autrefois « Sillegue », est un site de la ville romaine de « Novar » dans la région de Sétif (Algérie). La découverte fortuite à la fin du XIXe siècle d’un sanctuaire de Saturne a permis de mettre à jour 27 stèles du IIe-IIIe siècle après J.-C. qui sont remarquables par leurs grandes dimensions, le soin de l’exécution et l’iconographie. Outre Saturne, on y vénérait le Génie de Novar (CIL VIII, 20429-20430), Cérès et Mercure (CIL 20431).

Timgad[115]

L’antique « Thamugadi », située à 30km au sud-est de Batna (Algérie), fut fondée comme colonie en l’an 100 après J.-C. Le toponyme est amazighe, mais aucune trace de l’occupation antérieure n’a été révélée par les fouilles. Elle comptait parmi les villes les plus importantes de l’Afrique romaine, ce qui explique son attrait pour les populations amazighes et la présence des cultes amazighes, notamment celui de la Caelestis et de Saturne dont on a retrouvé un temple de 48x22 m.

Tiberkine[116]

Il s’agit d’un site situé à 1200m du hameau de Bouchene, près du défilé de l’Oued Khanga dans la région de Sigus en Algérie. Ce site a livré des inscriptions libyques (RIL 815-821) et une épigraphie néopunique

Gunugu (Gouraya)[117]

En néopunique « Gngn », en italique « Gunigun » et en latin « Gunugu », c’est un site localisé à la Qubba de Sidi Brahim près de Gouraya, à 33km à l’ouest de Cherchell, en Algérie. C’est Pline qui mentionne cette cité pour la première fois comme étant une colonie d’Auguste (Histoire Naturelle IV 2, 5). Cependant, les fouilles de la nécropole ont révélé une occupation préromaine datant du IIIe et IIe siècle avant J.-C. et la présence des céramiques attiques permettent de remonter au Ve siècle avant J.-C. Les relations commerciales avec l’Espagne et la Sicile grecque ont été mises en évidence grâce à la similitude du décor des œufs d’autruche retrouvés à la fois à Gunugu et à Villaricos (antique Baria, port situé à l’embouchure de l’Almanzora au sud-est d’Almeria). Le port de Gunugu a été sous l’influence de Carthage au IVe siècle avant J.-C. Les fouilles ont permis de dégager 22 inscriptions néopuniques (RES1979-2000) ainsi qu’une monnaie locale à légende néopunique lue « Gngn » et une monnaie de Bocchus II de Maurétanie trouvée dans une tombe d’enfant.

Portus Magnus (Saint-Leu - Arzew)[118]

Site d’Algérie signalé par Pline (Histoire Naturelle V 19, 2) qui fut identifié aux ruines du Vieil Arzew (ex-Saint-Leu), actuellement portant le nom d’Arzu. La ville d’époque romaine s’étend sur un plateau, à 2km en retrait de la baie, que le massif du Djebel Orousse abrite des vents d’ouest. Le site a livré des stèles néopuniques (NP78-79) et latines, ornées du croissant et abritant dans une niche un dédicant nu ainsi que des urnes cinéraires qui étaient logées dans des cavités pratiquées dans un banc de tuf dont certaines contenaient encore des cendres et des os calcinés, apparemment de petits mammifères et d’oiseaux. Comme la stèle NP78 est dédiée à Baal et qu’une des stèles latines porte le nom de Saturne, il doit sans doute s’agir d’un temple de Baal Hamon datable du Ie siècle avant J.-C. Il faut aussi signaler la découverte d’un symbole de fertilité sous la forme d’un claveau orné d’un double phallus. Les fouilles ont livré également des tombes à inhumation en fosses dont le matériel le plus ancien (céramique campienne tardive) peut être daté de la fin du IIe siècle avant J.-C. Ces tombes sont surmontées de stèles dont certaines portent des caractères néopuniques. À ces trouvailles, il faut ajouter une monnaie de Carthage et une inscription punique monumentale, probablement tardive. Les influences ibériques sont attestées par un vase découvert dans la nécropole et par un bas-relief représentant un dieu mâle entre deux chevaux.

Les Andalouses - Castrum Puerorum[119]

Le site des Andalouses s’étend sur une plaine côtière fertile à 30km à l’ouest d’Oran de part et d’autre de l’oued Sidi Hamadi. Les fouilles ont révélé deux nécropoles et d’identifier entre les deux une cité qui pourrait avoir été à l’époque romaine « Castra Puerorum » de l’Itinéraire Antonin.

La nécropole de l’est est remarquable par la coexistence de divers rites et de diverses structures funéraires dont certaines tombes contenant du mobilier datable entre la fin du IVe et le IIe siècle avant J.-C. exhibant des influences ibériques. À l’ouest du site, des tumuli ont livré du matériel punique qui remonte au VIe siècle avant J.-C. Entre les deux gisements s’étendent les ruines de la ville d’époque punique couvrant environ 3ha sur une eminece (c’est quoi ???) bordant la falaise. L’usage de la fenêtre est connu dans l’habitat qui était essentiellement amazighe. Les dédicaces des stèles portent des noms amazighes. Les teintureries ont été retrouvées grâce à la découverte des coquillages de murex lors des fouilles. Le site a aussi livré des monnaies numides et maurétaniennes, notamment de Vermina avec légende punique

Siga - Takembrit[120]

En néopunique « SYG’N », en grec « Sige /Sig(g)a » et en latin « Siga », ville antique d’Algérie depuis le Traité de la Tafna au XIXe siècle entre la France et le Maroc. Elle est située sur la rive gauche de la rivière (laquelle ?) près de l’actuel village de Takembrit, à 4km de l’embouchure. Connue déjà avant le IVe siècle, elle fut un comptoir punique avant de devenir la capitale de Syphax et continua à jouer un rôle économique non négligeable. Sur la colline, du côté opposé à la rivière s’élève le mausolée des Béni Rhénane (Kerkar El-Arais) bâti par Syphax. Le site de la ville encore peu fouillé a livré des vestiges préromains, notamment des stèles néopuniques des IIe et IIIe siècle avant J.-C. qui permettent de croire que le culte de Saturne à l’époque romaine a succédé à celui de Baal Hamon.

Rachgoun[121]

En arabe « As-sakur » ou « Argikuk » et actuellement « Rasgun », il s’agit d’une petite île, à peu de distance du rivage, devant l’embouchure de l’oued Tafna, la Siga de l’antiquité. Le toponyme moderne recouvre sans doute l’appellation antique « Rus-Sigan » du cap qui couvre l’embouchure du fleuve, sur les bords duquel, à 4km, s’élevait la cité de Siga, nommée dans le Périple du Pseudo-Skylax tandis que l’île d’Akra doit désigner l’îlot de Rachgoun. Les fouilles menées dans l’îlot à côté du phare ont permis de révéler des tombes à incinération et des sépultures à inhumation caractérisées par un matériel punique archaïque et témoignant des rapports avec les établissements phéniciennes ibériques. Jarres à épaulement, urnes, chaudrons, pateresa large marli (c’est quoi??) sont datables du VIIe siècle avant J.-C. De la céramique modelée a été révélée en abondance aussi. Des armes (fers et lances) et des bijoux d’argent ont été découverts. On a aussi relevé des sépultures d’enfants déposées aux creux d’une cavité naturelle, la tête toujours couverte d’un parpaing. Dans l’habitat exploré, il semble que l’usage de la lucarne et de la banquette construite en parpaing était bien connu. Le site a été déserté à partir du Ve siècle avant J.-C. pour des raisons inconnues.

Sigus[122]

Ville numide d’Algérie située à 35km au sud-est de Constantine. Ce site est célèbre pour ses figures rupestres préromaines et pour le culte de Baal Addir à l’époque romaine. Ce culte a probablement succédé à Baal Hamon atteste au IIe siècle avant J.-C. Une nécropole préromaine a été localisée mais non encore fouillée. L’onomastique punique des inscriptions latines de Sigus et les inscriptions en écriture punique témoignent de l’influence culturelle carthaginoise qui s’était exercée sur ce centre numide aux IIIe et IIe siècle avant J.-C.

Sétif - Sitifis[123]

En latin « Sitifis », en arabe « Satif », c’est un site qui a servi à l’établissement d’une colonie romaine pour vétérans par l’empereur Nerva (96-98 après J.-C.). Il est situé à 131km à l’ouest de Constantine et à 38km au sud-ouest de Djemila. La colonie de vétérans était constitué de romano-africains et son développement provoqua la venue des migrants amazighes locaux. Le culte de Saturne africain et de la Caelestis était bien implanté. La nécropole du IIe siècle après J.-C., située à l’est de la ville, a livré des vases rituels du culte de Saturne auquel il faut sans doute rapporter aussi la sépulture d’un agneau, indice probable d’un sacrifice « molk » de substitution dont les restes étaient apparemment ensevelis dans la nécropole. 75 tombes sur 228 ont été fouillées et analysées ; elles contenaient des restes d’enfants âgés jusqu’à 3mois. On ne saurait cependant prétendre que toutes ces sépultures témoignent encore de la pratique du sacrifice « molk ».

Tagaste - Souk Ahras[124]

En latin « Tagaste », bourg numide d’Algérie d’où est originaire saint Augustin. Son ancienneté historique n’est attestée que par une inscription néopunique et par les œuvres de saint Augustin.

Ain El-Kebch[125]

Site algérien site à 1200m à l’ouest de Ksar el-Kebch dans la région d’Hippone (actuelle Annaba). Le site a révélé une inscription bilingue en libyque et néopunique (RIL 451).

Aziz Ben Tellis - Idicra[126]

Il s’agit d’un centre antique d’Algérie qui correspond probablement à « Idicra » de l’Itinéraire Antonin. Le culte de la Caelestis y était pratiqué (CIL VIII 8254 ; 8241) ainsi que celui de Saturne (CIL VIII 8245 ; 8247 ; 8254 ; BAA 4, 1970, p. 301-312). Une particularité du lieu est les dédicaces des prêtres de Saturne qui comportent une sorte de tarif sacrificiel.

Djemila - Cuicul[128]

En latin « Cuicul » et en arabe « Gamila », c’est le site d’une ville romaine d’Algérie, à 38km au nord-est de Sétif. C’est l’installation d’une colonie pour vétérans romains qui est à l’origine du développement rapide couplé d’un afflux des populations amazighes locales des environs. C’est dans la vie religieuse que la ville de Djamila est particulièrement intéressante et complexe. Asclépios y fut vénéré, Hercule aussi tandis que Saturne y occupa une place importante des le IIe siècle après J.-C. quand on lui érigea un temple monumental. Des stèles dédiées à Saturne aux IIe-IVe siècle offrent un commentaire figuratif des formules rituelles de N’Gaous puisqu’elles montrent le fils en faveur duquel le sacrifice de substitution a été offert entre ses parents debout au-dessus d’un autel.

N’Gaous - Nicivibus[129]

En latin « Nicivibus », en grec « Nisibes » et en arabe « Niqawus », il s’agit d’un bourg amazighe d’Algérie situé à 80km au sud de Sétif qui est renommé pour ses stèles votives dédiées à Saturne et datables du IIIe siècle après J.-C. Les inscriptions latines mentionnent le « sacrum (m)ag(num) nocturnum mor(c)homor ou mochomor ou encore molc(ho)mor » dont le nom transcrit le phénico-punique « mlk ‘mr » signifiant « molk ». Les formules rituelles (« anima pro anima, sanguine pro sanguine, vita pro vita et agnum pro vicario ») qu’elles utilisent révèlent la pratique du sacrifice de substitution offert par les parents dans le but de sauver la vie de leur fils. Les stèles de Djamila offrent un commentaire figuratif de ces formules rituelles de N’Gaous.

Djinet - Cap

En néopunique « Ks(y) », en latin « Cissi », le site est un port antique d’Algérie à 20km à l’ouest de Dellys (Rusuccuru). C’est un bourg qui fut érigé au statut de municipe d’après la table de Peutinger. La dédicace néopunique (KAI 170) faite par un habitant de « hs Ksy » qui portait le nom de Derku Adonibaal et était membre de l’Assemblée du bourg « ’s(b)’m l-ks » témoigne de la profonde influence punique en cette région de la Maurétanie césarienne. Les fouilles ont révélé aussi un trésor de monnaie de Juba II.

Oudjel - Uzelis[130]

Site de l’ancienne Uzelis (CIL VIII, 6341) situé à 37km à l’ouest de Constantine en Algérie. Ce site a livré une inscription libyque (RIL 775) trouvée près d’une dédicace à Jupiter (CIL VIII, 6339) ainsi qu’une inscription néopunique (RES 783) qui témoignent de la popularité de la culture libyco-punique de la région au cours de la période préromaine.

Tébessa[131]

En latin « Theveste », en grec probablement « Hecatompylos » (Ptolémée I 73, 1), Tébessa est une ville d’Algérie située à 38km au sud-ouest d’Haidra, l’antique « Ammaedara», et à 20km de la frontière tunisienne. Les fouilles ont permis de dater les vestiges au IVe-IIIe siècle avant J.-C. À l’époque romaine, la ville devint un important centre d’administration financière et domaniale tout en gardant vivace la culture punique. Le culte de Saturne y était très vivant ainsi que celui de la Caelestis (ILAlg I, 2997 ; 2998 ; 3000 ; 3066). Parmi les trouvailles faites dans une « favissa », il faut relever celle de deux statuettes de déesses assises sur un trône à haut dossier et accostées de taureaux ainsi qu’un fragment de déesse debout tenant un enfant nu, sans doute « la Nourrice de Saturne ».

Carte de localisation

Symboles rouges

A : Ain el-BordjB : Ain El-KebchC : AlgerD : Annaba
E : ArzewF : AzeffounG : Aziz ben TellisH : Bejaia
I : Beni FoudaJ : CherchellK : ColloL : Constantine
M : DellysN : DjemilaO : DjinetP : El-Kseur
Q : GourayaR : GuelmaS : Ain BeidaT : Jijel
U : Kef BeziounV : Cap MatifouW : Mers el-HadjedjeX : N'Gaous
Y : OranZ : Rachgoun  

Symboles jaunes

A : SétifB : SigaC : SigusD : Skikda
E : Souk AhrasF : TakembritG : TaksebtH : Tebessa
I : TiddisJ : TiffechK : TigzirtL : Timgad
M : TipasaN : Villaricos  

Deux lieux ne sont pas identifiés de façon précise :
Tiberkine : wilaya de Aïn Defla
Oudjel : dans les environs de Ebn Ziad, à l'ouest de Constantine

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

Bibliographie

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Cet article fait partie de la page principale consacré à la spiritualité chez les Amazighs