Localisation spatiale des lieux de cultes antiques au Maroc

La Répartition Spatiale des Cultes Antiques Amazighes: le Maroc

L’influence punique semble fort limitée à la zone Sala Colonia, Volubilis, Ceuta et Tanger. Le reste du pays n’a connu ni Carthage ni Rome. Les Amazighes de la chaîne de l’Atlas ont contemplé de leurs hauteurs le passage des empires. La région du nord-ouest du Maroc était connue pour ses richesses agricoles et halieutiques et a laissé des vestiges qui confirment son rôle antique. L’existence historique de prophètes et de religions amazighes au Maroc montre que la spiritualité amazighe, loin d’être assimilée par d’autres, a montré sa capacité de s’adapter aux idées religieuses nouvelles. Les cas des Barghwata et des Ghomara permettent de les considérer comme la continuité d’une spiritualité authentique des Amazighes dans un pays qui avait des contacts limités dans l’espace et le temps avec les influences étrangères non amazighes.

Tamuda[132]

En néopunique « Tmd’t », nom d’origine amazighe de la ville située aux abords sud de la ville de Tétouan (Maroc). Pline la signale comme étant située à l’est des Colonnes d’Hercule (Histoire Naturelle, V 18). Ses origines remontent jusqu’au VIe siècle avant J.-C. grâce aux vestiges qui y ont été découverts. Les vestiges dominants sont ceux datant du IIIe siècle avant J.-C. jusqu’au Ie siècle après J.-C. L’influence punique apparaît dans la céramique, le mobilier funéraire, le monnayage avec la légende punique « Tmd’t ». Un site proche de Tamuda situé au confluent de l’oued Kitzan et l’oued Martil a livré un vase du type Tramayar datable du VIIIe au VIIe siècle avant J.-C. Cette petite ville qui était un port fluvial a connu une fin violente vers le milieu du Ie siècle avant J.-C. Elle fut détruite et abandonnée au début du Ie siècle après J.-C. sans doute suite à la grande insurrection des tribus maurétaniennes suite à l’assassinat de Ptolémée par l’empereur Caligula et l’annexion de son royaume à l’empire romain.

Ceuta[133]

En vernaculaire marocain « Sebta », il s’agit d’un site connu pour être une enclave espagnole sur la côte marocaine du Détroit de Gibraltar. La ville moderne recouvre le site antique dont les origines sont préhistoriques. Sa situation sur une presqu’île se prête à la fois à la mythologie et à une escale maritime au pied du Mont Acho ou « Abyla » (Pline : Histoire Naturelle III 4 ; V, 18). Mont Acho porte aujourd’hui le nom de Djebel Mousa avec une altitude de 842m et constitue la seconde colonne d’Hercule qui domine l’entrée sud du détroit de Gibraltar. Ceuta fut identifiée à « Ad Abilem » et avait des rapports commerciaux importants avec les villes puniques voisines, à savoir Gadès, Malaga, Castulo-Caesaraugusta (Saragosse), Carthagène, Mérida, Carmona dont les monnaies furent toutes trouvées sur la plage. Aucune monnaie de Ceuta n’a été retrouvée, ce qui prouve qu’elle n’avait pas l’autonomie politique pour le faire.

Cap Spartel – Cap Ampelusia[134]

Promontoire du Maroc à l’extrémité nord-ouest du continent africain. Pline (Histoire Naturelle V, 2) le désigne sous le nom de cap Ampelusia, ce qui signifie « cap des Vignes ». C’est probablement le Cap Soloeis signalé par Hérodote (IV, 43). Le Périple d’Hannon le désigne aussi par le Cap de Soloeis qui, en phénicien, signifie « cap du Rocher ». C’est aussi que, à ce cap, Hannibal offrit un sacrifice à Poséidon dont le nom recouvre vraisemblablement Melqart. Bref, le souvenir du Dieu Melqart se perpétue dans les grottes naturelles dites d’Hercule, situées à 4km du cap Spartel près des ruines de l’ancienne cité de « Cotte », la « Gutte » du Périple d’Hannon dont le nom attribué par Strabon (XVII 3, 2) et Ptolémée (IV 1, 2) au promontoire lui-même de « Kotes ». Pomponius Mela (I, 25) pensait que le nom du Cap Spartel en grec correspond à celui en phénicien. En effet, en phénicien, « Gitt » signifie pressoir à vin, ce qui rejoint l’idée du Cap de la Vigne transcrit par le grec. Le cap Arampe « Cap des Vignes », localisé au XVIe siècle au sud du cap Spartel met l’accent sur les vignobles de la région. Le cap Spartel a livré, entre autres, une importante tombe punique.

Volubilis[135]

La ville remonte au IVe-IIIe siècle avant J.-C. et fut installée sans doute sur un éperon dominant l’Oued Khoumane et pourvue d’une enceinte hellénistique avec la présence des techniques puniques pour sa réalisation. Jusqu’au règne de Juba II et de Ptolémée, les épigraphes sont en néopunique comme en témoignent les fouilles. Le temple B dit de Saturne situé en dehors de la muraille maurétanienne a fonctionné depuis la fin du royaume maure jusqu’au IIIe siècle après J.-C. De nombreuses stèles et des vases ossuaires contenant des débris de volatiles et de rongeurs ont été mis au jour dans la vaste aire sacrificielle de plus de 50m de côté. Ce sanctuaire dont le rituel a des rapports avec celui d’un Tophet devrait être consacré à la divinité locale qu’il ne faut pas confondre avec le Saturne africain. Encore une divinité amazighe qui échappe à l’archéologie.

Tanger

La ville actuelle empêche de fouiller le site premier de « Thinge », « Tingin » (en grec), « Tingi » (en latin) et « Tanga » (en arabe). Toutes les données proviennent des nécropoles rurales de l’arrière-pays. Dès l’âge de Bronze apparaît, des deux rives du Détroit de Gibraltar, une civilisation identique; ceci bien avant l’arrivée des marchands phéniciens.

La nécropole d’Ain Dahlia Kebira atteste l’avantage que les Amazighes surent tirer du commerce avec les Phéniciens grâce aux bijoux d’or, d’argent et de bronze et diverses babioles et de la céramique reflétant les techniques des centres phéniciens du sud de la Bétique (Andalousie). C’est au VIe-Ve siècle que Tanger s’épanouit grâce à la fermeté de la tutelle des Puniques. C’est aussi à cette époque que Tanger est mentionnée pour la première fois par Hécatée de Milet et par le Périple d’Hannon dont la version grecque la nomme « Thymiaterion ». Son monnayage fut autonome avec des légendes puniques aux IIIe et IIe siècle avant J.-C. avec l’effigie de Melqart et au revers les épis évoquant la richesse rurale.

Dchar Jdid[136]

Site situé sur le littoral atlantique du Maroc à 13km au nord-est d’Azila (Azilah) qui semble en conserver le nom antique et à 7km à l’est de Kouass. Il domine de 82m d’altitude l’Oued el-Kebir (Kharroub) et devait se trouver dans l’Antiquité en bordure de la lagune. Il a été permis de localiser, grâce aux découvertes épigraphiques, la « colonia Iula Constancia Zilil » établie à l’emplacement de la ville punique de « slyt » (‘a–Selit) mentionnée probablement dans le Périple d’Hannon sous le nom de « Melitta/Selitta » (vraisemblablement une confusion des lettres grecques sigma et mu), un toponyme qui signifie « Filet » ou « Pêcherie ». Strabon évoquait les Gaditans (habitants de Gadès en Ibérie) qui fréquentaient la ville (Strabon II 3, 4). À l’époque des rois de Maurétanie, la ville eut le privilège de frapper sa propre monnaie en son nom en lettres puniques « ’slyt ». Ces monnaies portent des épis de blé et des grappes de raisin. Le nom de la ville apparaît ensuite en grec et en latin sous les formes de « Zelis » (Strabon III 1, 8), « Zulil » (Pline : Histoire Naturelle V, 2), « Zelia » (Ptolémée IV 1, 7) et « Zili » (Itinéraire Antonin, p. 3).

Les fouilles ont montré que le site a été déplacé entre 50 et 25 avant J.-C., ce que l’on mettra en rapport avec le témoignage de Strabon (III 1, 8) selon lequel ses habitants furent transportés à Tingentera dans la baie d’Algésiras. Ceci est un témoignage historique sur les échanges des populations entre les deux rives du Détroit de Gibraltar et ce, pour laisser la place aux vétérans d’Auguste. Tingentera s’appelle alors « colonia Traducta ou Ioza » (avec « Yos’a » en phénico-punique signifiant « Sortante »).

Lixus[137]

En phénico-punique « Lks », en grec « Lixos/Linx/Lixa », en latin « Lixus » et « Lix » des monnaies, il s’agit d’une cité portuaire située à 5km de Larache (Maroc), sur la rive droite du Loukkos, le « Wadi Safdad » du géographe médiéval Al Bakri. La vallée du Loukkos aurait abrité le « Jardin des Hespérides » selon la mythologie grecque telle qu’elle fut connue au siècle de Juba II (Pline : Histoire Naturelle V, 3). Toujours selon Pline (Pline : Histoire Naturelle XIX, 63), les Phéniciens auraient fondé cette ville vers l’an 1100 avant J.-C.

Les fouilles archéologiques n’ont permis d’identifier que des vestiges remontant au VIIe-VIe siècle avant J.-C. grâce à un temple à abside érigé sur l’acropole dans une aire de plus de 10 acres. On pourrait penser qu’il était dédié à Melqart dont le culte se prolongera jusqu’à l’époque romaine comme l’attestent les sanctuaires 3B. Les vestiges les plus visibles et reconnaissables datent des époques carthaginoise et maurétanienne quand la ville fut célèbre par sa richesse économique. Le Périple d’Hannon la mentionne et le Périple de Pseudo-Skylax la nomme « ville des Phéniciens ». Deux stèles inscrites en caractères puniques ont été mises à jour ainsi qu’une inscription punico-libyque. Des monnaies à légende punique « Mqm Sms » de l’an 50 avant J.-C. sont généralement attribuées à Lixus qui fut qualifiée de « Lieu (saint) du Soleil » tandis que leur iconographie est représentée par des épis de blé, des grappes de raisin, des thons et des autels en rapport avec la richesse agricole et halieutique de la région. Le toponyme actuel de Lixus est celui de « Tchemmich » qui n’est en fait qu’une altération du nom antique de « Mqm Sms ». L’urbanisme de la ville en pente est assez intégré pour répondre aux différentes fonctions de la cité : habitats, administrations, usines de salaison, port. La muraille de défense a une trace qui rappelle les structures défensives hellénistiques. Les nécropoles se trouvent hors du rempart de la ville haute.

Mehdia[138]

La Kasba de Mehdia, située à 40km au nord de Rabat au Maroc, domine l’estuaire du Sebou (Sabu) et la plaine du Gharb qui s’étend à l’emplacement d’un ancien golfe comblé progressivement par les alluvions du fleuve. Le fleuve Sebou est appelé « Khretes » dans le Périple d’Hannon et « Crathis » chez Mnaseas (Pline : Histoire Naturelle XXXVIII, 38) et, sans doute, par corruption dans le Périple de Pseudo-Skylax. Ce nom devient « Krabis » chez Ptolémée (IV 1, 2 ; 6, 2), il devient « Soubour » ou « Soubous » et « Sububa » d’après Polybe (Pline : Histoire Naturelle V, 9) et « Sububus » chez Pline (Histoire Naturelle V, 5). Le fleuve, selon lui, avait plus de 300m à l’estuaire et était navigable. Hannon, au cours de son périple, l’a remonté ainsi qu’un de ses affluents. Son point d’attache était « Kerne », apparemment une référence au phénicien-punique « Qrn », c’est-à-dire « corne » qui est un établissement fondé ou repeuplé par Hannon au Ve siècle avant J.-C. et situé sans doute à l’emplacement actuel de la Kasba Mehdia ou à proximité, sinon sur la « Djizira Sidi Youssef » à 23km en amont. La description donnée par le Périple de Pseudo-Skylax (112) correspond aux « merjas » près ou proches de Mehdia. La lenteur de sa navigation de « Soloeis » (Cap Spartel) à « Kerne » (Mehdia) explique que les Puniques pratiquaient le cabotage.

Valencia - Banasa[139]

Nom amazighe puis latin d’une ville sur la rive gauche du Sebou à 30km à l’intérieur des terres dans l’une des plus riches plaines du Maroc. En dessous des ruines actuelles, vestiges d’édifices romains du IIe et IIIe siècle après J.-C., les fouilles ont permis la découverte de niveaux d’occupation préromaine remontant au VIe-Ve siècle avant J.-C. Leur céramique se retrouve dans presque tous les tumulus et centres préromains de la Plaine du Gharb jusqu’au Zerhoun. Sous les rois de Maurétanie, Banasa n’eut pas eu le privilège de battre sa propre monnaie. Après la mort de Bocchus II entre 33-27 avant J.-C., Octave promut Banasa au rang de colonie romaine qui atteignit son apogée au IIe et IIIe siècle après J.-C. La ville fut détruite et désertée.

Sala[140]

En néopunique « S’lt », en latin « Sala(ta) » ou « Salathos » devenue aujourd’hui « Sella », nom d’une cité antique située à 2 km du centre de Rabat (Maroc) et à 3km de l’estuaire de l’Oued Bou Regreg. Le nom fut donné par Pline (Histoire Naturelle V, 9.13) et Ptolémée (IV 1, 2 ; 6, 2). L’origine du nom de la ville est sans doute phénicien-punique « Solo » signifiant « rocher » et correspond bien à la Kasba des Oudaia qui surplombe, de la rive gauche, l’estuaire du fleuve. Ce site aurait dû être le site de l’établissemnt phénico-punique primitif. C’est à Chella (Sella) que les fouilles ont mis en évidence des vestiges phéniciennes des VIIe et VIe siècle avant J.-C. Il s’agit des restes d’un édifice en grand appareil et de céramique revêtue d’un engobe rouge. Vers la fin du Ie avant J.-C., Sala frappa sa propre monnaie à légende néopunique « S’lt » (Mazard, Corpus, n. 649-651) jouissant sans doute d’une autonomie sous les rois de Maurétanie. Elle fut sans doute occupée sous le règne de l’empereur Claude (41-54), puis élevée au rang de colonie sous Trajan (98-117) et c’est le titre de Sala Colonia que lui donne l’Itinéraire Antonin.

El Jadida – Mazagan - Rousibis[141]

Ville située sur l’océan Atlantique à 96km au sud-ouest de Casablanca et englobant l’ancienne cité portugaise de Mazagan. Sans doute la cité portugaise a été construite à l’emplacement du comptoir phénico-punique de « Rousibis » (Ptolémée IV 1, 2). C’est sans doute l’identification faite par Polybe avec le port de « Rutubis » (Pline : Histoire Naturelle V, 9) qui fut l’escale la plus importante depuis « Lixus ». Il s’agit en effet d’un excellent abri naturel sur la côte atlantique. Le nom est sans doute d’origine phénico-punique, mais aucune information ne fut révélée par les fouilles. Certains spécialistes tendent à localiser « Rousibis » à 11km au sud-ouest d’El-Jadida au lieudit « Tit ». Cependant, les fouilles ont révélé des tessons de céramique punique à Azemmour à 16km au nord-est d’El–Jadida.

Beddouza – Cap Promuntorium Solis[142]

L’ex-cap Cantin situé à 30km au nord de Safi sur la côte atlantique du Maroc. C’est peut-être le promontoire « Promuntorium Solis » de Polybe (Pline : Histoire Naturelle V, 9) et aussi le « Heliou oros » de Ptolémée (IV 1, 2). Ce nom est peut-être la traduction d’un nom phénicien ou punique.

Safi[143]

Il s’agit d’un port sur l’océan Atlantique situé à mi-chemin entre Mazagan (El Djadida) et Mogador (Essaouira) au Maroc. C’est l’emplacement probable de l’antique « Musokaras » de Ptolémée (IV 1, 2) à laquelle Genesius a déjà cherché une étymologie phénicienne. On pourrait penser à « Musok hares », c’est-à-dire « abri du soleil » (contre le soleil). La première mention sous le nom de « Asfi » est due au géographe andalous Al Bakri (XIe siècle). Cependant, Ravenne mentionne déjà les « Getuli Sofi » entre les « Getuli Selitha » et les « Getuli Dare ».

Si Safi était le site d’un comptoir phénicien ou punique, cela expliquerait mieux la découverte à 13km au nord de la ville à Lalla Fatma (bent) Mohammed, d’un groupe de cippes, difficiles à dater qui ressemblent aux stèles de Nora et au groupe le plus archaïque de stèles de Carthage avec des rapprochements précis, mais aussi d’importantes différences, ce qui a poussé certains spécialistes à penser qu’il s’agit d’une imitation par les artisans « Gétules » locaux.

Mogador - Essaouira[144]

Petite île située face à l’actuelle ville d’Essaouira sur la côte atlantique du Maroc. Al Bakri au XIe siècle appelle ce lieu par le nom d’« Amogdoul ». Il s’agit sans doute d’une dérivation du punique « (h)a-Mogdul/ha-Magdal » qui désignait la « Tour » de surveillance. Au XIVe siècle, « Amogdoul » devint « Mogdoura » dans les portulans portugais puis « Mogadour » sur les portulans espagnols. La petite baie de l’île de Mogador a livré un bétyle de 1,5m de haut (Phen 161), des fragments d’amphores attiques de haute époque et un grand nombre de tessons à engobe rouge, inscrits en phénicien qui doivent dater du VIIe siècle avant J.-C. (IAM I, p. 109-123). Ces inscriptions qui consistent en noms propres et abréviations attestent l’existence d’un comptoir phénicien ou punique au moins au VIIe siècle avant J.-C. Cependant, ce comptoir fut inactif depuis le Ve siècle jusqu’au Ie siècle avant J.-C. pour des raisons encore obscures. C’est sans doute le Roi Juba II qui relança les teintureries de pourpre (Pline : Histoire Naturelle VI, 201, 203). Les Romains ont fréquenté Mogador jusqu’au IVe siècle après J.-C.

Ghir, Cap[145]

Ce contrefort du haut-Atlas occidental (Maroc) au nord-ouest d’Agadir semble être décrit par le Périple d’Hannon, compte tenu des distances parcourues dans une grotte riche en vestiges d’outillage préhistorique, la prospection a permis d’identifier de la céramique punique du IIIe siècle avant J.-C., preuve que le cabotage punique se poursuivit au sud de Mogador. Le revers sud-est du Cap Ghir est probablement le site du port de « Rhysaddir » (Pline : Histoire Naturelle V, 9) qui a pris son nom du mont et du « Cap (du) Puissant ». Le « Rusadiron « de Ptolémée (IV, 3), appellation phénico-punique « R’s/Rs‘dr » du cap que l’on localisera au Cap Ghir, plutôt qu’au Cap Sim à 15km au sud de Mogador.

Rusaddir - Mellila[146]

En punique « Rs‘dr », en grec « R(o)usadeiron » (Ptolémée IV 1, 3), en latin « Rusaddi/Rusadder » (Itinéraire Antonin 11, 3-6) signifiant « Cap Puissant » et qui fut traduit correctement par Strabon (XVII 3, 16) par « Akra Megale ». C’est le nom phénicien de l’actuel « Cap des Trois Fourches » à l’extrémité nord de la péninsule des Guelaia puis nom de « la ville et du port » (Pline : Histoire Naturelle V, 18), actuellement Melilla qui domine à la base est de la presqu’île une petite baie servant de port à cette enclave espagnole de la côte méditerranéenne du Maroc. Les plus anciens témoins de l’habitat punique sont les amphores et les jarres du IIIe siècle avant J.-C. trouvées en 1904 dans la nécropole du Cerro de San Lorenzo, aujourd’hui disparue. Une seule inscription néopunique à légende punique « Rs‘dr » du monnayage autonome évoquant une culture punique de la ville à l’époque des rois maurétaniens.

Carte de localisation

A : AgadirB : AlgésirasC : AmegdoulD : Azila
E : BeddouzaF : CarmonaG : CarthagèneH : Ceuta
I : El Jadida (Mazagan)J : Essaouira (Mogador)K : GadèsL : Larache
M : MalagaN : MartilO : MehdiaP : Mellila
Q : MeridaR : SafiS : SaléT : Saragosse
U : TangerV : TetouanW : VolubilisX : Zerhoun
Y : Cap Spartel  

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

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