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Les Tombes Amazighes avant l’Islam

La fonction première d’une tombe constitue le lieu de repos soit du cadavre après inhumation soit des restes d’ossements et cendres après incinération. Il en va de même que, selon le type de culte, la forme de la tombe sera déterminée. Les tombes puniques à Carthage apparaissent au plus tard en 725 avant J.-C. et ont continué après sa destruction en 146. Les Amazighes punicisés usaient des mêmes types de tombes jusqu’au VIe siècle après J.-C.

À l’origine, les structures des tombes sont adaptées à la pratique de l’inhumation ou à la pratique de l’incinération mais, finalement, du fait de la transformation progressive de la tombe individuelle en tombe collective et de l’utilisation conjointe des deux pratiques, elles se montrent indépendantes des rites.

L’inventaire des tombes en Afrique du Nord permet de les classer selon les modes d’accès et sont au nombre de trois :

  • Tombes à accès direct : Ces tombes présentent des variantes dont la fosse simple à section rectangulaire ayant les proportions des restes inhumés ou incinérés. On rencontre la fosse simple dans tous les sites d’Afrique du Nord et à toutes les époques à partir du VIe siècle avant J.-C. jusqu’à la tombe musulmane qui a hérité la forme. Ce type de fosse simple présente des variantes spécifiques comme les fosses à rebords, à feuillure, à parement ou couverture de dalles, à sarcophage (Carthage), à fond sur-creusé d’auges ou d’augettes (Hadrumète, Igilgili), à forme anthropoïde (Igilgili). L’inhumation en jarre apparaît en Afrique du Nord à partir du IVe siècle avant J.-C., surtout pour les jeunes enfants (Tipasa, Kerkouane) ainsi que les alvéoles de surface abritant des cendres protégées ou non par un ossuaire (Smirat). Les fosses communes à inhumation ou à rite mixte et les tranchées à ossuaires ont été relevées à Carthage.
  • Tombes à puits : Un puits vertical profond jusqu’à 30m à Carthage, de section quadrangulaire peut desservir une fosse, une auge construite ou un caveau bâti, établi dans son prolongement ainsi que des cellules excavées sur son parcours. On y retrouve…
des fosses similaires aux fosses simples à accès direct.
des auges construites, notamment celles de Carthage, au VIe-Ve siècle avant J.-C. Il s’agit d’un volumineux caisson à couvercle composé de pierres de grand appareil assemblées à joints vifs et destinées au départ à une seule dépouille inhumée.
des tombeaux bâtis qui sont, en fait, des hypogés archaïques (VIe-Ve siècle avant J.-C.), imposants prévus pour un à quatre corps représentés uniquement à Carthage et à Tunis, mais ils ont des parallèles dans les zones d’influence punique, notamment à Utique avec des détails de construction originaux.
des cellules excavées dans les parois du puits sont dans la majorité des cas de forme rectangulaire et de dimensions proportionnelles à la taille humaine. Elles sont souvent équipées de niches murales, sarcophages, auges construites ou creusées, banquettes. Les puits à cellule unique sont progressivement concurrencés par des puits à deux, voire à trois à Carthage.
  • Tombes à dromos : La différence avec les tombes à puits réside dans le mode d’accès à la chambre funéraire qui est oblique et non verticale. Le dromos, rampe inclinée ou escalier, souvent de longueur et d’inclinaison variable s’achève le plus souvent sur un palier plat ménagé devant la chambre. Cette dernière peut être unique (Igilgil) ou deux placées en vis-à-vis (Mahdia), plus rarement communicantes (Chullu). Plus spacieuses, les chambres sont habituellement excavées (Sahel tunisien) et exceptionnellement construites (Moghogha Es-Seghira). Ce mode a été adopté par les Amazighes punicisés et a subi entre leurs mains des changements pour répondre à leurs propres besoins.

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

Cet article fait partie de la page principale consacré à la spiritualité chez les Amazighs