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Encyclo: Les-dieux-amazighs

Les dieux amazighes

René Basset, au début du XXe siècle a tenté magistralement d’exposer la religion des Amazighes de l’époque antique. Sa recherche l’avait obligé à prendre en considération les informations des auteurs gréco-romains antiques comme Hérodote, Pline l’ancien, Strabon et tant d’autres. Le premier chapitre de son œuvre s’ouvre sur la mythologie grecque et sa perception des Amazighes et de leur vaste contrée qui s’étend de l’Égypte jusqu’aux colonnes d’Hercule. Ses études ont servi de trame au présent travail.

L’apport de la mythologie grecque et de la mythologie phénicienne


Aussi bien Pline (Histoire naturelle I, 1-6) que Maxime de Tyr (Dissertations VIII, 7) considèrent que le Mont Atlas est pour les Libyens à la fois un temple et un Dieu. En d’autres termes, les Amazighes confondent le lieu et le dieu qui l’habite comme ils confondent dans leur langue le fruit et l’arbre qui le porte. Ce temple/Dieu appelé par les Grecs Atlas se trouvait aux colonnes d’Hercule qui furent appelées par les contemporains d’Hérodote du nom évocateur « colonne du ciel » comme un lieu symbolique entre le terrestre et le céleste.

Les auteurs comme Strabon (Geographica I XVIII, 3, 2), Pline (Histoire naturelle V.I, 13) et Solin (Polyhistor, 25) ont conservé les noms employés par les Amazighes pour désigner « la colonne du ciel ». Il s’agit de « Dyris » pour certains et pour d’autres « Addiris » dont la différence relève de l’ordre de la translittération des noms non grecs. Basset, après avoir exploré la sémantique des Amazighes aussi bien Touaregs que Guanches a mis l’accent sur la convergence entre les mots « Adar » signifiant falaise chez les Guanches et montagne chez les Touaregs.

Dominant les environs de Carthage, le massif montagneux Bou Qournein, qui culmine à 550 m signifie en arabe « le massif à deux cornes », a révélé un sanctuaire de haut-lieu avec plus de 600 stèles devenant ainsi un des sanctuaires les plus importants d’Afrique du Nord. Les stèles sont dédiées à « Saturnus Bulcaranensis » qui est une transcription latine du phénicien « Ba’al Qarnem ». Ce Dieu est qualifié parfois d’« Augustus », de « dominus » et de « deus magnus », le dieu invoque une fois « pro salute » de Septime Sévère, l’empereur d’origine amazighe, de Caracalla et de leur « domus divina ».

Le Dieu « Ba’al Addir », signifiant « seigneur puissant » que l’on retrouve à Constantine à l’époque des rois numides, notamment Massinissa 1er et Micipsa au sanctuaire d’El-Hofra est souvent suivi de l’épithète « dr » signifiant puissant ou seigneur puissant « Ba’al ‘dr » (KAI, 162). Le « Ba’al Addir » se rencontre aussi à Bir Tlelsa (KAI, 138) dans les inscriptions latines de Sigus (CIL VIII, 19121-19123) qui sont dédiées à « deo patrio Baladiri Aug(usto), (d)eo sancto (ba)liddiri ». Près de Guelma, le site Guelaat bou Sba a révélé une inscription qui mentionne « Ba’al Addir » sous la forme « Baldir Aug(usto) » (CIL VIII 5279).

Baal Hammon, divinité phénicienne, a été subrogée par Saturne, ce qui permet d’émettre l’hypothèse de convergence du culte de la divinité de la « Montagne » en Afrique du Nord. Les Phéniciens ont dû subroger les divinités amazighes par les divinités orientales, notamment « Ba’al Hammon » et sa parèdre « Tanit Pene Ba’al » qui signifie « Pleureuse en face de Ba’al ».

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

Cet article fait partie de la page principale consacré à la spiritualité chez les Amazighs
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Page mise à jour le 07 juin 2008 à 10h45