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Les Cultes Stellaires et Scènes amazighes dans l'Antiquité

Rien ne permet de parler d’un culte des autres astres de la voûte céleste. Cependant, probablement, le ciel, en général, et ses astres ont été à l’origine d’un sentiment religieux ou spirituel. Les fragments de mythologie ont survécu et certains ont été collectés à la fin du XIXe siècle.

La planète Venus s’appelle « Lamr’ar » chez les Zouaoua, « Tatari » en tant qu’étoile du soir et « amaouen chad » en tant qu’étoile du matin chez les Touaregs. Ce qui est intéressant, ce sont les scènes que les Amazighes ont mis dans le ciel, préfigurant d’un sentiment spirituel qui veut que la Terre reflète ce qui se passe dans le Ciel.

Les Pléiades sont les filles de la nuit « Chet Ahath » et les Touaregs en font trois couples. La 7ème étoile est considérée comme l’œil d’un garçon qui a été détaché et qui s’est envolé au ciel. Basset donne la liste des couples de la constellation des Pléiades :

  • Meteredjre-Eredjaot
  • Metseksek-Essekaot
  • Matelaghlagh-Ellaghaot

La Constellation d’Orion a deux interprétations chez les Touaregs. Selon la première, Orion sort d’un puits vaseux « Ader nelakou », le « pied dans la Vase », par référence au dernier pied qu’il sort de la boue correspondant à la dernière étoile quand la Constellation monte dans l’Est. Selon la seconde, Orion serait un chasseur ceint d’une ceinture « Tadjebesten Amanar » signifiant « baudrier d’Orion » qui est suivi d’un chien « Eidi » correspondant pour Sirius et précédé par des gazelles « Ihenkakh » pour désigner la Constellation du Lièvre.

La Grande et la Petite Ourses représentent la chamelle et son petit. L’étoile polaire est une négresse appelée « Lemkechen », c’est-à-dire « Tiens » parce qu’elle doit tenir le petit de la chamelle afin de pouvoir traire sa mère. Toutefois, les autres étoiles de la Grande Ourse représentent une assemblée qui délibère sur le sort de la négresse, à savoir s’il faut la tuer ou non. Cette dernière est pétrifiée. Ainsi, les Amazighes avaient remarqué l’immobilité de l’étoile polaire au cours d’une révolution sidérale.

Ceci prouve également que les Amazighes Touaregs avaient maîtrisé la possibilité de naviguer par l’orientation polaire. Certains éléments coraniques ont trouvé le chemin à ce mythe alors que la chamelle a pris le nom de « chamelle de Noé » qui fut tuée par sept nobles dont un Touareg. Ce dernier se métamorphosa en « ourane », une espèce de grand lézard « Ar’ata », les autres en chacal, en caméléon... Dès lors, les Touaregs ne consomment pas l’ ourane considéré comme leur oncle maternel.

La voie lactée s’appelle à Bejaia « Ajgou u tignaou », c’est-à-dire « Poutre du Ciel » et, chez les Branès au nord de Taza « Abrid dtben », c’est-à-dire « la Voie de la paille ».

La Constellation du Scorpion a deux noms chez les Touaregs : « Tagherdamt » (scorpion) et « Tazzeit » (palmier). Un jeune homme, Amrot, grimpant le stipe d’un palmier, aperçoit à mi-hauteur de belles jeunes filles (« Tibaraddin ») vêtues de « h’aoulis » rouges venant à la mare (« Tasahak ») et s’arrêta pour les admirer.

Alderban se nomme « Kokoyyodh » et Canope se nomme « Ouadit ».

Les Amazighes et les Africains antiques passaient pour être versés dans la science des horoscopes. Même l’empereur Septime Sévère d’origine amazighe était réputé par sa maîtrise de cette science puisqu’il estime que son propre fils Geta ne peut être divinisé, car sa Constellation n’a rien révélé d’impérial.

Le culte du dieu Ouanzar et rite d’Aghounja


L’arc-en-ciel s’appelle uniformément à travers les territoires amazighes « Thislith n ouanzar », ce qui veut dire la fiancée de la pluie. La pluie, chez les Amazighes, est considérée comme un être masculin en raison de son pouvoir fécondateur. Pour provoquer la pluie, les Amazighes recourent au rite de « Aghounja » ou « Taghounat » selon les régions. Tertullien parle de la Caelestis comme étant « Pluviarum Pollicitatrix », celle qui donne la pluie. Du fait que les Amazighes accordent une fiancée à Ouanzar, cela équivaut à reconnaître son statut de Dieu de la pluie. Chez les Guanches, pour provoquer la pluie, on fait jeûner les hommes et sevrer les troupeaux en isolant les jeunes de leur mère. Les bêlements et les cris émis sont censés émouvoir la divinité qui fait pleuvoir le ciel.

Dans l’Antiquité, les Amazighes furent célèbres pour provoquer la pluie par des procédés qui leur sont propres. Une armée romaine commandée par Hosidius Geta, successeur de Suetonis Paulinius, faillit mourir de soif dans les sables à la poursuite de rebelles amazighes commandés par leur chef Sebulus. Un Amazighe allié des Romains persuada le général romain Hosidius de recourir aux incantations et à la magie amazighe pour provoquer la pluie. Dion Cassuis dans son Histoire romaine IX, 9 rapporta l’anecdote qui a sauvé le général et son armée sans décrire le procédé incantatoire amazighe.

Al Bakri, dans son œuvre précitée, rapporte le cas de la sœur du prophète Hamim des Ghomara qui était réputée pour provoquer la pluie.

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

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