Les-Dieux-Amazighs-Reveles-Par-L-Archeologie

Les Dieux Amazighes Révélés par l’Archéologie

Les fouilles à Beja, ville située à 100 km à vol d’oiseau à l’ouest de Tunis, dans le bassin moyen de la Medjerda et dont la situation au cœur de la [[Numidie]] offre une idée sur les différents cultes pratiqués dans l’Antiquité (phrase incomplète). En effet, Massinissa s’en est emparée de facto puisqu’elle ne figure pas dans le territoire de l’Africa Vetus romaine après la chute de Carthage. Jugurtha en fait une de ses places fortes en raison justement de son marché qui était le plus important de tout le royaume de [[Numidie]]]]. Beja fut dévastée par Metellus après le massacre d’une garnison romaine en 109 avant J.-C.

Les fouilles ont révélé une inscription latine datée de l’an 197 après J.-C. (Corpus Inscriptionum Latinarum, Berlin, 1862 : VIII, 14394; cf. 10564) qui mentionne la réfection d’un temple de Cérès, c’est-à-dire de Déméter et Koré tandis que le bas-relief est consacré aux 7 dieux amazighes :

  • Macurtam
  • Lunam
  • Macurgum
  • Matilam
  • Bonchor
  • Vihinam
  • Varsissima.

Ceci illustre d’une manière claire que le culte des dieux amazighes à la fin du IIe siècle après J.-C. était vivant. La fin du IIe siècle correspond aussi à l’époque où Tertullien était très actif à Carthage pour prêcher le montanisme, une religion dérivée d’une interprétation de l’Évangile selon Jean faite par Montan de la Phrygie.

Les stèles dédiées à Saturne et datant du IIe siècle après J.-C. corroborant cette cohabitation entre différents cultes purement amazighes ou puniques que les Amazighes avaient adoptés.

Le dieu amazighe Sug(g)an


Le Corpus Inscriptionum Latinarum (Berlin, 1862 : VIII, 1059; 16749) nomme le dieu amazighe comme étant « Sug(g)an ». Ce nom apparaît dans les anthroponymes amazighes tels que Sucan (Tunisie : Inscriptions latines numéro 732), Samsucan (Algérie : Inscriptions latines numéro II, 1658) ou Wrskn (Kanaanaische und aramaische Inschriften, Wiesbaden, 1962-64, 3ème éd. : 100, 4.5).

Il y a lieu de faire la différence entre ce dieu amazighe avec son homonyme punique « Sakon » qui possédait un temple à Carthage et où il est qualifié de « Skn b’l ‘dqs » qui veut dire « Sakon le seigneur saint ». Ce dieu Sakon est connu archéologiquement parlant à Mari sous la forme « Sikkanum », à Ugarit sous la forme de « SKN » et, à Emar, sous la forme « Sikanu ».

Les dédicaces aux dieux maures ne manquent pas, ce qui prouve qu’ils étaient adorés par les Amazighes. L’inscription CIL VIII, 20251 retrouvée à Ain Kebira mentionne la dédicace suivante : « Aux Dieux maures sauveurs et au génie de Satafis ». Le dieu maure « Mastinam » rapporté par Corippus, d’après Basset, fut comparé à un autre dieu maure « Autinam » que certains auteurs auraient identifié comme un dieu de la guerre. La région de Tlemcen a révélé le nom d’« Ausliva », un dieu maure grâce à l’inscription CIL VIII, 9906-9907 trouvée à Agadir (près de Tlemcen) et CIL VIII, 21704 trouvée à Ain Khial.

Henchir Matkides a permis de relever la liste des dieux maures du Pagus Magifa grâce à l’inscription CIL VIII, 16749 qui mentionne : Masedenis, Tikikvae, Sugganis et Lesdanis. Un autre dieu amazighe « Iocolo » est révélé par l’inscription CIL VIII, 18809 retrouvée à Sidi Yousof qui le décrit : « Iocoloni deo patri ». L’épithète « Deus Patrius » a été relevé ailleurs pour « Baliddir » ou « Baldir a » : Guelaat Bou Sba (entre Bone et Guelma) CIL 5279 et Sigus au sud-est de Constantine, CIL VIII, 19121, 19122, 19123.

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

Cet article fait partie de la page principale consacré à la spiritualité chez les Amazighs