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Le Culte des Génies chez les Amazighes de l'Antiquité

Les Amazighes avaient un culte des génies sans que l’on puisse distinguer clairement s’il s’agit en fait de divinités ou de génies au sens que Rome l’entendait. Ainsi, l’inscription CIL VIII, 9749 parle de « Genio fluminis », un génie de la rivière alors que l’inscription CIL VIII, 5884 parle du génie de l’Amsaga. À Batna, le génie de la fontaine est associé à Jupiter (CIL VIII, 4291). À Rusicada, il y a le génie de Rusicada (« Genio coloniae Veneriae Rusicadae Augusto »). Le génie de Maktar est signalé par CIL VIII, 6352. Celui de Djemila s’appelle « Genius populi Cuiculitani » (CIL VIII, 20144). Le génie de la colonie à Henchir Sidi Ali Bel Kassem est révélé par l’inscription CIL VIII, 14687. Deux inscriptions signalent le génie de Novar-Béni Fouda-Sillegue CIL VIII, 20429, 20430. Enfin, la divinité invaincue de Gourai près de Tébessa CIL VIII, 1843.

Le génie le plus souvent cité est, en fait, une divinité latine ou punico-latine comme à Ksar el Ahmar dans la région d’Ain Beida (Algérie). Dans une dédicace à Saturne au IIIe siècle après J.-C., ce dieu a été qualifié de « Genius saltus Sorothensis », et dans une autre adressée à Jupiter à Uzeli « Genius arcae frumentarae », c’est-à-dire le génie protecteur des silos de blé. Probablement, la mémoire collective amazighe a conservé ce mythe de « génie » que l’on appelle « mouwalin lmkan » signifiant en dialecte marocain « les seigneurs du lieu, i.e. ses protecteurs ».

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

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