Las Navas De Tolosa

La bataille de Las Navas de Tolosa ou Hisn al-Iqab eut lieu au lieu-dit Castillo de la cuesta (de nos jours Castro Ferral province de Jaén - Espagne) le lundi 16 juillet 1212 opposa une armée sous commandement de Mohammed An-Nasr, Calife de la dynastie des Almohades.), est une coalition de circonstance moins nombreuse mais plus aguerrie de plusieurs états chrétiens de la péninsule ibérique et des troupes sous commandement de Alphonse VIII de Castille.

Les faits

Depuis que les almohades ont unifié en 1147 une grande partie du Maghreb et le sud de l'Espagne, la reconquête du territoire par les chrétiens se fait plus difficile. À partir de 1172, les attaques Almohades contre les frontières chrétiennes s’intensifient. Dès lors, guerres et trêves se succèdent entre musulmans et chrétiens. Les Castillans remportent une grande victoire avec l’occupation de Cuenca (1177), mais ils sont écrasés à Alarcos (1195). L’offensive Almohade anéantit le système de défense que les ordres militaires d’Alcántara, de Santiago et de Calatrava ont établis dans la Manche. Désormais, devant la fougue guerrière des Almohades, l'union des princes ibériques paraît indispensable. Entre 1206 et 1209, Rodrigo Jiménez de Rada, archevêque de Tolède (1208 - 1247), chroniqueur de cette bataille, réussit à rétablir la paix entre les rois chrétiens au traité de Guadalajara. Il obtient du pape Innocent III (pape 1198-1216), qu'il décrète la croisade contre les Almohades, avec les mêmes indulgences pour les croisés que celles accordées aux combattants de Terre sainte.

Situation stratégique

Les croisés se rassemblent, fin mai, à Tolède, ville symbole de la Reconquista. Il y a là : 60 000 Castillans, conduits par Alphonse VIII de Castille le Grand (1155-roi 1158-1214), 50 000 Aragonais et Catalans, emmenés par Pierre II d'Aragon (1148-comte-roi 1196-1213), 50 000 vassaux d’Alphonse IX roi de León (1171-roi 1188-1230), et plus de 60 000 "Francos" avec les prélats de Narbonne, Bordeaux et Nantes.

Calatrava, importante cité, qui commande l'accès vers l'Andalousie, est bientôt conquise par les troupes de la coalition dans leur marche en juin: sa perte est un grand désastre pour les almohades. Son défenseur, Yusuf ben Kadis, est exécuté par le IVe calife Mohammed An-Nasr connu sous le om de Miramamolin, pour avoir échoué. L'armée s'ébranle dans la chaleur du mois de juin et fait route vers le sud. Calatrava, importante cité, qui commande l'accès vers l'Andalousie, est bientôt conquise : sa perte est un grand désastre pour les musulmans. Son défenseur, Yusuf ben Kadis, est exécuté par le IVe calife Mohammed An-Nasr (vers 1168-calife 1199-1213), connu sous le nom de Miramamolin, pour avoir échoué.

Cette victoire provoque la défection de la plupart des croisés non ibériques, qui s'estiment quittes de leur vœu de croisade, à l’exception de ceux qui ont suivi le légat du pape et archevêque de Narbonne, Arnaud Amaury (1150-1225), le chef spirituel d'une autre croisade, celle contre les Albigeois en Languedoc. De plus, ces soldats fanatiques ne comprennent pas que le roi de Castille épargne les populations musulmanes : sa tolérance les irrite. Car pour Alphonse VIII, ce sont des nouveaux sujets qu'il s'agit avant tout de ménager.

Le Calife Mohammed An-Nasr inquiet des mouvements et des victoires récentes des chrétiens, quitte précipitamment le Maroc à la tête de ses guerriers amazighes et arabes, et s’empare de la forteresse de Salvatierra que tenaient les chrétiens. Le 24 juin 1212, l’armée chrétienne quitte Tolède.

C'est une armée essentiellement espagnole qui marche contre le prince des Almohades. Car après la victoire de Calatrava, Sanche VII le Fort, roi de Navarre (1152-roi 1172-1221), rejoint l'Ost. La traversée de la Sierra Morena, par des sentiers détournés que ne surveillent pas les Maures, est pénible et périlleuse. Un berger indiqua aux chrétiens un chemin pour éviter le défilé dans la Sierra Morena. Cela leur permit de s'installer sur un plateau (dit du roi). Arrivés le vendredi 13 juillet, à 9 km au nord-ouest du petit village de Las Navas de Tolosa, au pied de la Sierra Morena, dans l'actuelle province de Ciudad Real, au creux d'une de ces larges vallées aux pentes douces - que les Castillans appellent nava et les Arabes al-Iqab -, les croisés aperçoivent enfin l'immense armée Almohade. Le porte-drapeau Diego López de Haro du roi de Navarre, est monté jusqu’au « puerto de la Losa » accompagné par le berger du lieu qui connaissait bien le terrain. Depuis ce lieu il a pu observer l’emplacement des troupes almohades, ce qui a grandement favorisé les troupes chrétiennes.

Sur le site de Las Navas, le Calife Mohammed An-Nasr avait eu le temps d'en exploiter au mieux les ressources. Ses troupes, fortes de 200 000 hommes environ, sont disposées en deux ailes de cavalerie formées de volontaires amazighs et de contingents andalous, de part et d'autre des troupes régulières Almohades. Celles-ci occupent un tertre, où est dressée la tente du calife, elles regroupent des abids, esclaves armés de longs javelots, qui constituent la garde spéciale du chef, et des archers, qui, de cette position, se préparent à accueillir la cavalerie chrétienne. Face à eux, l'emplacement choisi par les chrétiens est un peu moins favorable, un plateau, qui s'élève de la plaine. Pendant le samedi et dimanche se produisent de nombreuses escarmouches.

Déroulement

Les coalisé lancent l'offensive à l'aube du lundi 16 juillet 1212. Les Castillans et les Ordres Militaires formaient le centre flanqués à droite par les Navarrais et les milices urbaines d’Avila, de Ségovie et de Medina del Campo, et à gauche par les Aragonais. L'assaut commence très mal pour les forces de la Reconquista. Tandis que les flèches lancées depuis le fortin où se trouvent les almohades font des ravages, la cavalerie légère des amazighs et des Andalous enveloppent les ailes des chrétiens. Le risque est grand et plusieurs corps de bataille commencent à se débander. Mais, avec des cavaliers d'élite, le roi de Castille et l'archevêque de Tolède prennent alors la tête d'une charge furieuse qui enfonce le centre des amazighs. Les Rois d'Aragon et Navarre, voyant ce fait, chargent à leur tour sur les flancs droit et gauche des troupes almohades.

Les chrétiens parviennent jusqu'au retranchement des archers maures. À ce moment, les troupes almohades, décontenancées, lâchent pied et fuient en désordre. Enhardis par ce succès, les chrétiens se lancent à leur poursuite. Le calife almohade lui-même s'échappe avec sa garde personnelle, et la fuite de leur chef accentue la panique des soldats almohades, qui sont littéralement massacrés. Mohammed An-Nasr a le temps de se replier sur Baeza, mais il est contraint à nouveau de quitter cette ville pour regagner le Maroc, lorsque Alphonse VIII, poursuivant son avance, attaque Baeza et s'en saisit.

La fuite précipité de Mohammed An-Nasr , permit aux chrétiens de récupérer un immense butin de guerre. De ce butin on a conservé le Pendon, un Étendard almohade. Dont le motif en étoile reprend les exhortations des enluminures figurant sur les exemplaires du Coran de l'époque. Il est actuellement exposé au Monastère de Santa Maria de las Huelgas Reales, à Burgos. Sur le champ de bataille où gisent d'innombrables cadavres ( à peu près 60.000 dans le camp almohade), les croisés se rassemblent et, menés par l'archevêque de Tolède, entament un Te Deum pour rendre grâces à leur Dieu de cette victoire, qui, selon la légende, ont bénéficié de l'intervention de Notre-Dame de Rocamadour.

Conséquences

La bataille de Las Navas de Tolosa n'a pas de conséquences immédiates importantes, à l'exception des raids sur Baeza et la haute vallée du Guadalquivir. Mais, parce qu'elle met fin au mythe de l'invincibilité des Almohades, elle ouvre la voie à la conquête de la majeure partie du sud de l'Espagne.

Le château de Calatrava la Nueva, près d’Almagro, a été construit par l’Ordre de Calatrava, en utilisant des prisonniers musulmans de la bataille des Navas de Tolosa, entre 1213 et 1217.

L'empire Marocain de la dynastie des Almohades se morcèle en plusieurs royaumes, les Taïfas, dans la péninsule ibérique, l'union réussie par le père et le grand père de Mohammed An-Nasr n'est plus. C'en est fini de l'unité à tel point que l'une de ces entités, le futur émirat de Grenade, signe un accord de vassalité avec les Castillans, ce qui le préserve pour longtemps encore et laisse les mains libres aux espagnols pour engranger les bienfaits de cette victoire sous forme de territoires conquis; la Frontera nouvelle se stabilise pour les deux siècles à venir, elle sera militarisée car non pacifiée tout du long. Après une trêve d’une dizaine d’années, l’expansion chrétienne reprend : Cordoue tombe en 1236, Séville en 1248, Cadiz en 1261.

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