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La Prostitution Sacrée dans l'Antiquité en Afrique du Nord

Les auteurs antiques classiques avaient confondu trois coutumes sous la même appellation :

  • Celle du rite hiérogamique accompli vraisemblablement lors de la célébration de la mort et de la résurrection du dieu.
  • Celle des vierges qui se donnent à un étranger dans un temple et se marient ensuite,
  • Et celle des femmes et hommes voués au service d’une divinité et se livrant à la prostitution sacrée d’une façon permanente dans le but de favoriser la fécondité de la nature.

Des prostitués professionnels des deux sexes étaient rattachés aux sanctuaires phéniciens spécialement ceux d’Astarté auxquels ils procuraient des monuments importants. Les hiérodules étaient appelées « ’Lmt », littéralement « filles nubiles » à Kition ou à Palmyre mais aussi « ’Mt (s) ‘Strt » ou « servante d’Astarté ».

Les prostitués mâles ou pédérastes étaient qualifiés de « Klbm » ou « chiens », terme soulignant leur attachement à la divinité ou bien « Grm » pour « minets » notamment à Kition. Des témoignages d’auteurs antiques signalent la présence de « minets » aux sanctuaires d’Astarté à Afqa et à Baalbek jusqu’au IVe siècle après J.-C. À Carthage et à Sicca Veneria, la prostitution sacrée était pratiquée par des punicae fiminae (femmes puniques).

On connaît par l’épigraphie de deux hiérodules du sanctuaire punique d’Erix en Sicile (CIS I, 3376) qui portent les noms de « ArishutBaal » (objet désiré de Baal ou de l’époux divin) et fille de « Amotmilqrt » (servante de Melqart).

Il y avait des maisons closes dont certaines relevaient de la municipalité comme à Bulla Regia (en néo-punique « BB’ » qui est l’homonyme de Babylone) et à Hamma Darragi dans la Medjerda de Tunisie.

Extrait de la spiritualité chez les amazighes Tome I de LallaYetto Kushel

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