Karl Prasse

Linguiste, professeur émérite de langue berbère à l’université de Copenhague

Karl-Gottfried Prasse, de nationalité danoise, est né le 14 août 1929 à Hambourg (Allemagne). Il commence des études de linguistique générale et comparée à l’Université de Copenhague en 1948. En 1950, il se réoriente vers l’Égyptologie.

Au cours de sa période de formation, il a accompli plusieurs séjours d’études à l’étranger :

  • en 1952-53 à Paris (bourse d’État française), où il étudie le berbère, l’arabe marocain, l’amharique à l’Ecole des Langues Orientales ;
  • en 1953-54 à Rome (bourse d’Etat italienne), où il étudie l’amharique et le somali.

En 1955, il soutient sa thèse, qui est couronnée de la médaille d’or: Les noms en berbère, comparés à ceux de l’égyptien et du sémitique (morphologie).

Il s’engage alors définitivement dans la voie de la recherche linguistique et effectue plusieurs nouveaux séjours d’études :

  • à Paris, au printemps 1958 (bourse de jeune chercheur), pour effectuer le dépouillement des notes de voyages sur le vocabulaire touareg laissées par A. Basset.
  • à Tamanrasset, en Algérie, à l’automne 1958 (même bourse), pou y étudier le touareg de l’Ahaggar.
  • à Paris de nouveau, en 1959, pour continuer le dépouillement des notes d’André Basset, et y poursuivre ses études d’arabe marocain et égyptien, de linguistique générale et de berbère.

À partir de 1960, il commence une longue carrière d’enseignant-chercheur à l’Université de Copenhague; il enseigne successivement l’arabe à l’Institut de philologie sémitique et le berbère à l’Institut d’Égyptologie où il est promu Lektor (Professeur) de berbère en 1972.

Son apport scientifique est tout à fait considérable, principalement pour les Études berbères - son œuvre touarègue est absolument fondamentale -, mais aussi, plus largement, pour la dialectologie arabe (avec ses travaux sur l’arabe du Caire) et la linguistique historique et comparée chamito-sérnitique.

Il a participé à élaboration de manuels d'enseignement pour l'alphabétisation et à la fixation de l'orthographe touarègue. Il a réussi, notamment à montrer que les notations phonétiques de Charles de Foucauld n’étaient pas très correctes. Il est aussi l’auteur d’un dictionnaire et d’une Manuel de grammaire touarègue.

Au cours de sa carrière, il aura une activité soutenue de publication et d’édition qui a totalement renouvelé la connaissance sur le domaine touareg. A côté de ses travaux linguistiques, descriptifs ou historiques, il ne dédaigne pas les terrains de l’application et participe régulièrement à des travaux de linguistique appliquée: élaboration de manuels d’enseignement pour l’alphabétisation, fixation de l’orthographe touarègue etc. Il mène également une action continue de pédagogue en contribuant à la formation de chercheurs touaregs.

K. Prasse a également su encadrer et encourager de nombreux chercheurs autochtones, et mettre en place avec eux des collaborations sur la longue durée. Collaborations particulièrement fécondes qui ont permis la publication d’une série d’instruments et documents scientifiques de première importance sous l’égide de l’université de Copenhague.

En 1986, après la suppression du berbère comme matière d’enseignement autonome, il dirigera l’Institut d’Égyptologie (Institut Carsten Niebuhr) à l’Institut de Philologie Orientale de l’université de Copenhague. Il part en retraite en 1996 mais continuera à donner des cours d’arabe dialectal et littéral à l’Institut Carsten Niebuhr.

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