Histoire Du Chacal Et De Sa Femelle

HISTOIRE DU CHACAL ET DE SA FEMELLE

Il y avait un chacal et sa femelle ils avaient un petit qui leur était très cher. Ils parlaient ensemble, une nuit. La femelle disait :

« Ce petit-là (cet enfant de nous là), nous le marierons dans une grande famille (grand sang). » Le chacal lui dit:

« Ma fille le laisse-nous donc le marier chez des chacals comme nous; quant aux chiens, toujours ils furent nos ennemis. »

La femelle lui dit:

« Non, non, écoute-moi seulement. »

Le chacal lui dit :

« Oui, s’il plait à Dieu; aujourd’hui, n’en partons plus. Demain tu iras chasser dans la forêt pour rapporter quelque cadeau. »

En somme, il l’écoutait. Le matin de bonne heure, il alla au bois; il s’approcha furtivement de quelques bergers. Il leur vola un mouton il l'apporta à son trou. La femelle lui dit:

« Dors jusqu’au matin »

Il dormit (passa la nuit); le matin de bonne heure, il se leva, il se mit en route. Il monta sur une hauteur, il trouva un grand douar où il y avait beaucoup de chiens. Quand il approcha (du douar, il mit le mouton sur son dos) Les chiens le virent, vinrent sur lui. Lui les vit, cela ne lui plut pas. Il jeta le mouton et s’enfuit. Ils le suivirent, ils le suivirent, tant qu’il n’en pouvait plus, ils le lâchèrent. Il revint jusqu’à une colline, il y dormit jusqu’au soir, il revint à la tanière où il demeurait. Sa femelle et son petit le virent, ils vinrent à sa rencontre. Lui riait comme si rien ne lui était arrivé. La femelle lui dit :

« Je te salue. »

Il lui dit « Que Dieu te garde!

Elle lui dit :

« Qu’as-tu fait avec ces grands seigneurs! »

Il lui dit :

« Ma fille, ils n’ont rien épargné, ils ont été très bons pour moi. Dieu nous a fait du bien, Dieu soit loué. Mais ils m’ont dit Il faut que la mère du petit vienne voir la petite. »

Elle dit :

« Sans doute. »

Elle se réjouissait d’aller chez les beaux parents; elle ne dormit pas du tout, de joie. Le matin, de bonne heure, elle emporta un mouton; elle prit le chemin qui monte. Le chacal et son petit l’accompagnèrent. Ils prirent congé d’elle, ils revinrent.

Leur petit riait, il était joyeux. Le chacal, lui, disait:

« Va donc, mon fils. »

Il savait ce qu’il y avait. Ils revinrent à leur trou. La femelle, elle, avait monté sur la colline. Quand elle fut en haut, elle se mit à crier, parce que le chacal lui avait recommandé; il lui avait dit: Quand tu seras en haut, crie pour que les beaux parents viennent à ta rencontre. »

Lui voulait que tous les chiens qui étaient dans le douar l’entendissent et que tous arrivassent. Elle, quand elle fut en haut, elle cria; les chiens l’entendirent, lui coururent dessus. Elle les vit, gueules ouvertes.

Elle dit dans sa tête :

« Ces chiens ne me plaisent pas ».

Elle jeta le mouton et s’enfuit. Ils la suivirent, ils la suivirent jusqu’à ce qu’elle ne pût marcher, ils la lâchèrent. Elle revint à son trou. Son petit vint à sa rencontre. Le chacal lui riait. Il savait ce qu'il y avait, le petit alla à la rencontre de sa mère.

Il lui dit:

« Je vous salue, ma mère . »

Elle ne lui parla pas du tout. A peine arrivée à son trou, elle tomba et se coucha.

Le chacal vint près de sa tête, et il riait. Il lui dit :

« Ma fille, je t’avais dit : Laisse-nous donc, marions-nous avec les chacals comme nous autres. Toi, tu m’as dit : Écoute-moi. Mais les anciens l’on bien dit; les conseils des femmes sont mauvais. »

Elle lui dit:

« Cette chose-là, sur nous, Dieu l'a écrite »

FIN

D'après Capitaine Justinard, manuel de tachelhite, 1914

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