Glaoui

Les Glaouis sont une ligné dynastique de cadis (caids) qui régna sur une partie plus ou moins étendue du sud du Maroc probablement depuis le début du XVIIIe siècle jusqu’à l’indépendance du Maroc en 1956. C'était l'une des trois grandes famille de cadis, les deux autres étant El Goundafi et M'touggi)

L'origine des Glaouis

Selon certain, le premier glaoui aurait fuit la région des Doukkalas pour se placer sous la protection d’un marabout local, il aurait épousé la fille de ce dernier et hérité, à sa mort de sa baraka, de la Zaouia et des biens affectés à son entretien notamment des salines sur la rivière Mellah. L’Agourram devint ensuite Amghar et fit entériner sa position par Moulay Ismael qui le nomma à la tête des Glaouia, tribu du versant sud de l’Atlas où il établit un souk appelé Khemis de Télouet, ainsi qu'un caravansérail. De ce fait, le glaoui contrôlait dès lors le passage des caravanes venant du Tafilalet et du Sahara, qui lui versaient un droit de passage, le glaoui perçevait aussi des taxes sur tous les produits vendus au souk et les revenus du caravanserail. En 1856 le commandement de ses successeurs devait etre augmenté par Moulay Abderrahmane d’une tribu du versant nord de l’Atlas où il établit un second souk El Had Zraqten, non loin de Télouet.

La prise de pouvoir des Glaouis dans le Sud

En 1893, lors du passage par le col de Télouet, du sultan Moulay Hassan de retour d’une Harka dans le Souss et qui laisse à Madani Glaoui un canon Krupp pour le remercier de l’accueil et du long séjour fastueux qu’il lui avait reservé à lui et à ses troupes affamées. Armé de ce canon, de sa ruse, et de sa richesse, Madani El Glaoui, tour à tour allié et ennemi de deux autres chefs de tribu du Sud, les Goudafi (dans la région de Tinmel) et les M’Touggi, asseoit sa puissance sur le grand sud. Le fait qu'il disposait d'un canon krupp lui permit entre-autre d'abattre les casbahs de ses ennemis, le canon sera plus tard installé à Taourirt, la kasbah de Ouarzazate. Le commandement des Glaoui sera aggrandi de deux autres tribus. De ce fait, Si Madani Glaoui devint le seigneur du Grand Atlas. Plus tard, en 1907, Madani est à la tête du complot hafidiste qui chassa Moulay Abdelaziz du pouvoir sous le pretexte de sa molesse vis à vis de la menace étrangère. En remerciement, il fut nommé grand Vizir. Entre temps son fief s’était aggrandi de trois nouvelles tribus.

Les Glaoui alors, puissants guerriers du Haouz, chefs de tribus amazighs Imzwarn, qui détenaient des mines de manganèse et de sel, obtinrent de la France pré-coloniale le statut de protégés. C'est l’apogée de la dynastie qui fut atteinte en 1912 lorsque la France mit sous le commandement des Glaouis (Madani et Thami) la quasi-totalité des tribus de l’Atlas et de la plaine du Haouz autour de Marrakech. Chacun de ses cadis, recevra ou construira une casbah, véritable chateau fort. La plupart son aujourd’hui en ruines, mais toutes sont reconnaissables à leur style particulier. A Agdz, Tineghir, Télouet, Skoura, Ouarzazate, Talouine, Zagora, Denmate, Aït Ourir, Haouz, Aït Ben Haddou, Tamdakhte etc... tous étant le reflet de l’étendue de la puissance des pachas Glaouis.

Le tournant de l'Indépendance

Pendant la guerre, Madani El Glaoui sert les français. Il mourra en 1918, et c’est son frère Thami qui prendra les rênes de la maison Glaoui, la hissant au sommet du pouvoir dans les années de la colonisation. Thami El Mezouari El Glaoui fut nommé pacha de Marrakech par un dahir du sultan Mohammed V.

En décembre 1950, El Glaoui demanda à Mohammed V de ne plus suivre le parti Istiqlal favorable à l'indépendance. En février 1953, El Glaoui réunit une centaine de pachas et le double de Cadis et fit signer une pétition exigeant le départ du sultan, seuls 2 Cadis et un pacha refusèrent. Le 20 août 1953, Mohammed V et sa famille son envoyés en exil en Corse et à Madagascar. À leur retour d'exil, le Glaoui en cette journée du 25 octobre 1955, se ralliera au sultan Mohammed V, il mourra peu de temps après agé, affaibli par la maladie qui le rongeait depuis 1941 à Télouet.

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