Dialogues et textes en berbère de Djerba

DIALOGUE ENTRE UN ÉTRANGER ET UN INSULAIRE DE DJERBA

  • L’Étranger.

Seg man ta n elh’umeth[1], chekkin[2] ? D’où celui de quarrtier, toi ?

  • L’Insulaire.

Netch, elh’umeth iw[3] d Addjim. Moi, le quartier de moi c’est Addjim

  • L’Étranger

Matta ituz’ra[4] d as’bih’[5] g elh’umeth ennun ? Quoi est vu de beau dans le quartier de vous ?

  • L’Insulaire.

Nechchin, wa[6] ghernegh ghir trabit eggeth. Chara id’en, wa ghernekh ch[8]. Nous ne pas chez nous si ce n’est du poisson beaucoup. Chose autre ne pas chez nous.

  • L’Étranger

Izigh, kennim tellim af idis n ilel ? Donc, vous vous êtes sur le côté de la mer ?

  • L’Insulaire.

Am yuh. Nechchin, netedder[9] ghir s is. Midden ennegh elkull atet’t’efen trabit wasi inebber[10] iqerbachen d wasi imeddi[11] tileli d wasi itet’tuf s iraddjen[12]. Comme cela. Nous nous vivons habituellement si ce n ; est d’elle. Les gens de nous tous chassent le poisson celui qui jette au fond des paniers et celui qui tend le fil et celui qui attrape par des filets.

  • L’Étranger

Matta teteggem s trabit uh ? tettettem th negh tezenzim th? Quoi vous faites gabituel avec ce poisson? Vous magez lui ou vous vendez lui ?

  • L’Insulaire.

Chara nuggay al ssuq ameqqar, chara nuggay al elh’areth[13], chara netaghet id[14] al Ath Alemmay. Une chose nous transportons vers le marché grand, une chose nous transportons au quartier juif, une chose nous apportons habituellement elle vers les Ath Alemmay.

  • L’Étranger

Wa gherwen chara id’en mani s adderem[15] ? Ne pas chez vous une chose autre d’où vous vivez ?

  • L’Insulaire.

Ghernegh midden imeqqaren ikhwadjayn[16] d id bav n tezemmurin et taghliwin[17] et tekirza n imendi et tenifin. Yad’id’nin d id bav n teh’una[18] i temurawin zenzam ellefeth[19] et tebet’t’anyin[20] d chara id’en. Wilim yus d al tamurth is, iz’ut’t’ negh id’enni i taghliwin et t’amzin negh itemil i temut’chin et tez’urin. Chez nous des gens grands riches possesseurs d’oliviers et palmiers et culture des grains et des lentilles. D’autres possesseurs de boutiques ayx pays ils vendent les habillements et les couvertures et chose autre. Celui qui vient au pays de lui, tisse ou tire aux palmiers et à l’orge ou laboure aux figuiers et aux vignes.

  • L’Étranger

Aman ennun d matta ? Ettit’awin[21] negh d anuyin ? L’eau de vous c’est quoi ? Des sources ou des puits ?

  • L’Insulaire.

Wa ghernekh ch aman egguren af udem n temurth. Tissi nnegh seg lesswagh. Neqqaz[22] in ettefesqyin[23] tcharan inuh s waman n wanzer[24]. Terah’aneth tisednan et temchkanin[25] et teghneth id s yisneth g elábarath[26] eddjedwa, magher aman n tyina[27] nnegh w ah’lin, am aman n ilel. Aman n tyina tesessin ten ghir taghla d imendi. Ne pas chez nous des eaux elles marchent sur la surface de la terre. La boisson de nous de les citernes. Nous creusons habituellement à des galeries couvertes elles remplissent celles-ci (les citernes) d’eau de pluie. Vont habituellement les femmes et les petites filles elles apportent d’elles dans les cruches et les pots, parce que les eaux des puits de nous ne pas sont bonnes, comme les eaux de la mer. Les eaux des puits boivent elles habituellement si ce n’est le palmier et les céréales.

  • L’Étranger

Gherwen cha midden eggeth g elh’umeth ennun ? Chez vous chose de gens beaucoup dans le quartier de vous ?

  • L’Insulaire.

Ghernegh eggeth, it’er n elh’umath n Djerba. Nechchin, midden nnegh ak ijjen uh’ades h umezdagh is[29], w nelli g umkan ijjen, am temdinin. Bav n umezdagh, elh’uch is[30] g wammas is, netta d ileghman is d ifunasen is[31]. Netegg it’t’an ammas n umezdagh w taddjin[32] wi illan aydef[33] diys ghir bav is. Tisednan tequrchelneth, telemneth, teggeneth tiwrdyin ; nechchin nuggay[34] nezenza g essuq, nesagh ilisan[35]. Chez nous beaucoup, plus que les quartiers de Djerba. Nous, les gens de nous chaque un unité de lui dans les jardin de luis, ne pas nous sommes dans endroit unique, comme les villes. Le possesseur de jardin, la maison de luis au milieu de luis, luis et les chameaux de lui et les bœufs de lui. Nous faisons habituellement des chiens au milieu de jardin ne pas ils laissent habituellement celui étant il entrera dans lui si ce n’est le maitre de lui. Les femmes cardent habituellement, filent habituellement, elles font habituellement des pelotes ; nous nous transportons nous vendons au marché, nous achetons des toisons.

  • L’Étranger

T’aghliwin ennun assugassu ábaneth[36] negh d aferru ? Les palmiers de vous cette année ont été abondants ou bien c’est peu ?

  • L’Insulaire.

Tez’red’ al usili[37] eggeth ; neththath(nettat) tezelz[38] tighiwin ; mag d iqimen diys al d id’ab[39] iwet fellas anzer, iwd’a[40] d elmakhmakh[41]. Vous boyez à la poussée beaucoup ; elle (le palmier) a secoué les petites dattes ; ce qui la étant resté dans lui jusqu’à ce qu’il murisse a frappé sur lui la pluie, il est tombé dans la fermentation.

  • L’Étranger

Tiyni42] ennun d matta ? Neththath tas’ebih’et am tiyni n Eldjerid negh mammek temmud’[45] ? La datte de vous c’est quoi ? Elle bonne comme la datte du Djerid ou bien comment elle est ?

  • L’Insulaire.

Ak emlegh : nechchin, tiyni nnegh d ellemsi et táqiwt. Ghernegh s yisneth eggeth ; ghernegh matat’ma et tenafzawit et taghart aferru. Eddegleth[44], am neththath, u lli ch. Je vous dirai: nous la date de nous c’est le lemsi et la táqiwt. Chez nous d’elles beaucoup ; chez nous le matat’ma et la tenafzawit et la taghart un peu. La degla, comme elle, ne pas il est chose.

  • L’Étranger

Tas’bih’et i tiyni ennun d matta ? La bonne parmi les dattes de vous c’est quoi ?

  • L’Insulaire.

Ellemsi, magher itutcha[45] tighiwin tiwraghin ; ternid’ izuggaren is am tamemt d’el áliqis[46], almi iqqur, netta d as’ebih’n mag ellan. Le lemsi, parce que il se mange en petites dattes jaunes ; tu ajoutes les dattes fraiches de lui comme le miel et le régime de lui, lorsque il est sec, lui le bon de ce qu’étant.

  • L’Étranger

Tuwid’id[47] azemmur gherwen eggeth. Teteggem s yis ud’i ? Tu as dit à moi l’espèce olivier chez vous beaucoup. Vous faites habituellement d’elle de l’huile ?

  • L’Insulaire.

Netteg s yis ud’i eggeth et tfiturt nesetchay th[48] ay ileghman ed’umerdjin[49] ennaghelt[50] i temurth, idugel[51] tajenjurt. Nous faisons habituellement avec elle de l’huile beaucoup et le résidu (des olives) nous faisons manger lui aux chameaux et la lie (de l’huile) nous versons elle à terre, elle devient fumier.

  • L’Étranger

Ezzwayl egget ellan gherwen ? Les bestiaux beaucoup sont chez vous ?

  • L’Insulaire.

Ghernegh ighyal ed’ elbghal neggur fellasen al ssuq d’ elh’areth ed’elmers, neswad’asen elfelah’et ennegh, tifelfelt d’wafs’ul[52] d’ imut’chan et tez’urin d’elbit’er[53] d’mag ellan nezenza dyisen. Erni nd’enni af elbghal d’ ifunasen d’ ileghman aman seg wanuyin neseswa s yisen imendi. Tesestun id af ulli[54], wa ghernekh ch. Aysum ennegh itased s tebayalt[55], ettawint id ibyaten[56], tili d’izmer d’uberkus et taghat’ d’ ighid, magher nechchin wa ghernekh ch mani efred’neth ulli, ak amezdagh elh’uch is g wammas is tamurth ennegh tez’z’u s uzemmur et taghla, ul dyis ch elkhela. Chez nous ânes et des mulets nous allons sur eux vers le marché et le quartier juif et le port, nous faisons erriver à eux la culture de nous, des piments et des oignons et des figues et des raisins et des figues-fleur et ce qui étant nous vendons dans eux. Ajoute nous tirons par les mulets et les bœufs les chmeaux les eaux des puits nous faisons boire avec elles le grain. Vous interrogez moi sur les brebis, ne pas chez nous chose. La viande de nous vient gabituellement du pays arabe, apportent habituellement elle les arabes, brebis et agneau et mouton et chèvre et agneau parce que nous ne pas chez nou ou paissant les brebis chaque jardin la maison de lui au milieu de lui, la terre de nous est plantée de l’espèce palmier, ne pas dans elle le vide.

  • L’Étranger

Egg fella elmerwethj[57], sekn id amezdagh seg imezdaghen aysi[58] d as’ebih’, az’regh mag d yis d’ mammek temmud’im d yis. Fais sur moi le service, montre à moi un jardin d’entre les jardins il sera beau, je verrai ce que dans lui et comment vous êtes dans lui.

  • L’Insulaire.

Turu, chekkin, d arnaw iw ; as d ak asdfegh[59] amezdagh iw, az’red’mag d yis s tit’awin ek ; in ted’ublbed’at afed. Maintenant toi ami de moi ; viens toi je ferai entrer le jardin de moi, tu verras ce que dans lui avec les yeux de toi ; ce que tu demandes lui tu trouveras.

  • L’Étranger

Ihi chekkin d argaz d as’ebih’. Eyyur[69] ezzath iw, netch elligh deffer ek. Bien, toi un home bon. Marche devant moi, moi je suis derrière toi.

  • L’Insulaire.

Nella niwud’ ; ebbed amiregh[61] imi anadef. Qa miregh[62]. Adef ezzath iw, anadel siy imi al d nwud’ anu nerre d al elh’uch ; anas ed s eldjiht uh d azelmat’.Nous sommes nous arrivons ; arrète toi, j’ouvrirai la porte nous entrerons. Voici j’ai ouvert. Entre devant moi, nous commencerons de la porte jusqu’à ce que nous arrivons au puits nous reviendrons vers la maison ; nous irons de ce côte la gauche.

  • L’Étranger

Ak emlegh, ay arnaw ; eddj id aqimegh aferru addug temotchin uh, d yis neth ed’d’ull eggeth, tamurth en sneth tesemud’, ekkesegh addug en sneth eláya u. A toi je dirai ; o ami ; laisse moi je m’assieds un peu sous ces figuers, sous eux l’ombre beaucoup, la terre d’elle est froide, j’oterai sous eux la fatigue de moi.

  • L’Insulaire.

Egg mammek tekhsed’ ; amezdagh d amezdagh ek qim dah turu, netch arah’a[63] al elh’uch adaghegh aferru waman n essugh sqán[64], aswed’. (Seg d iwgha aman, iswa, iwwa yas). Aman ek w ten z’righ g ijj wumkan am nithenin. Turu, ertah’egh. Tatchiwt uh elli zr’igh d yis ghares amechkan g waghill is tezuzun d yis, ennek negh aha?

A SUIVRE...

Extrait de CALASSANTI-MOTYLINSKI A. Dialogues et textes en berbère de Djerba, Journal Asiatique, 1897, 27 p.