Culture Zayane

Les Zayanes, tribu amazighe de la région de Khénifra, dans le Moyen-Atlas, au Maroc dont l'habitat s'étale sur les montagnes du Moyen-Atlas jusqu'aux limites orientales et méridionales du Plateau d'Oulmès. En altitude c'est la cédraie d'Ajdir et en basse montagne c'est l'Azaghar limitrophe des arabophones d'Aboujaad. La tribu zayane est sédentaire mais les troupeaux se livrent à la transhumance annuelle pour exploiter les paturages de haute montagne en été et revenir hiverner à l'Azaghar. Les tribus Zayanes ont acquis une réputation guerriere lors de la soumission du Maroc. La figure de Moha ou Hammou atteste de cette bravoure et de ce courage de refuser la main tendue des autorites francaises. Malgré la défaite française le 13 novembre 1914 bataille d'Elhri où l'armée française fut humiliée, les stratèges de la pacification furent déterminés à ne pas abandonner la lutte contre les Zayanis en courtisant les propres fils de Mouha Ou Hammou. L'aspect culturel des Zayane fait partie de la grande culture amazighe, avec ses spécificités, qui le distingue des autres aspects. L'exemple significatif à ce sujet est celui chez les Ait Hdidou (grande tribu des Ait Yaflmane) d'Imilchil où s'organise annuellement un grand festival pour les mariages collectifs comme ceux de Wargla en Algerie .

Les Zayanes comptent les Ait Bouhadou, Ibouhssousen et les Ait Lahsen ou Said qui représentent 65% de la population totale.

Société


La société Zayane est organisée selon le principe patriarcal, où le père joue un rôle primordial au sein de la famille, sans négliger le rôle de la femme qui bénéficie de certains avantages avant et pendant la colonisation : la femme (Itto) de Mouha ou Hammou Zayani, qui avait joué un rôle au côté de son mari lors de la bataille d'Elhri le 13 novembre 1914, mérite d'être mentionner.

Le système judiciaire est le 'Orf' (coutumier) régit par les Amghares: personnes âgées connaissant bien les rouages de la tribu. Leur assemblée constitue la Jamaa, qui est la référence judiciaire du 'Orf', donc un système quasi démocratique, mais la colonisation avait entraîné un bouleversement radical de la société amazighe par l'introduction de biens de consommation et du système judiciaire européen.

Les tribus imazighen en générale ne pratiquent pas l'esclavagisme, par le principe qu'ils sont des « hommes libres ». Mais durant l'antiquité, ils furent considérés par les Grecs comme des barbares, et donc propres à être esclaves pour eux. Plus tard Ibn Khaldoun( qui était amazighe) les qualifia d'êtres inintelligibles selon lui, il empreinta cette onomatopée de la manière de leur communication "brr brr".

Certains écrits arabes furent impitoyables dans leur position envers les berbères. La lutte entre les intellectuels amazighs et les défenseur de l'arabisation du Maroc prend de l'ampleur après le manifeste du 23 mai 1973. Le 1er mars 2000, les intellectuels amazighes s'expriment par le manifeste berbère, réclamant ainsi leur berbérité en tant qu'entité culturelle dans un Maroc muticulturel.

Habitations


Les premiers Zayanes ne pratiquaient pas la construction, de par leur caractère pastoral, cela ne représentait aucun intérêt. Ils sont en perpétuel déplacement à la recherche de l'eau et des pâturages, et ce malgré la richesse du Moyen-Atlas en eau. Les sécheresses étaient à l'origine des guerres intertribales, parfois au sein d'une même tribu. Les Zayanes habitaient dans des tentes tissées en fibres de poils de chèvres : elles sont hermétiques et supportent les hivers les plus rigoureux.

L'introduction du système capitaliste lors de la colonisation ayant changé leur mode de vie, une grande partie de la population Amazigh a tendance à se sédentariser, la construction en dur (fabriquée en terre : le Tabbout) se substitue aux fameuses tentes.

Aujourd'hui elles sont devenues un décor de consommation touristique lors des manifestations (fêtes, Fantasias, …), mais une partie de la population pastorale conserve jusqu'à présent ce mode d'habitation.

Arts et traditions équestres


Le cheval chez les Zayanes représente un symbole rituel, qui s'enracine dans leur tradition guerrière. Cette tradition virtuose est personnifiée dans la Fantasia , rendue célèbre par les fameux tableaux d'Eugène Delacroix (1831)

La Fantasia est l'expression artistique qui rappelle le glorieux passé guerrier, qui stimule l'inconscient par l'odeur du Baroud et de la poussière embaumant l'esprit du spectateur et le fait entrer en transe. La Fantasia réunit trois symboles berbères, fondements de leur culture : le cheval, symbole de l'indépendance et de la force ; le fusil qui, par son feu, maintient la liberté ; et la femme, sans elle la tribu s'éteindrait. Malheureusement la Fantasia est vue comme un produit de consommation touristique et non comme tradition ancestrale qui reproduirait les glorieux assauts de la tactique militaires berbères, à une vive retraite succédait à une attaque fulgurante.

Les cavaliers (Imnayen en Tamazight) répondent à des critères spécifiques à savoir:

  • Le dressage des chevaux: cheval Barbe.
  • La monture du cheval
  • La maîtrise du déroulement de la parade dans un enchaînement cohérent
  • Le respect du tir simultané.

ces prouesses exigent la possession d'une technique équestre rigoureuse,du courage et de l'habilité.

  • La tenue du cavalier doit etre conforme aux habitudes vestimentaires de la région.

Musique et danse


Les Zayanes ont aussi gardé une des plus vieilles pratiques culturelles, à savoir l'ahidous — rendu célèbre par Moha Ou Lhoucine, surnommé El Maestro — qui consiste en un mélange de danses, de chants et de joutes poétiques.

Celui-ci se pratique dans un cercle : les hommes et les femmes dansent, chantent, en se renvoyant des izlan — sortes de poèmes —, et au milieu du cercle, les enfant jouent et écoutent.

Artisanat

La femme amazighe en général est un artisan qui vénère la laine depuis la toison jusqu'au stade final de la fabrication de son objet du plus simple au plus complexe. Elle est douée et fait appel à ses facultés sensorielles, esthétiques et artistiques.

Le Tapis amazighe est l'expression de la créativité de la femme amazigh, il s'agit là d'une symbolique à décrypter qui a fait l'objet de nombreuses recherches comme le cas de Paul Vandenbroeck qui écrit un ouvrage remarquable sur le tapis "l'art des femmes berbères". Le tapis berbère prend un dimension expressive pour chaque tribu : on peut donc parler du tapis Zayani, Attaoui, Zemmouri, M'guildi, etc.

Tradition culinaire Zayane


Il est à noter que la cuisine amazighe est une cuisine traditionnelle ancestrale qui a peu évolué au cours des temps. Elle est basée essentiellement sur le blé, l'orge, le maïs, produits laitiers, le miel et la viande.

Les Zayanes ne sont pas des agriculteurs mais des nomades pasteurs pratiquant l'élevage pour subvenir à leurs besoins (lait, beurre, viande, laine, poil de chèvre, peau). Ils sont des chasseurs, ils apprécient la perdrix, le chacal, le loup, le renard, le hérisson, le porc-épic, etc.

Leurs principaux aliments sont :

  • le pain fait à la levure traditionnelle ;
  • le bouchiar (galette fine sans levure imbibée de beurre et de miel naturel) ;
  • le baghrir (crêpe faite à base de farine, des œufs, de la levure et du sel) ;
  • le Tahricht (à base de tripes : ganglions, trépigne, poumon, cœur : ces ingrédients enroulés avec les intestins sur un bâton de chêne qui sera cuit sur braise) ;
  • le Méchoui nommé Barram-Ighouss cuit spécialement dans un four spécial.
  • Le lait est l'aliment de base.

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