Constantin l'Africain

Constantin l'Africain est un auteur médical du Moyen Âge et un enseignant, né vers 1015 et mort vers 1087. Son nom, Africanus, vient de son lieu de naissance, Carthage en Afrique. De bonne heure il se voua à l'étude de la médecine et, comme c’était l’usage du temps, il fit des voyages lointains, dont certains le conduisirent jusqu’en Extrême-Orient. Il se familiarisa avec les langues orientales et étudia de façon approfondie la littérature arabe. Ses études en médecine arabe lui apprirent beaucoup de choses qu’ignoraient ses contemporains occidentaux. De retour à Carthage il suscita chez ses confrères une grande jalousie qui lui valut tant de désagréments (on dit même qu'il fut accusé de pratiquer la magie) qu'il accepta volontiers la place de secrétaire auprès de l'Empereur Constantin Monomaque à Reggio. Pendant qu’il était à Salerne Constantin devint un professeur de médecine renommé. Il n’y resta cependant que quelques années et renonça aux honneurs et aux biens temporels pour devenir bénédictin au monastère du Mont-Cassin. Il fut accueilli à bras ouverts par l'Abbé Desiderius, un des hommes les plus instruits de son temps, qui devait devenir le Pape Victor III. Constantin passa les dernières années de sa vie au Mont-Cassin, s’occupant à écrire des livres, encouragé en cela par Desiderius qui était son meilleur ami. Son travail le plus connu est le livre nommé Liber Pantegni, dédié à Desiderius, qui est en fait une traduction du Khitaab el Maleki d’Ali Ben el-Abbas. Il a aussi écrit quelques travaux originaux, mais il est si difficile de distinguer ce qui est effectivement de sa main et ce qui lui a été attribué par la suite qu’on n’a aucune certitude quant à ses contributions originales en médecine.

En fait, la vie elle-même de Constantin l’Africain nous est mal connue. La source la plus fiable se trouve dans une brève notice, « De Constantino », insérée par le maître salernitain Matthæus Ferrarius dans son commentaire sur le Dietæ universalis d’Isaac Judæus. Le personnage surgit brusquement dans la lumière en 1075 où il apparaît à Salerne et s’étonne de l’indigence de la littérature médicale dont on y dispose. Il retourne alors en Afrique pour collecter les œuvres qu’il peut y trouver puis retourne à Salerne après trois ans. Sa retraite au Mont-Cassin n’a rien que de tout à fait normal à un âge où la vue des hommes les gênait dans leur travail ; il trouvait sans doute les aides nécessaires pour lui lire les textes à traduire et les recopier sous sa dictée. Avec Constantin commence la deuxième époque de l'École Salernitaine de Médecine, particulièrement notable pour sa traduction de tous les grands écrits médicaux, grecs aussi bien qu'arabes et pour des travaux originaux importants. Beaucoup des professeurs célèbres du douzième siècle à Salerne étaient fiers de proclamer que Constantin avait été leur maître. Parmi les nombreuses éditions de ses travaux la plus importante est celle de Bâle (in fol., 1536).

Source Initiales: http://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_l%27Africain