Circoncellion

Circoncellion


Les circoncellions – de circum cellas, ceux qui vont de grange en grange, étaient des saisonniers ou des journaliers amazighes qui se louaient au temps de la moisson ou de la cueillette des olives. Une autre interprétation explique leur nom par le fait qu'ils rôdaient (circum cellae), autour des granges, des entrepôts, qu'ils attaquaient à main armée pour s'en approprier les stocks. Les circoncellions mirent rapidement en parallèle leur situation économique très dégradée et celle des fidèles donatistes opprimée par Rome. Le mouvement ne fut pas seulement anticatholique, mais aussi antiromain.

Origines de la révolte


Les circoncellions apparurent vers 340 lorsqu'ils se révoltèrent écrasés sous le poid des exigences de l'État romain. Ils rendirent responsables de leur misère les propriétaires terriens et les fonctionnaires romains. Le comte Taurinus, commandant de l'armée d'Afrique entre 340 et 345, les massacra, les considérant comme des bandits. Très vite, un amalgame fut fait entre les circoncellions et les fidèles donatistes. Les circoncellions furent vénérés comme des martyrs. Le fanatisme religieux succèda alors aux revendications sociales. Des exaltés s'immolèrent sur des bûchers, se jetèrent, parfois par groupe, du haut de rochers. Ils méritaient alors la palme du martyr et étaient vénérés comme des saints. L'agitation sociale sèma le trouble dans toute l'Afrique, au point que Optat, évêque catholique africain écrivit en 366:

« Aucun créancier ne pouvait alors exiger le paiement de ce qui lui était dû… Chacun se hâtait de renoncer aux dettes même les plus importantes… Les routes non plus n'étaient pas sûres : des maîtres, jetés à bas de leur voiture, coururent comme des esclaves devant leurs propres valets assis à la place des maîtres… La situation était renversée entre maîtres et esclaves.»

Même si le rapprochement entre les schismatiques donatistes et les circoncellions ne fut qu'occasionnel, il est à noter que les deux partis prirent parti pour l'amazighe Firmus lors de la rébellion des montagnes de Kabylie entre 371 et 375. Environ 20 000 hommes se joignirent à lui. Firmus fut proclamé roi par les imazighen. L'empereur Valentinien envoya en Afrique le général Théodore pour rétablir la paix. Finalement Firmus fut trahi par l'un des siens, Ighmacen, mais se suicida plutôt que de passer à l'ennemi. Le frère de Firmus, Gildon prit sa suite. Vaincu, lui aussi se suicida en prison.

Leur révolte fut assez importante pour qu'en 406 Augustin d'Hippone écrive:

« Vos clercs et vos circoncellions exercent contre nous des persécutions d'un nouveau genre et d'une cruauté inouïe. S'ils rendaient le mal pour le mal, ce serait déjà violer la loi du Christ, Mais après avoir considéré tous nos actes et les vôtres, il se trouve que nous souffrons ce qui est écrit dans un psaume: "Ils me rendaient le mal pour le bien", et dans un autre "J'étais pacifique avec ceux qui haïssaient la paix; quand je leur parlais, ils m'attaquaient sans raison

Optat de Milève et saint Augustin que l'ont peut qualifié de réactionnaires et de consérvateurs en un certain sens, les décrivaient comme des bandits commettant des vols à main armée, des assassinats et des mutilations en tout genre. Augustin surtout acceptait mal l'impunité dont ils bénéficiaient de fait, en raison de l'incapacité de l'administration de les réprimer.

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