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Encyclo: Campagne de Saghro

Dans son ouvrage sur les traces glorieuses des pacificateurs de Maroc (Ed. Charles Lavauzelle et Cie - Paris 1939), le colonel L. Voinot a consacré son chapitre 125 à la campagne du Saghro dont l'une des batailles principales fut celle de Bougafer.

''Ces deux inscriptions ornent la stèle érigée sur la piste du Saghro, aux environs d'Isek n Aït Iaazza. La première, qui constitue la dédicace, occupe l'une des faces de la pyramide ; la seconde se trouve au milieu du socle. Le monument ne vise de façon directe que la campagne du Saghro ; mais celle-ci est liée à l'action antérieure dans les vallées du Dadès et du Tdeghwt (Todgha), action dont elle découle. Au temps où les Iglioua (Glaoua) doivent assurer, par leurs propres moyens, la police des territoires situés au-delà du Haut-Atlas, le Résident leur prescrit de faire une diversion à l'ouest du Ziz, pour aider la colonne du général Poeymirau qui marche contre les rebelles de cette vallée. Le Pacha El Hadj Thami rassemble donc une dizaine de milliers de partisans à Marrakech, mais les chutes de neige retardent son départ. La Harka peut franchir la montagne, vers le milieu de janvier 1919 : le 18, elle est au Dadès et, le 22, au Todgha, El Hadj Thami livre plusieurs combats; il pacifie et organise les populations, puis réussit à entrer en liaison, le 29, avec le colonel Mayade, qui a remplacé le général Pœymirau atteint d'une blessure grave. L'effet désiré est obtenu. Les Igliwa (Glaoua) ont, en outre, affirmé leur autorité dans les tribus lointaines de leur commandement. Celles-ci sont ensuite travaillées par un agitateur xénophobe. Une nouvelle harka va rétablir l'ordre au Dadès et au Tdeghwt (Todgha), en juillet-août 1920; son chef use de la force envers les récalcitrants. Après avoir atteint Bou Mal n Dades (Bou-Malen sur le Dadès), on active la progression vers l'Est dans le vaste couloir entre l'Atlas et la ride montagneuse du Sud. Le but poursuivi a une grande importance, il s'agit, en effet, de donner le plus tôt possible la main aux troupes des confins, de manière à ouvrir la rocade Ouarzazate – Imteghrene (Ksar Es-Souk). Le prochain bond est prévu à limiter, que le lieutenant-colonel Chardon va reconnaître, le 3 avril, le maréchal Franchet-d'Esprey et le général Huré, commandant la région de Marrakech, visitent également ce point quelques jours plus tard. L'occupation a lieu, pacifiquement, le 3 mai, le poste est aménagé aussitôt. Puis, le 28 juillet, on parvient à installer une garde fixe de partisans dans le Mont Saghro, à Tagoudilt n Aït Bou Daoud; dès le lendemain, ces auxiliaires perdent un tué au cours d'un échange de coups de feu avec des rôdeurs. Au mois d'octobre, le Commandement fait hâter la construction de la piste se dirigeant vers le Tdeghwt (Todgha); celle-ci a été entreprise au lendemain de l'arrivée à Imiter. Pour assurer la protection du chantier, des partisans s'établissent au Imi n Lkhous n Teghzout (Foum El Khous n Taghzout), le 21. A ce moment, les pillards se montrent très entreprenants; ils exécutent, à plusieurs reprises, des coups de main contre les tirailleurs employés aux travaux. Le Sagho est devenu le refuge des rôdeurs, qui circulent en bordure de la zone soumise; des Djemaâs protestent néanmoins de leurs bons sentiments à l'égard du Makhzen. Malgré les inconvénients résultant de l'insécurité, le général Catroux, chef de la région de Marrakech, se trouve bientôt en mesure de marcher sur le Tdeghwt (Todgha). Le groupe mobile comprend six bataillons, deux escadrons, quatre batteries, un goum, cinq cent partisans, il doit faire l'opération en deux temps. Le 14 novembre, Catroux réalise le premier bond; il part d'Imiter et campe sur la position intermédiaire de Imi n Lkhous (Foum El Khous), où les troupes stationnent jusqu'au 18. Ce jour-là, la colonne gagne la ligne du BasTdeghwt (Todgha); elle occupe sans coup férir le ksar de Tinghir, que la piste atteint presque de suite. A partir du 22, tous les ksars demandent l'Aman; en prévision de la venue des Français, les habitants avaient expulsé, quelques jours auparavant, les dissidents étrangers réfugiés dans le district. Du fait de la nouvelle avance, les éléments de Marrakech ne sont plus séparés de ceux des confins que par une faible coupure. Aussitôt maître du Tdeghwt (Todgha), le général organise le pays, en accord avec les chefs Glaoua. Le 19 novembre, il procède à l'occupation de Taghia et des Aït Ouaritane; le seul précédent consiste en une escarmouche des partisans avec les gens de Tizgui. La Djemaâ des Aït Fersi, une tribu ayant son habitat au Sud, sur l'Assif n Ichem, vient se présenter à Tinghir. Des reconnaissances circulent aux environs : l'une d'elles atteint sans difficulté le Ighef n Sdaf (Ras-Staf), à moins de dix kilomètres du Afrekla (Ferkla), le 26. Puis Catroux reconnaît à son tour le Ighef n Sdaf (Ras-Staf) en automobile, le 16 décembre. Une vingtaine de jours plus tard, le 5 janvier 1932, un groupe s'avance jusqu'à Bou-Tara, vers la pointe nord-ouest du Adrar n Tisdafine dont l'autre extrémité est proche du Ighef n Sdaf (Ras-Staf).

Sources initiales : marocantan.com

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Page mise à jour le 02 janvier 2008 à 15h16