Bubastis

Elle fut le berceau de la XXIIe dynastie fondée par Sheshonq Ier, qui marque l'avènement de pharaons d'origines amazighes, entre -945 et -817. Cette dynastie de pharaons que les égyptologues qualifient de « Libyens », car issus des peuplades venant de Libye qui s'installèrent dans le delta du Nil à la fin de la période ramesside, portaient le titre de « Grands Chefs des Mâ ».


ruine de Bubastis

Ils contrôlaient les forces armées qui garantissaient la sécurité du royaume des pharaons de Tanis à la XXIe dynastie. Lors de l'avènement de Sheshonq le premier du nom, la royauté était affaiblie entre le pouvoir spirituel contrôlé à Thèbes par les prêtres d'Amon et le pouvoir royal basé à Tanis, la « Thèbes du Nord ». Sheshonq reconstitua sous son règne l'unité du royaume. Avec cette nouvelle dynastie les temples furent restaurés, voire agrandis, comme l'atteste les portiques dits des Bubastides à Karnak, entre le premier et le second pylône du grand temple d'Amon.

Les pharaons de la XXIIe dynastie firent alors preuve d'une énergie considérable dans leur programme architectural. Non seulement ils restaurèrent ou firent reconstruire le temple de Bastet, se réapropriant des édifices, ou tout du moins leurs éléments, remontant au Moyen Empire, mais en plus on retrouve leur intervention, le plus souvent de manière magistrale, dans les principaux temples du pays tels Karnak ou Tanis.

Bubastis qui était alors la principale cité des chefferies des Mâ devint le nouveau centre du pouvoir, bien que la nécropole royale de la XXIIe dynastie ait été retrouvée à Tanis. En effet outre les caveaux d'Osorkon II, de Sheshonq II et Sheshonq III retrouvés pillés aux côtés des tombeaux de la XXIe dynastie, un Sheshonq fut réinstallé dans l'antichambre du caveau de Psousennès Ier, sans doute à la suite d'un premier pillage, et fut retrouvé par la mission de Pierre Montet en 1939, dans son sarcophage en argent massif à tête de faucon. La momie portait un masque d'or massif dépourvu cependant des classiques attributs royaux (barbe postiche et uræus), témoin sans doute de l'anarchie qui débutait alors. La dépouille du roi était toutefois couverte de bijoux prophylactiques d'une grande finesse attestant la maîtrise des arts et de l’orfèvrerie des ateliers royaux de la XXIIe dynastie.

Avec la Basse Époque, les sanctuaires de Bubastis reçurent les hommages de chaque pharaon étant parvenu à repousser les menaces étrangères devenant ainsi le siège d'un courant nationaliste puissant en réaction aux menaces des dominations assyriennes puis perses. Le développement des cultes d'hypostases à cette époque traduit cette réaction du peuple égyptien qui concentra alors sa dévotion sur les manifestations vivantes de leurs dieux pour défendre le pays contre le danger permanent d'une invasion.

Bastet devenait alors le chat sacré qui à la proue de la barque du dieu Rê repoussait la menace du serpent Apophis garantissant ainsi le retour du dieu soleil chaque matin. Pharaon, fils de Rê, en marquant sa dévotion à la déesse participait au rétablissement du monde chaque jour et garantissait l'intégrité du royaume. Les Nectanébo, bien qu'originaires de Sébennytos, semblent avoir pleinement rempli cette fonction en consacrant un nouveau sanctuaire au cœur même du temple de la déesse.