Armement Antique-Armes

Les javelines et les armes blanches

Les javelines

Les pointes


L’arme par excellence des cavaliers africains est le javelot. Chaque cavalier en possède au moins trois (pierre gravée d’Abizar). Les pointes des javelines sont durcies au feu :

« Les Libyens marchaient vêtus de cuir, armés de javelots de bois durci au feu. Ils avaient pour chef Massagès fils d’Oarizos. » (Hérodote, VII, 71).

Silius Italicus confirme les dires d’Hérodote mais précise que les javelines sont faites en roseau (Livre, III, 304). Les pointes peuvent être en métal comme semble l’indiquer les guerriers sur les gravures du Sahara. Elles sont de formes triangulaires et comportent une nervure centrale qui indique probablement une armature métallique.


Site d'Iwelen

Trois pointes de lances en cuivre ont d’ailleurs été retrouvées sur le site d’Iwelen dans le massif de l' Aïr au Niger. Sur les stèles d’époque impériales, les soldats tiennent des javelines avec des pointes très larges, ce que l’on retrouve sur les stèles libyques d’Afrique comme la stèle figurée de Souama (Kabylie du Djurdjura) du III/I siècle avant J.-C.

Au VIe siècle, le javelot est encore la principale arme utilisée par les guerriers Maures. Chacun en possède deux (Procope, Livre I, 8, 28 et Livre II, 11, 27).

La hampe

L’extrémité des hampes des javelots est taillée en encoche. Orose (Livre V, 16) indique que la hampe ne possèdent pas de courroie ce qui rend les javelines particulièrement glissantes en tant de pluie :





« Et, de fait, la pluie subite fournit aux Romains, assoiffés et brûlants, rafraîchissement et boisson ; et de plus, elle rendit glissantes et à cause de cela inutilisables pour les Numides les hampes des javelots qu’ils ont l’habitude de lancer sans courroies, avec la main »

Les armes blanches

Les épées

Avant le début de notre ère, le port d’une épée n’est pas à exclure au contact des Carthaginois ou des Romains. Plusieurs documents iconographiques soulignent la présence de cette arme comme la stèle punique d’El Hoffra. Dans la région de Sila, au sud de Constantine, un menhir sculpté (stèle monumentale d’Aïn Khanga) représente un Numide avec une lance dans la main droite et une épée dans la main gauche. Tite-Live d’ailleurs (Livre XXII, 48) affirme qu’il ne s’agit pas d’une arme très courante, mais il n’en exclue pas l’usage car les Africains adaptent leurs équipements en fonction de leurs adversaires. Peux être ce type d’armement ne concerne-t-il que les fantassins ou les troupes d’élites, ou uniquement les classes dirigeantes comme le prince Numide Jugurtha révolté contre Rome :

« En même temps, il (Jugurtha) montre son épée teinte du sang de nos fantassins qu’il avait assez bravement tués dans la bataille. » (Guerre de Jugurtha, CI)

A l’époque impériale, les soldats africains comme ceux de la colonne Trajane (IIe siècle) sont simplement armés de leurs boucliers et de leurs javelots. Le poète Claudien affirme (fin du IVe siècle) que les Maures sont désarmés après le tir de leurs javelines et qu’ils ne peuvent supporter le choc des boucliers et des épées romaines. Ils ne possèdent donc aucune armure pour se protéger et l’historien romain Ammien Marcellin précise qu’ils sont obligés de tendre leurs manteaux pour se prémunir des traits adverses. Selon ces deux auteurs les soldats africains ne portent donc aucune arme en dehors de leurs javelots et de leurs boucliers ce que confirment les documents iconographiques. Les sources narratives ne soulignent la présence d’épées qu’au VIe siècle de notre ère parmi les tribus berbères (Procope, Livre II, 10, 9).

Les poignards

Si les sources iconographiques de l’époque impériale ne soulignent pas la présence d’armes blanches par contre les sources narratives nous apportent des informations supplémentaires. Strabon précise que les Maures possèdent un couteau (Livre, XVII, 3, 7). D’ailleurs Tite Live (Livre XXII, 48) indique que les numides, lors d’une bataille contre les romains, cachent des glaives sous leurs armures. Il s’agit certainement de poignards car il difficile de dissimuler un glaive sous une quelconque armure.

Certains guerriers, comme les Garamantes, rangés par certains historiens parmi les Gétules, portent un double baudrier. Des bas-reliefs d’époque pharaonique ou l’autel de l’église de la Trinité à Lalibela (Ethiopie) nous en donnent une représentation exacte. Il s’agit de bandes croisés sur la poitrine et attachés autour de la taille. Elle est toujours portée par les Touaregs aujourd’hui. Au VIe siècle, Corripe dans son De bellis Libycis note que les Libyens portent un poignard attaché à l’avant-bras.

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