Arius, un Amazigh préparant le terrain à l'Islam


Arius, gravure ancienne

Arius est d’origine amazighe né en Cyrénaïque en l’an 270, la patrie de Synésios de Cyrène. Seulement Arius n’a pas créé de généalogie le remontant à un auguste ancêtre grec. Comme tous les amazighes de l’époque Arius opta pour le christianisme pour rejeter l'Empire romain. Il fut ordonné prêtre et ce n’est qu’a un age avancé qu’il s’installa à Alexandrie. Le christianisme fonctionne sur des doctrines qui sont des énoncés élaborés à partir d’une interprétation des Ecritures saintes. Les doctrines chrétiennes rappelaient la littérature de la Mishnah de Yavneh initiée par rabbi Ben Zakkai et son disciple Rabbi Akiba et celle d’Usha après la répression dans le sang par Hadrien du Messie Juif Bar Khoshba en 135. Cependant la doctrine chrétienne pour être valide doit être soumise à une assemblée délibérante d’Evêques qui la sanctionnent par un vote. La doctrine de la trinité, exprimée pour la première fois par Tertullien à Carthage avait gagnée du terrain et les évêques la discutaient et la critiquaient.

Arius fut de ceux qui rejetaient la doctrine de la Trinité avec des arguments irréfragables . Philo d’Alexandrie a fait le travail d'apologétique pour les Juifs hellénisants. Il n’a jamais signalé la présence d’un Jésus comme son contemporain, ni celles des Apôtres de Jésus. C’est lui qui a interprété la Bible (Septante) et c’est son interprétation que l’on retrouve dans l’Evangile selon Jean avec le prologue de sa propre plume(a). C’est lui aussi qui initia l’usage de l’allégorie pour les thèmes de la Torah et a fait des narrations bibliques des mythes grecs. Philon aussi fit la distinction entre le OUSIA de Dieu, son essence qui n’est accessible à personne et les activités de Dieu ( ENERGEIAEI) et les pouvoirs (DYNAMEIS) que l’on peut appréhender dans le monde ici bas. Il a donc mis en place la TRINITE notamment des frères Cappadociens (deux évêques frères et leur ami).

C’est Philon qui le précisait lui même au sujet du sens littéral de la Genèse qui ne signifiait rien et qu’il faut de l’imagination pour trouver un sens allégorique capable d'aller au delà vers un nouveau sens répondant aux attentes des fidèles. Le Nouveau Testament n’est qu’un exercice d’allégorie et d’interprétation pour justifier le culte et l’adoration d’un homme appelé Messie (une idée gnostique des Samaritains et des Perses de Zaratustra) et reconnu comme étant Jésus par Paul à titre posthume à la suite d’une chute de cheval ou un coup de soleil sur la route de Damas.

La locomotive à la chute du 2eme Temple était le judaïsme sous Ben Zekkai et ses disciples. Les Juifs hellénisants n’ont fait qu’adopter les textes de la Michnah pour les centrer sur Jésus au lieu de les centrer sur la Shekinah (présence de Dieu selon les Juifs).

Les rédacteurs des Evangiles ont tout simplement changé le mot Shekinah de la Mishnah par celui de Jésus. La preuve il a fallu du temps pour plagier les textes juifs et les évangiles ont mis trois siècles pour être accouchés...alors que la Michnah était déjà disponible chez les juifs. Rabbi Hillel et Shammai et Gamliel sont considérés comme étant à la fois les fondateurs du judaïsme rabbinique et du christianisme qui est une version grecque du judaïsme rabbinique. Le christianisme étant une version grecque du Judaïsme rabbinique mais au lieu d’être centré sur la shekinah des Juifs il est centré sur Jésus et le culte d’un homme érigé au rang de Fils de Dieu. Centré sur le culte d’un homme appelé Jésus.

Rabbi Hillel quelques deux siècles avant J-C avait enseigné la charité et le premier à avoir défini le principe de la non-violence et surtout formulé la règle d’or :ne pas faire à l’autre ce que tu n'aimes pas qu’on te fasse. Dans l’histoire du judaïsme talmudique nous avons des personnages historiques qui ont laisse des écrits et une tradition. Jésus et les Apôtres sont passés inaperçus et les premières attestations ne datent que vers la fin du 1er siècle après J-C et surtout à l’avènement du Messie juif Bar Khoshba en l’an 135 quand Hadrien avait voulu construire une nouvelle cité à la place de celle de Jérusalem. Rabbi Ben Zakkai est le premier à avoir échappé au temple assiégé par Titus pour aller créer le centre de Yavneh avec ses deux disciple Eliezer et Joshua avant qu’ils fussent rejoints par rabbi Aqiva. Les écoles évangéliques ne sont que des réponses à ce vaste mouvement de renouvèlement du judaïsme survenu à la veille de la destruction du temple. Ignorer ce qui se passait chez les Juifs et prendre les exclus de la synagogue pour des Apôtres cela revient à renverser l’image historique. Jésus est avant tout un juif envoyé aux brebis égarées d’Israël et aux brebis gréco-romaines.

Ces exclus de la synagogue une fois mis dehors avaient commencé à créer une religion en prenant des matériaux mythiques gréco égyptiens et en les collant sur des versets de la Bible qu’ils interprètent allégoriquement, sachant qu’il n'y a pas d’allégorie en langue sémitique, c’est une invention de Platon. Arius était conscient de ce débat et surtout son ami et contemporain Eusèbe de Césarée écrivait la première histoire ecclésiastique. Arius rejetait Jésus comme Fils de Dieu et Eusèbe de Césarée aussi. Quand l’Empereur Constantin convoqua le premier Concile de Nicée en 325 pour mieux intégrer les chrétiens à l’empire, Arius fit le voyage à la charge de l’Empire.

Au premier Concile, l’Assemblée s’arrogea le droit de décider ce qui est orthodoxe et ce qui ne l’est pas. Elle s’arrogea aussi le droit de décider des Ecritures canoniques et des écritures privées (Apocryphes) et enfin elle s’arrogea le droit d’excommunier la minorité qui s’oppose à elle et de la taxer d’hérésie (c’est-à-dire libertaire). Arius et son ami Eusèbe furent les victimes de ce premier Concile pour avoir soutenu contre tous les Evêques que Dieu ne peut pas avoir un Fils de même substance et de même éternité. En termes ecclésiastiques il niait la consubstantialité du Verbe (Fils,Jésus) avec le Père qui font partie d’une terminologie élaboré par Philon le Juif qui fut un gnostique de la secte des Thérapeutes et qui se retrouve dans le prologue (préambule) de l’évangile (non synoptique mais canonique) selon Jean.

Erudit et maîtrisant les écritures saintes juives et chrétiennes il défendait que Jésus n’est qu’une simple personne humaine comme tous les humains à qui Dieu révéla une mission. Arius inscrit Jésus dans la lignée prophétique des Juifs d’Israël sans aucun statut exceptionnel. C’est le même statut que donne le Coran à Jésus, simple prophète en l’islamisant à titre rétrospectif comme les autres prophètes d’Israël. Sans doute l’arianisme correspondait à la mentalité des peuples gréco-romains, amazighes, hispanique et gaulois, ce qui amena l’Empereur à le rappeler de son exil imposé par des Conciles qui l’avaient condamné. Dès son arrivé à Constantinople il fut empoisonné par l’Eglise orthodoxe aux grands soulagements de ses ennemis qui voyaient en cette mort subite la main de Dieu.

Après la mort d’Arius l’arianisme connut une résurgence avec la protection de l’empereur Constance et par ses successeurs. L’empereur Théodose parvint à étouffer l’arianisme mais ce dernier fut embrassé par les peuples germaniques, les Amazighes et les hispaniques à l’exception des Francs. L’arianisme ne fut définitivement extirpé qu’après les croisades menées contre les Albigeois. En Afrique du Nord l’arianisme a préparé le terrain à l’Islam et il n’est pas étonnant que les premiers amazighes de Tripolitaine étaient devenus très tôt de fervents musulmans en aidant les Arabes à conquérir le reste de l’Afrique du Nord notamment à partir de la conquête menée par Oqba bnou Nafi’ alFihri.

Extrait de la " Spiritualité amazighe" par LallaYetto Kushel

Références :


(a):Andre Wautier: Textes gnostiques de Sheneset en 8 tomes. Editions Ghanesha ,Montreal ,2006