Architecture amazighe

Architecture Amazighe dite berbère


L'architecture amazighe est connue surtout au Sud-Est du Maroc comme cette région nommée la Route des mille kasbah. Là, on voit des constructions grandioses avec une décoration de luxe qui commence souvent à la moitié de la kasbah. Les plus jolies kasbah amazighes sont du côté d'Askouren (Sekkoura) entre Ouarzazate Qelaa n Imgounen. Le plus extraordinaire est que même les toitures sont décorées en tissant des baguettes de laurier ou de roseau et en les peignant. malheureusement, on assiste à un délaissement de ces œuvres amazighes. A l'heure actuelle qui connait un architecte amazighe qui pourrait construire comme ces kasbahs? Quand nous disons architecte ce sont des maçons qui ont tout ce savoir authentique amazigh qui a donné naissance à cet héritage de haute valeur civilisationnel.

Dans le passée il faut citer le grand architecte amazighe révélé par les fouilles à Dougga avec un temple dédié à Masinissa. Le maître d'œuvre étant le fameux Atban. L'architecture comme expression du génie d'un peuple d'user des matériaux locaux et de concevoir l'exploitation judicieuse de l'espace et des volumes pour assurer la vie dans la cité et sa défense est négligée par nos institutions de recherches. Seuls certains architectes par initiative privée tendent de recycler certains matériaux et certaines formes. Une politique générale de l'architecture fait défaut.

HISTOIRE


L'architecture Amazighe (ou mauresque) s'est diversifiée suivant les époques (Romaine, romano-chrétienne, et musulmane) comme à Bougie, Setif, Timgad, Zazia, Volubilis, Lixus, ou les environs de Carthage. Mais l'apogée de l'architecture amazigh en tant que telle fut atteinte à l'époque des dynasties Imazighen comme celle des Almoravides, Almohades, Mérinides, et Zénètes, avec l'architecture hispano-mauresque dont la majeur partie des grands vestiges sont situés à Marrakech, Grenade, Séville et Cordoue : On citera les mosquées la Koutoubia à Marrakech, la Giralda à Séville, l'Al Hambra à Grenade, ainsi que d'autres Palais et Palmeraies. Il faut signaler que Cordoue et Grenade sont situées dans les montagnes qui sont des spécificités des Maures (amazighs) et les minarets sont cubiques (à base carré) alors qu'en orient les minarets sont cylindriques (à base ronde).

Cette architecture s'est diversifiée également suivant sa localisation: Sud ou Nord, montagnes (haute, moyenne montagne, ou aux pieds des montagnes) ou plaines semi-désertiques (Vallées, Gorges, cols, sources et rivières etc.,) et suivant le mode de vie (nomadique, transhumant ou sédentaire). En dehors des villes, des constructions architecturales Imazighen sont les greniers collectifs fortifiés comme ceux à Ighrem, Aghdir au Maroc, Guelaa en Algérie, Ghorfa en Tunisie et les châteaux tighremt du Sahara ( grandes tours carrées à merlon, leurs façades portent des arcatures à relief et un décor géométrique obtenu par des dispositions savantes de briques de terre crue). On retrouve ces greniers fortifiés même en Espagne. L'architecture domestique de Djerba, en Tunisie, et celle du Mzab, en Algérie sont d'autres exemples d'un bel et original art. Tombouctou la Touareg recèle une architecture typique mais utilisant les mêmes matériaux de construction que l'on trouve plus au nord à Tamanrasset par exemple.

Les Amazighs du sud pratiquent un type d’habitat original et millénaire : Dans les régions du sud marocain ou pré sahariennes on trouve aussi une architecture en terre, architecture amazighe développée dans les régions rurales. Conçus pour leur défense, les villages, maisons fortes, kasbahs et ksour (pluriel de ksar).

L’habitat à l’architecture de terre


L’architecture amazighe n’a jamais été influencée par la conquête arabe et le développement de l’art hispano-mauresque. Les kasbahs du sud en sont la plus belle expression de cet art rural. Ces superbes bâtisses en terre jouèrent un rôle fondamental durant des siècles. Elles furent les demeures fortifiées des seigneurs. Isolées et situées sur une position dominante, elles se voulaient l'expression de l’autorité des caïds représentants du sultan ou des Pacha, les gouverneurs d’une ville impériale. Les kasbahs contrôlaient aussi les oasis et leurs voies d’accès, elles servaient de points de ravitaillement pour les habitants du désert et défendaient les caravanes contre les brigands et les pillards nomades. De nos jours, elles abritent plutôt des notables ou des cultivateurs, lorsqu’elles ne sont pas tout simplement à l’abandon. Laissées à l’abandon, ces majestueuses forteresses de terre rouge ou ocre, sont menacées par les intempéries et tombent en ruine, au risque de disparaitre à jamais du paysage marocain et du patrimoine mondial.

Kasbahs et Ksar construction


La construction des kasbahs obéit à plusieurs règles architecturales. D'abord, sur des fondations de pierre, d’épaisses murailles, flanquées de quatre tours d’angle ornées de merlon en épis, en délimite la construction. Les murs y sont en pisé (mélange de terre et de paille selon un procédé ancien qui isole de la chaleur et du froid.) Le centre de l’habitation est constitue‚ d'un patio, qui offre la lumière à l'ensemble de la construction. Quant à l’ornementation extérieure des tours et du haut des murs elle est en adobe (brique de terre crue argileuse, qui permet d’exécuter des motifs en creux et en relief qui ajourent les parties hautes.) Les toitures se font avec des poutres rondes espacées recouvertes de roseaux serrés, de nattes en doum tressées ou de branches et feuilles de palmiers dattiers séchés, qu'on recouvre de terre glaise. Mais toutes les kasbahs ne sont pas celles d’un Pacha et les demeures rurales sont plus simples et regroupées au sein d’un même village. Protégées de remparts avec une seule porte d’entrée, elles forment alors un ksar (pluriel: ksour).

Ces villages, construits en pisé, prennent la couleur de leur terre d’origine, qui, passant de l'ocre au rouge, les rend tous différents. A l’origine, cet habitat rural en terre fut édifié par des familles de nomades qui, ayant décidé de se sédentariser, recherchèrent une construction plus solide que leur tente de laine pour faire face aux intempéries et aux ennemis. C’est pourquoi les ksour, petites forteresses, sont établis le plus souvent sur des pitons rocheux ou en bordure de falaise. Ouarzazate, ainsi que la vallée du Drâa et la vallée du Dades offrent les plus beaux spécimens de cette remarquable architecture de terre. Certaines de ces constructions sont inscrites sur la liste du patrimoine de l'Humanité et l'UNESCO veille à leur conservation (ex: la kasbah d’ Ait Ben Haddou au Maroc).

Voir aussi:


La Khaïma


Ou tente amazighe, il s'agit d'une forme d'habitat, celui des nomades. Utilisé par les tribus qui accompagnent leurs troupeaux, elle consiste en un assemblage de bandes de laine brune, décorées de motifs géométriques, cousues et soutenues par une structure en bois. A l'intérieur, l’espace y est divisé en deux parties, une, cachée est réservée aux femmes, l’autre, celle des hommes est ouverte aux visiteurs.