Arabion

En grec Arabion, ce personnage est considéré par les historiens comme étant le dernier roi amazighe de [[Numidie]]]]. Il est le fils de Masinissa II, allié du roi amazighe Juba I contre César. Après la victoire de César à la bataille de Thapsus, Arabion fut privé de son royaume qui fut partagé entre le roi amazighe de Maurétanie Bocchus II et le romain Sittius.

Sittius du parti de César qui devint un condottiere et reçut une partie importante de la [[Numidie]]]] soustraite à la souveraineté amazighe. Cette partie constituait un état tampon et comprenait les territoires de la future confédération Cirtéénne avec Cirta, Chullu, Rusicade et Milev. Arabion s’enfuit alors en Hispanie (Espagne) avec les Pompéens survivants mais le meurtre de César donna cependant lieu en Afrique du Nord à des luttes confuses pour le pouvoir auxquelles Arabion prit une part très active. Revenu d’Hispanie en l’an 44 avant J-C, il tua Sittius, et repoussa Bocchus II vers l’Ouest, sans doute jusqu’à la vallée de la Soumane en Kabylie et récupéra ainsi son royaume (Cic., att.XV 17,1; app.,S.C.IV 54) Il ne parvint pas cependant à arracher Cirta (Constantine) aux Sittiani.

Pendant ce temps les gouverneurs de l’Africa Vetus et de l’Africa Nova étaient paralysés par leurs désaccords et finirent par entrer en lutte ouverte à la fin de l’an 43 avant J-C après la constitution d’un nouveau triumvirat (Octave,Marc-Antoine,Lépide). Dans ce conflit entre Q. Cornificius, gouverneur de l’Africa Vetus et T.Sextius gouverneur césarien de l’Africa Nova, Arabion prit le parti de ce dernier qui l’emporta grâce au ralliement d’Arabion. Mais bientôt Sextius allait entrer en lutte avec C. Fuficius Fango, partisan d’Octave, et, se méfiant d’Arabion le fit mettre à mort en l’an 41 avant J-C (App.,B.C.IV 55-56; Dion C.XLVIII 22). Bocchus II et les Sittiani de Cirta récupèrent alors les territoires qu’Arabion leur avait repris en l’ an 44 avant JC.

References Ciceron: lettres à Atticus XV 17, 1 S.C: Sources chretiennes, Paris IV 54 Appien: Guerre civile IV 55-56 Dion C: Dion Cassus Histoire romaine XLVIII 22


Arabion cité dans "Histoire romaine - Les guerres civiles, livre IV" d'Appien d'Alexandrie.

[...]Cette région de l'Afrique que les Romains prirent aux Carthaginois, ils l'appellent encore la vieille Afrique. La partie qui appartenait au roi Juba, et qui fut prise par Caius César plus tard, ils l'appellent pour cette raison la nouvelle Afrique; on peut aussi l'appeler l'Afrique numidienne. Donc Sextius, qui, nommé par Octave, avait la charge de la nouvelle Afrique, somma Cornificius de lui laisser la vieille Afrique parce que tout le pays avait été donné à Octave lorsque les triumvirs découpèrent l'empire. Cornificius répondit qu'il ne reconnaissait pas cette attribution que les triumvirs avaient faite par eux-mêmes, et que puisqu'il avait reçu le gouvernement du sénat il ne le rendrait à personne sans l'ordre du sénat. Ce fut l'origine des hostilités entre eux. Cornificius avait l'armée la plus forte et la plus nombreuse. Celle de Sextius était plus agile bien qu'inférieure en nombre : grâce à cela il put l'emporter et détacher de Cornificius les régions de l'intérieur jusqu'à ce qu'il fût assiégé par Ventidius, un lieutenant de Cornificius, qui s'attaqua à lui avec des forces supérieures et à qui il résista vaillamment. Laelius, un autre lieutenant de Cornificius, ravagea la province de Sextius, s'installant devant Cirta, il en fit le siège. Tous les deux envoyèrent des ambassadeurs pour demander l'alliance du Roi Arabion et de ceux qu'on appelait Sittiens, qui reçurent ce nom dans les circonstances suivantes. Un certain Sittius, qui était accusé à Rome, s'enfuit pour éviter le procès. Rassemblant une armée d'Italie et d'Espagne, il passa en Afrique, où il s'alliait tantôt avec l'un tantôt avec l'autre des rois qui se faisaient la guerre de ce pays. Comme ceux qui se joignaient à lui étaient toujours victorieux, Sittius acquit de la réputation et son armée devint fort efficace. Quand Caius César poursuivit les partisans de Pompée en Afrique Sittius le rejoignit et mit en déroute un général célèbre de Juba, Saburra, et il reçut de César, comme récompense pour ces services, le territoire de Masinissa, non en entier, mais la meilleure partie. Masinissa était le père de cet Arabion et l'allié de Juba. César donna son territoire à ce Sittius, et à Bocchus, le roi de la Mauritanie, et Sittius divisa sa propre part à ses soldats. Arabion à ce moment-là s'enfuit chez le fils de Pompée en Espagne, mais revint en Afrique après la mort de César et continua à envoyer des détachements de ses hommes au plus jeune fils de Pompée, que celui-ci renvoyait après les avoir bien formés, et ainsi il expulsa Bocchus de son territoire et tua Sittius par ruse. Bien que pour ces raisons son coeur penchât pour les partisans de Pompée, il décida néanmoins de s'opposer à ce parti, parce qu'il n'avait pas de chance, et rejoignit Sextius, grâce auquel il acquit les faveurs d'Octave. Les Sittiens le rejoignirent également en raison de leur amitié pour César l'Ancien.

Ainsi Sextius reprenant courage fit une sortie lors de laquelle Ventidius fut tué et son armée s'enfuit en déroute. Sextius la poursuivit, la massacra et fit des prisonniers. Quand Laelius apprit la nouvelle il leva le siège de Cirta et rejoignit Cornificius. Sextius, enhardi par son succès, s'avança contre Cornificus lui-même à Utique et campa en face de lui, bien que ce dernier ait des forces supérieures. Cornificius envoya en reconnaissance Laelius avec sa cavalerie, et Sextius ordonna à Arabion de l'attaquer avec sa propre cavalerie, et Sextius lui-même avec ses troupes légères attaqua le flanc de l'ennemi et les mit dans une telle confusion qui Laelius, bien qu'invaincu, craignit que sa retraite soit coupée et s'empara d'une colline voisine. Arabion attaqua ses arrières, en tua beaucoup et encercla la colline. Cornificius voyant cela fit une sortie avec la plupart de ses forces pour aider Laelius. Sextius, qui était sur ses arrières, se précipita et l'attaqua, mais Cornificius se retourna sur lui et le repoussa en perdant beaucoup d'hommes.

Pendant ce temps Arabion, avec quelques hommes s'insinua sans se faire voir à travers les rochers escarpés, escaladant un précipice jusqu'au camp de Cornificius. Quand le camp fut pris, Roscius qui le gardait offrit sa gorge à un de ses écuyers et se tua. Cornificius, fourbu par l'engagement, de retira vers Laelius sur la colline, ne sachant pas encore ce qui était arrivé à son camp. Tandis qu'il se retirait la cavalerie d'Arabion le chargea et le tua, et quand Laelius, regardant vers le bas de la colline, vit ce qui s'était produit il se suicida. Comme leurs chefs étaient morts les soldats s'enfuirent de tous les côtés. Des proscrits qui se trouvaient avec Cornificius, certains partirent en Sicile, d'autres cherchèrent refuge partout où ils le pouvaient. Sextius donna beaucoup de butin à Arabion et aux Sittiens, mais il fit passer les villes à Octave et leur accorda à toutes le pardon. Ce fut la fin de la guerre en Afrique entre Sextius et Cornificius, qui sembla de peu d'importance en raison de la rapidité avec laquelle elle se fit.