Apulée

Apulée de Madaure.

Les penseurs antiques étaient rebutés par le fanatisme des sectes du christianisme. Parmi ceux qui ont réagi à ce fanatisme figure Apulée de Madaure. Apulée est née à Madaure en l’an 124 et mort en 175. Apulée naquit dans une famille aisée de Madaure, son père était duumvir de la cité et devait laisser à son frère et à lui un confortable héritage de deux millions de sesterces. Bien que totalement romain par sa culture et son œuvre, Apulée resta toujours attaché à ses origines amazighes dites Africaines à l'époque, il n'hésitait pas à se revendiquer plus tard « mi-numide et mi-gétule ». Saint Augustin avait dit de lui : « chez nous, Africains, Apulée, en sa qualité d'Africain, est le plus populaire». Son degré d'adhésion à la romanité fait l'objet d'un débat.

Il étudia la rhétorique et la littérature à Madaure, puis à Carthage, et enfin à Athènes, où il s'intéressa à la philosophie néo-platonicienne et au sophisme. Doué d'un talent d'orateur, il devint avocat à Rome avant de mener une carrière de conférencier itinérant dans son pays natal. Parlant aussi bien le latin que le grec, il pouvait même passer sans problème d'une langue à l'autre au cours du même discours.

Au cours d'un de ses voyages, il rencontra à Oea (l'actuelle Tripoli) une riche veuve, Emilia Pudentilla, qu'il épousa. Accusé par sa belle-famille d'avoir usé de magie, il plaida sa propre cause lors d'un procès à Sabratha en 158 (avec succès : il sera acquitté) et consigna sa plaidoirie dans une Apologie. De son temps, Apulée était considéré comme un adepte de la magie, voire comme un thaumaturge. C'était surtout un homme doué d'une curiosité exceptionnelle, dans tous les domaines, initié à plusieurs cultes orientaux (dont celui de la déesse Isis) et qui fut peut-être prêtre d'Esculape.

Apulée était connu pour être un adepte du culte d’Isis. Ceci nous donne une idée sur la liberté religieuse des Amazighes de l’empire romain. Il a écrit un conte philosophique intitulé " L’Ane d or". L’histoire narrée par Apulée est celle d’un homme changé en âne qui finit par trouver sa voie et retrouvera sa forme humaine en broutant les roses, puis en s’initiant aux mystères d’Isis et d’ Osiris.

Mais cette histoire est aussi une satire, plus ou moins voilée, du christianisme. Il y est fait allusion, dès le début, à une femme enceinte depuis plus de huit ans, allusion évidente au nombre d’années qui sépare, dans l’évangile selon Luc, la conception de Jésus au temps du roi Hérode et sa naissance au cours du recensement de Quirinius .

Apulée est également l’auteur d’un De Deo Socratis( le Dieu de Socrate), où il expose notamment que chaque homme est accompagné d’un démon qui le guide et le protége. Cette conception, qui fut reprise par le Christianisme sous la forme de l’ange gardien et qui se trouve d’ailleurs déjà en germe dans le pasteur d Hermas, parait être d’origine hindoue. L’Islam reprend aussi l’idée de l’ange gardien et que pour clore le gestuel de l’adoration (salat) le musulman doit prononcer des salutations à droite et à gauche pour ses anges gardiens. Le pays des Amazighes a été traverse par des idées religieuses du monde entier y compris les gnosticismes grec, hébraïque, égyptien et alexandrin. Les Métamorphoses, souvent considérées comme une satire des vices de l'époque et comme une allégorie de l'existence humaine, ont considérablement influencé les œuvres d'écrivains tels que Henry Fielding, Tobias Smollett, et Boccace.

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