Ali Ben Ghanya

Emir de la dynastie amazighe des Banu Ghaniya qui régna sur les Îles Baléares. Né à une date inconnu, mort en 1188. Il était le fils de Ishak ben Mohammed. Il est le plus connu des émirs de cette dynastie, en partie pour son expédition qu'il mena en Ifrikya, geste qui rappel un peu celle qu'accomplit le roi de suède Charles XII cinq siècles plus tard.

Histoire


En 1184, à la mort d'Ishak ben Mohammed, son fils Mohammed ben Ishak occupa le pouvoir; mais, comme à ce moment les Almohades venaient de débarquer en Espagne, il jugea prudent de reconnaître leur suzeraineté. Cette démarche irrita vivement les chefs almoravides et un complot fut fomenté qui aboutit à l’internement de Mohammed ben Ishak et du représentant de l’autorité almohade et à l’intronisation de Ali Ben Ghanya (Ali Ibn Ghaniya). La lutte contre les Almohades ne pouvait produire d'effet que sur le continent; il mit à profit les déboires des Almohades en al-Andalus (défaite de Santarem en 1184) et la situation troublée en Ifriqya et dans le centre de l'Afrique du Nord, ainsi Ali s'empressa-t-il d'équiper une flotte et d'aller débarquer en Afrique, après avoir laissé le gouvernement de sa principauté à son oncle Abou Ez-Zobeïr. A la suite d’entretiens secrets avec des représentants des habitants de Bejaïa, il débarque avec 4000 fantassins majorquins et 200 cavaliers à proximité de l’ancienne capitale hammadide. Il s’empara d’autant plus facilement de la ville que le gouverneur almohade était absent. Celui-ci ayant fait demi-tour, Ali ben Ghanya se porta à sa rencontre et le battit facilement grâce aux contingents kabyles et des tribus arabes, notamment hilaliennes des Riah, des Goiâm. Dans la foulée Ali ben Ghanya s’empara d’Alger, Mouzala et Miliana. Les historiens lui prêtent l’intention de marcher sur Marrakech et de frapper au coeur la puissance almohade; en fait il semble avoir eu des objectifs plus modérés la région dont il s’est emparé facilement est l’ancienne mouvance hammadid Hammad et commence le siège de Constantine. Il était campé sous les murs de Constantine, dont il avait commencé le siège, quand El-Mansoûr, le souverain almohade, informé de ces événements, envoya une flotte qui reprit Bejaïa, et des troupes qui marchèrent aussitôt contre l'ennemi.

Ali ibn Ghanya abandonna alors ses conquêtes pour aller dans le Djérid au sud de l’Aurès, Il fit du Djerid (Garid) sa nouvelle base d’opérations; il prit Gafsa et mit le siège devant Touzer. Cette dernière place ayant resisté vigoureusement à ses attaques, il s'en éloign, il se constitua une véritable principauté dans le sud de l’Ifriqiya. Pour marquer sa totale opposition à l’empire almohade il fit acte d’allégeance au calife abbasside.

Parallèlement, ses forces militaires changent d’aspect, des troupes majorquines et des cavaliers almoravides, auxquels s’étaient ajoutés des contingents Sanhadja, il ne restait plus grand monde. Désormais dominent des apports orientaux Arabes Hilaliens et Turcomans que lui procure son alliance avec l’arménien Qaraquch, véritable condottiere, qui, affranchi d’un neveu de Saladin, tenait sous sa coupe la Tripolitaine et le Fezzan. Les deux chefs de guerre lancent leurs troupes sur l’Ifriqiya. Ali ben Ghaniya caresse l’espoir de s’emparer de Mahdia et de Tunis. Le pays est en grande partie sous son contrôle lorsque Yàqub al-Mansur arrive à la tête d’une armée petite mais disciplinée. Àli ben Ghaniya se réfugie à nouveau au Djerid où il peut encore écraser la cavalerie almohade qui le poursuivait à al-'Umra, près de Gafsa (1187) mais Al-Mansour remporte une bataille décisive sur les contingents disparates de Ali ben Ghaniya et de Qaraquch à el-Hamma, à l’est de Gabès.

Tandis que Ali s’enfuit dans le désert, le vainqueur déporte au Maroc les contingents Riyah et Djochem et regagne Marrakech. A peine l’almohade sorti d’Ifriqiya, Ali ben Ghanya et Qaraquch reprennent leur entreprise, mais Ali trouve la mort dans des conditions mal connues. Selon Ibn Khaldoun il serait mort des suites de blessures reçues lors de la bataille d’al-Hamma tandis que l’auteur du Kitab al-Istibsar le fait mourir d’une flèche reçue près de Tozeur. En 1188, son frère Yahya lui succède et poursuivra victorieusement la lutte contre les Almohades pendant une cinquantaine d’années, réalisant partiellement l’ambition de son aîné.

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