Akli (esclave)

Terme attesté en kabyle et en touareg, avec une légère divergence sémantique et morphologique entre les deux dialectes:

  • kabyle : akli, plur. aklan, « esclave », « noir ». (fem.) taklit, plur. taklatin
  • touareg : akli, plur. iklân, éklan, « esclave », « captif ». (fem.) taklit, plur. taklâtîn

Pour le touareg, Foucauld (t. II, p. 787) explicite : « esclave de n’importe quelle couleur ».

La signification raciale (« Noir ») que le vocable a en kabyle semble secondaire puisque même dans ce dialecte akli a d’abord une valeur sociale et désigne avant tout un groupe à statut déterminé, indépendamment de la couleur de peau des individus concernés.

Du reste, en kabyle, il est possible de parler de akli amellal, « esclave blanc » et une expression ancienne dit :

a k yefk Rebbi aklan imellalen! = « Que Dieu te donne des esclaves blancs! »

voyant sans doute là le summum de la réussite matérielle.

Par ailleurs, en kabyle, l’antonyme de akli est ah'erri, « l’homme libre ». Le terme akli a donc très probablement en base une valeur sociale et non anthropologique. C’est certainement l’une des dénominations berbères premières de l’esclave.

Dans les autres dialectes berbères, l’esclave est généralement désigné par des formes issues de la racine SMG (le plus souvent ismeg).


Voir aussi :

Source initiale: Encyclopédie Berbère, Livre III

BIBLIOGRAPHIE

  • ALOJALY Gh. Lexique touareg-français, Copenhague, (akli, p. 91), 1980.
  • AUCAPITAINE H. Les colonies noires en Kabylie, Revue Africaine, IV 1958, p. 73-77,
  • BOULIFA A. Méthode de langue kabyle (cours de deuxième ann6e), Alger (Glossaire, p.

383), 1913.

  • BOULIFA A. Le Djurdjura à travers l’Histoire..., Paris, 1925 (notamment p. 247 et sq.).
  • DALLET J. M. Dictionnaire kabyle-français, Paris, 1982, p. 402.
  • FOUCAULD Ch. de Dictionnaire touareg-français, Paris (4 vol.), 1951-1952. t. II,

p. 787.

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