Akhaemeneis

Ptolémée (IV, 3, 6, éd. C. Mi.iller, p. 641) mentionne les Akhaemeneis en Africa entre les Ogiplônsii (ou Sigiplôsii) et les Moutourgoures. Une localisation très approximative est rendue possible par le fait que le Géographe alexandrin situe, dans le même passage, les Ogiplônsii « sous » les Kinithii (les Cinithi des sources latines).

Or nous savons (cf. art. Cinithi) que cette tribu était riveraine de la petite Syrte et que Gightis (Bou Ghara) était très probablement, à l’origine, l’un de ses centres principaux. Comme Ptolémée a d’abord décrit les peuples de l’Afrique établis sur le littoral (Kinithii, Nigitimi, Lotophages, etc., éd. C. Miiller, p. 638) pour, à partir de ceux-ci, mentionner ceux qui sont « en dessous », il ne fait pas de doute que les Akhaemeneis sont à rechercher un peu à l’intérieur des terres, à l’ouest ou au sud-ouest de la petite Syrte. Mais ils ont dû nomadiser assez loin, car Ptolémée (IV, 6, 6, p. 747) fait état, en Libye Intérieure, d’Akhaemae qui pourraient bien être identiques aux Akhaemeneis.

Le nom des Akhaemeneis est d’ailleurs suspect. Ce pourrait être une déformation d’un nom indigène, sous l’influence du nom du perse Akhaeménès et des Achéménides, le grec Akhaemenios (latin Achaemenius) en étant venu à signifier « perse ». On sait que Salluste (Jug., XVIII, 4-5) considérait les Perses comme un des éléments du peuplement de l’Afrique, bientôt mêlé aux Gétules (ibid., XVIII, 7), et voyait dans les Numides une partie de leurs descendants (ibid., XVIII, 11). Pline l’Ancien (H.N., V. 46) faisait des Pharusii du Sud marocain, des Perses, compagnons d’Hercule. On consultera sur ce point, H. W. Ritter, Iran.ische Tradition in [[Numidie]]n, dans Chiron, VIII, 1978, p. 313-317.

J. DESANGES

Source initiale: Encyclopédie Berbère, Livre III

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