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Encyclo: Aînesse (droit d’)

On qualifie de droit d’aînesse le droit exclusif, ou quasi-exclusif, à l’héritage, reconnu au profit du fils aîné. Cette règle juridique a pour but de conserver intacts les biens familiaux et d’éviter leur morcellement. Le Coran (IV, f18) ne reconnaît pas de droit d’aînesse et recommande une répartition uniforme des biens successoraux entre les héritiers d’un même rang. Il existe par ailleurs en droit musulman des procédés d’indivision, ou de préemption, qui permettent d’empêcher le fractionnement des biens du défunt. Les coutumes ‘uridiques de toutes les tribus nord-africaines ont, semble-t-il, adopté ces prescriptions coraniques et suivent une répartition égalitaire en matière d’héritage. Les divers héritiers se partagent l’actif successoral à l’amiable, et dans certains cas, pour éviter les injustices et les ratiocinations, on divise les biens du défunt en plusieurs lots qui sont ensuite attribués aux diverses parties par un tirage au sort.

En dehors de cette interprétation stricto sensu du droit d’aînesse, on relève n phénomène de ce genre dans le comportement et la psychologie de la famille. Le fils aîné jouit d’un traitement privilégié, il est le sidi, le monseigneur. Objet de multiples préséances, il se comporte comme un père envers ses frères et soeurs, et réciproquement, ceux-ci acceptent son autorité qui n’est autre que l’autorité patriarcale qui lui reviendra pleinement un jour. La vitalité des attitudes reflète ici, sans aucun doute, un fond ancien où le fils aîné assurait d’une manière plus accentuée des fonctions juridico-religieuses.

A. BERTRAND

Source Initiales: Encyclopédie Berbère, Livre III

BIBLIOGRAPHIE


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Page mise à jour le 30 décembre 2007 à 14h26