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Encyclo: Adurmakhidae

Hérodote (IV, 168) mentionne les Adurmakhidae comme le premier peuple libyen à partir de l'Egypte. Leurs coutumes sont celles des Egyptiens, dans la plupart des cas, mais leur accoutrement est proprement libyen. Ils s'étendent à l'ouest jusqu'au port de Plunos (Sidi-Barrani, d'après F. Chamoux, Cyrène sous la monarchie des Battiades, Paris, 1953, p. 227 ; un site au fond du golfe de Saloum, d'après St. Gsell, Hérodote, Alger, 1915, p. 120).

Selon le Pseudo-Scylax (Périple, 108, dans G.g.m., l, p. 82), les Marmari­dae succèdent aux Adurmakhidae à partir d'Apis (Zawyet Umm el Rakham, à20 km à l'ouest de Marsa Matrouh, cf. J. Leclant, Per Africae sitientia, dans B.I.F.A.O., XLIX, 1950, p. 235-236). Pline l'Ancien (H.N., V, 39) situe les Adirmachidae en Libye Mareotis, entre les Marmarides et les Mareotae. Silius Italicus (Pun., III, 278-281) leur attribue un petit bouclier de cuir, une épée recourbée, une jambière à la jambe gauche; ils cuisent leurs maigres festins sur le sable échauffé.

En un autre passage (Pun., IX, 223-225), il les considère comme des riverains du Nil et signale que leurs corps sont noircis par le so­leil, ce qu'il a dit aussi, par ailleurs (Pun., III, 268-269) des Nubae. On rapprochera avec prudence cette indication, de la lecture, sur deux inscriptions méroïtiques de Kawa, à une centaine de kilomètres en amont de la troisième cataracte (M.F. Laming Macadam, The Temples of Kawa, Londres, 1949, l, ; 100, nOS 20 et 21) des groupes ADRMKDE et ADRMKDD, auxquels se joindra le groupe DRMKDE sur une stèle de Tomas en provenance de Karanog, près d'Ibrîm (J. Leclant et coll., Répertoire d'épigraphie méroitique,n° 0620). ­

Ptolémée (IV, 5, 12 éd. C. Müller, p. 693) localise les Adurmakhidae à l'intérieur du nome de Libye et il semble que, dans la description par bandes parallèles du géographe, il faille les placer au sud des Zugeis, lesquels tirent leur nom du port de Zugis, à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de la pointe Blanche (Ras el-Kanais) (cf. Stadiasmus maris magni, 15, dans G.g.m., l, p. 433). O. Bates (The Eastern Libyans, Londres, 1914, p. 61) et St. Gsell (op. I, p. 121) pensent que les Adurmakhidae de Ptolémée ne sont plus qu'une fraction de la tribu primitive.

On trouve encore une mention, corrompue, des Adurmakhidae dans l'œuvre du grammairien Hérodien, qui vécut sous Marc-Aurèle (Herodiani Technici reliquiae, éd. A. Lentz, Leipzig, 1870, II, 2, p. 918 = C. Müller, F.h.g., IV, p. 294); mais le passage, qui établit la généalogie d'une série de tribus, de l'Egypte à la grande Syrte, est tiré du Livre I des Libyca d'Agroetas, écrivain d'époque hellénistique (cf. art. Agroitas 1, dans P.W., R.E., l, 1 (Schwartz, 1893), col. 903).

G. Müller (Die Aegypter und ihre libyschen Nachbarn, dans Z.D.M. G., LXXVIII (N.F. III), 1924, p. 48) a voulu identifier les Adurmakhidae avec les Temehou connus des Egyptiens du Nouvel Empire. Les arguments philo­logiques avancés à l'appui de cette thèse ont été réfutés par W. Hülscher Libyer und Aegypter, Glückstadt-Hambourg-New York, 1955, p. 50). F. Chamoux (op. 1., p. 56) admet provisoirement l'équivalence des Adurmakhi­dae et des Maschwesch que vainquit Ramsès III au début du XIIe siècle avant notre ère. L'hypothèse est fragile.

O. Bates (op. 1., p. 79) a proposé d'expliquer le nom des Adurmakhidae par l'étymologie libyco-berbère idraren mak : « ceux de la montagne ». Mais cette population apparaît dans l'histoire comme nomadisant au bord de la mer.

BIBLIOGRAPHIE - art. Adyrmachidai, dans P.W., R.E., l, 1 (Pietschmann, 1893), col. 440.

J. DESANGES

Source Initiales :Encyclopedie Berbère,Livre II

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Page mise à jour le 21 mars 2008 à 18h15