Addyma

Le nom antique du Sebaou, fleuve qui draine la Kabylie du Djurdjura, était jusqu'ici inconnu. Deux hypothèses identifiaient différemment les points remarquables de la côte kabyle. Si l'on plaçait Cissi à Dellys, le Sebaou était le Serbetes de Ptolémée. Si l'on plaçait Rusucurru à Dellys et Cissi à Cap Djinet, le Serbetes était le fleuve Isser, mais le Sebaou n'avait plus de nom.

Or Ptolémée (IV, 2) cite parmi les villes de la côte, de l'ouest à l'est, dans l'ordre: Cissi, Addyma, Rusucurru. La découverte récente d'une dédicace des Cissiani à Alexandre Sévère fixe définitivement l'emplacement, jadis contesté, de Cissi à Cap Djinet et de Rusucurru à Dellys. Il fallait donc chercher Addyma entre ces deux sites; or aucun vestige notable n'est apparent sur le terrain. Un rapprochement suggéré par J. Desanges donne la solution: le Géographe de Ravenne, cite un « Adima » parmi les fleuves de [[Numidie]]. Adima était donc un hydronyme et l'Addyma de Maurétanie n'était pas une ville, c'était le fleuve Sebaou. L'inscription du Cap Djinet confirme le choix fait par P. Salama dans sa carte du réseau routier de l'Afrique romaine et clôt une querelle centenaire.

BIBLIOGRAPHIE

  • GSELL S. Atlas archéologique de l'Algérie. Feuille n.O 6, Tizi-Ouzou, n.o 87 (bibliographie complète jusqu'en 1903 sur les toponymes antiques de la côte kabyle).
  • FREZOULS E. et Hus A. Un problème de topographie antique: l'identification des villes de la côte kabyle à l'ouest de Bougie. Mélanges d'Archéologie et d' Histoire. École française de Rome, t. LXVI, 1954, p. 147-163.
  • EUZENNAT M. Histoire municipale de Tigzirt. Mélanges d'Archéologie et d'Histoire Ecole française de Rome, t. LXVI, 1955, p. 127-148, Alger, 1951.
  • SALAMA P. Les voies romaines de l'Afrique du Nord. Alger, 1951.
  • LAPORTE J.-P. Cap Djinet : Une dédicace des Cissiani à Sévère Alexandre. Bull. archéol. du Comité des Trav. hist., nlle série, 9, 1973, p. 25-37.

Source initiale: Encyclopédie Berbère, Livre II

J.-P. LAPORTE

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