Ad'ad

Ad'ad : le doigt

Ce système juridique original permet, dans les tribus du Maroc Central, au mari qui répudie sa femme de désigner devant la jemaà un ou plusieurs hom­mes que celle-ci ne pourra épouser; « il pose le doigt sur eux» (isers ghif-sen ad'ad-ennes).

La mise en œuvre de cette coutume (nombre de personnes « désignées », durée du délai d'interdiction, etc.), ainsi que son nom (ad'ad, imakkan, tighuni) diffèrent selon les tribus. Généralement le mari désigne du doigt trois hommes auxquels il interdit d'épouser sa femme, à moins qu'un des intéressés n'efface par la suite cette interdiction en lui payant une indemnité.

Lorsqu'on analyse le droit d'ad'ad dans une perspective nord-africaine, on constate qu'il est un adoucissement du système en vigueur en Kabylie où une femme divorcée ne peut se remarier sans le consentement de son ancien mari, consentement qui n'est souvent donné qu'après le paiement d'une véritable rançon. Dans la pratique, cette institution a un autre effet; les femmes trom­pent rarement leurs maris qui pourraient grâce à cette prérogative empêcher tout remariage avec leur amant.

A.BERTRAND

Source Initiale : Encyclopédie Berbère,Livre II

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