From Wikimazigh

Encyclo: Accordailles

ACCORDAILLES (Ahaggar):Cette cérémonie précède le mariage proprement dit, elle est la consécration publique du consentement mutuel des deux partis à la réalisation du mariage. Conditions préliminaires 1. Les jeunes gens qui doivent se marier sont ibubah (cousins croisés) ou au moins appartiennent à la même tribu. Il y a cependant de nombreuses exceptions. 2. La dot que doit recevoir la mariée est la même que celle qui a été offerte à sa mère pour son mariage. Elle est fixée par la tradition et varie d’une tribu à l’autre. Elle s’élève à sept chamelles pour une jeune fille de condition noble mais n’atteint que quelques chèvres pour une femme de condition inférieure voire un ahwar (couverture de laine multicolore) pour une domestique non affranchie. 3. Il faut le consentement des deux jeunes gens, de leurs père et mère, de leurs oncles et tantes. Déroulement de la cérémonie Les futurs conjoints n’assistent pas à la réunion publique. Le fiancé attend dans une maison ou sous une tente, et parfois il est même complètement absent du village ou du campement. La fiancée est chez elle, au domicile de son père ou de son tuteur. Chacun d’eux délègue un porte-parole en lui répétant trois fois de suite la formule suivante «cwikele’y Allah d ennebi. wikeley X. . . » (Je donne procuration à Dieu et au Prophète. Je donne procuration à X...»). Cela est dit devant un ou deux témoins. Sont présents à la réunion : les deux porte-parole, les témoins, les mandataires respectifs des deux jeunes gens (ce sont généralement leurs pères ou leurs oncles paternels ou leurs tuteurs), le aleb et les hôtes. Aucune femme n’est admise à la réunion. Toute l’assistance est assise sur des tapis à l’intérieur d’une enceinte de nattes (isebran) ou dans la courette d’une maison. Les porte-parole font part du choix des jeunes gens quant à leurs mandataires. Ceux-ci souvent reportent leur mandat à de tierces personnes. La discussion s’engage entre les mandataires pour savoir si la dot traditionnelle est respectée, si elle est versée le jour même ou le jour du mariage, si elle est échelonnée dans le temps,pour apprécier l’état des animaux présents et la valeur des objets qu’offre le marié, pour proposer, accepter ou rejeter certaines conditions particulières. Enfin, l’accord est publiquement réalisé : elgebul (acceptation réciproque) est effectif. Le aleb consigne elgebul par écrit : il rédige elqd, véritable acte de mariage qu’il lit à haute voix devant tous les hommes présents. Ensuite il récite une prière où il demande à Dieu d’exaucer les voeux que tous font pour les deux époux, pour la pluie, etc. Il termine en récitant la liminaire (fatiha) en même temps que tous les assistants. A l’issue de cette récitation collective les you-you sont poussés par des femmes qui étaient aux aguets derrière les isebran ou au pied du mur de la maison. Pour terminer la cérémonie on porte des plats de dattes pilées et des pots de lait. Les assistants mangent par poignées aux plats posés devant eux et boivent par gorgées aux pots qui circulent de mains en mains.

Moment choisi pour la réunion

La cérémonie se déroule généralement au coucher du soleil mais rien ne s’oppose à ce qu’elle se fasse dans la matinée. Ce moment a été fixé et décidé le jour même de la réunion ou la veille. Cette cérémonie précède le mariage proprement dit et les noces d’un laps de temps qui varie de quelques heures à plusieurs mois.

G. BARRERE

Source Initiales: Encyclopédie Berbère, Livre I

BIBLIOGRAPHIE

Récupéré sur http://www.wikimazigh.com/wiki/Encyclopedie-Amazighe/Encyclo/Accordailles
Page mise à jour le 06 décembre 2007 à 13h54