Abu Hafs Umar Inti

Principal lieutenant d’Ibn Tumert fondateur du mouvement almohade. Il se nommait Faskt u-Mzal et appartenait à la tribu des Hintti (Hintata). Il reçut d’Ibn Tumert lui-même le nom sous lequel il est connu, ainsi que sa descendance, dans l’Histoire. Ce chef berbère joua un rôle considérable. Dès 514/1120 il avait hébergé le futur Mahdi dans le Haut Atlas, chez les Masmouda. Il fit partie du Conseil des Dix qui constituait l’instance suprême du mouvement almohade. Ibn Tumert avait la plus entière confiance en lui. C’est Abti I1af qui était chargé de porter son bouclier. A la mort du Mahdi c’est Abi I,Iaf qui réussit à faire admettre, malgré son origine zénète, ‘Abd al-Mumin al-Kumi comme calife. Abti Haf et ses proches sont, sous le règne d’Abd el-Mumin, au sommet de la hiérarchie almohade et participent activement au triomphe militaire. En 1145 Abti Haf s’empare d’Oran, deux ans plus tard il écrase le mouvement anti-almohade de Umar ben al-Hayyt, en 1154 c’est encore Abû Hafs qui combat les Gazzula au delà du fleuve Dra. Il combat également en Espagne et fut peut-être un temps gouverneur de Cordoue. Sous le règne de Abû Ya’qtib Yûsuf il doit encore se battre contre les Gumra qui s’étaient révoltés et on le retrouve en 1169 en Espagne. C’est à son retour d’Espagne en 57/1175 qu’il meurt, de maladie, à Salé.

Très fidèle à la mémoire du Mahdi dont il avait été le plus proche compagnon, le cheikh Abu Hafs occupa à la cour des deux premiers califes les fonctions les plus honorifiques, ce qui ne l’empêchait pas de garder son franc parler de montagnard ; il remplaça dans la capitale Abd El-Moumen quand celui-ci combattit en Ifriqiya. Abd El-Moumen mourut alors que Abu Hafs était en Espagne, sa succession ne se fit pas sans difficultés. La proclamation d’Abu Ya’qub Yûsùf ne fut pas tout de suite reconnue par Abû Hafs qui aurait préféré Muhammad, mais il servit aussi fidèlement le nouveau calife que son prédécesseur. Comme l’écrit E. Levy Provençal : « jusqu’à sa mort.., ce Berbère intrépide, général victorieux, conseiller avisé et shaykh vénéré apparaîtra sans cesse au premier plan de la scène de l’Histoire du Maghrib, d’al Andalus et de l’Ifrïqiya » C’est dans ce dernier pays que devaient régner ses descendants, les Hafsides.

C. EL BRIGA

Adapté de l'article de C. El Briga paru dans l'Encyclopédie Berbère, Livre I.

BIBLIOGRAPHIE


  • LEVI-PROVENÇAL E. Documents inédits d’histoire almohade. Paris, 1928.
  • LEVI-PROVENÇAL E. Un recueil de lettres officielles almohades. Paris, 1942.
  • BRUNSCHVIG R. La Berbérie orientale sous les Hafsides des origines à la fin du XVe siècle. Paris, Maisonneuve, 1940.
Cette article fait partie de la page consacré aux :Almohades