Akfadou (Akeffadu)

Nom propre géographique.

Petite chaîne de montagne et massif forestier par lesquelles se termine le Djurdjura.

Orienté sud-nord, le massif de l’Akfadou culmine à 1 647 m (Mont EzZan). Il est entaillé par plusieurs dépressions qui permettent le passage aisé de la route nationale n° 12 (Tizi-Ouzou-Azazga-Yakouren-El-Kseur).

Le massif forestier de l’Akfadou (dit généralement « forêt de Yakouren ») est l’un des plus importants et des plus variés d’Algérie. Les essences dominantes sont le chêne-liège, le chêne-zéen et le chêne-afarès.

Voie de passage ancienne entre la vallée du Sébaou et la région de Bougie (vallée du fleuve Sahel-Soummam), l’Akfadou, et plus précisément le col d’Akfadou (Tizi-Ukeffadu, 1 385 m), est l’une des limites traditionnelles de la Kabylie du Djurdjura ; le col lui-même est souvent dénommé Tizi Igawawen, « Col des Zouaouas » dans la poésie (Boulifa, poème n° CXC, p. 384). Et SiMohand, le grand poète kabyle, prêtera serment de « Tizi-Ouzou à Akfadou ».

Ggullegh seg Tizi- Uzzu armi d Akeffadu ur h'kimen dgi akken llan
Je jure que de Tizi-Ouzou jusqu’à Akfadou, nul d’entre eux ne me commandera! (Mammeri, poème n° 32, p. 152-3)

Cette zone de passage servira naturellement de limite administrative entre la Grande et la Petite Kabylie (actuellement, entre les wilayas de Tizi-Ouzou et de Bougie). La frontière géographique et administrative correspond du reste à la « frontière » linguistique et à celle des populations le versant occidental (Haute vallée du Sébaou) est occupé par les Aït Ghobri, les Ait Idjer... dont le parler appartient à l’ensemble « zouaoua ». Le versant oriental, retombant sur le Sahel-Soummam, est habité par les Ait-Ouaghlis dont le parler est à rattacher à ceux de la vallée de la Soummam.

S. CHAKER

Source initiale: Encyclopédie Berbère, Livre III

BIBLIOGRAPHIE


  • BOULIFA S. A. Recueil de poésies kabyles, Alger, Jordan, 1904.
  • DALLET J. M. Dictionnaire kabyle-français..., Paris, SELAF, p. 397, 1982.
  • HANOTEAU A. et LETOURNEUX La Kabylie et les coutumes kabyles, t. 1, Paris, Challamel, 1893 (2e édition) (p. 13-14...).
  • MAMMERI M. Les Isefra, poèmes de Si Mohand-ou-Mhand, Paris, Maspéro, 1969.